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Séminaires Praxiling 2019-2020

7 octobre 2019

Lundi 9 décembre
Alessandra Del Ré et Marina Mendonça, UNESP (Araraquara, Brésil)
« Humour, discours et acquisition du langage »

Cette conférence vise à présenter quelques considérations sur le rapport entre humour, analyse du discours et acquisition du langage et fait partie du projet de recherche « Le langage dans l’enfance et la subjectivité : la parole et l’écriture dans le contexte de l’acquisition et de l’enseignement / apprentissage », avec le support de l’ UNESP / CAPES-PRINT (Brésil), rassemblant une équipe de chercheurs de l’UNESP et d’universités françaises (Université de Montpellier 3, Université Paris Descartes, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3). Le projet est centré sur les aspects liés à l’identité et à la subjectivité des enfants de 0 à 10 ans, dans le but de réfléchir aux processus d’acquisition du langage et d’enseignement / apprentissage de langues. À cette étape de la recherche, nous avons développé des études théoriques centrées sur les sous-thèmes “Acquisition et développement de l’humour chez l’enfant” et “La relation du sujet à l’écriture”. Plus précisément, dans cette présentation, nous avons l’intention de contribuer à la discussion sur les travaux développés sur l’humour dans l’analyse du discours faite au Brésil, ainsi que sur sa pertinence pour la recherche sur l’acquisition de l’humour des enfants. Dans un premier temps, les études sur l’humour sont abordées dans deux axes de recherche développés au Brésil : « les études bakhtiniennes » et « l’analyse du discours français », notamment à partir de travaux récents de Sírio Possenti (UNICAMP), développés à partir des considérations de Dominique Maingueneau à propos du discours. Selon Possenti, l’humour est un domaine, ce qui signifie qu’il existe une sorte de pratique qui est imposée aux sujets qui l’énoncent dans ce domaine, en plus de disposer de genres discursifs spécifiques dans lesquels il est énoncé. Pour les travaux basés sur les écrits de Bakhtine dans le domaine de l’analyse du discours, la relation de soi à l’autre est fondamentale. L’humour, du point de vue dialogique, est également étudié en relation avec des pratiques linguistiques spécifiques - définies par différents domaines d’activité - et dans des genres spécifiques (caricature, bande dessinée, etc.).

Dans notre projet, la question se pose de savoir dans quelle mesure ces travaux portant sur des genres humoristiques et sur le fonctionnement de l’humour en tant que champ contribuent à la compréhension de l’humour dans le langage de l’enfant. Nous voulons montrer, à partir de productions humoristiques enfantines, des indices de leurs relations avec les genres humoristiques et avec les autres interlocuteurs (membres de la famille). Dans le cas des données d’un petit garçon brésilien (G.), en interaction avec ses parents, on peut relever qu’il a recourt à la moquerie avec son père, en particulier entre 2 et 4 ans. Les données de G. appartiennent à la base de données du groupe NALingua (Del Ré, 2016) et ont été enregistrées dans les situations de routine de l’enfant (repas, bain, etc.), de la naissance à 7 ans.

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Miki Mori, (Praxiling, Centre Universitaire de Mayotte)
« Bwi ? Quel est la nature de la bilabiale implosive /ɓ/ en shimahorais ? Une
description acoustique. »

Ce séminaire explore les étapes préliminaires d’un projet qui cherche à connaitre la variation du shimahorais et son champ indexical (Eckert, 2008) à Mayotte, en commençant avec les bases : une description acoustique de la bilabiale (im)plosive en shimahorais. Les implosives, des phones caractéristiques de langues de la famille bantoue (Ladefoged et Maddieson, 1996) sont les sons qui attirent le regard d’un étranger à Mayotte. J’ai constaté une variation par rapport à leur réalisation. Parfois l’implosif /ɓ/ est accentué, parfois il est réalisé comme une bilabiale fricatif /β/ ou une occlusive /b/. La curiosité a le meilleur de moi, et me je demande pourquoi cette variation existe. Fonctionne-t-elle en tant qu’indice social, en tant que marqueur de prestige, d’autrui ? Loin d’être capable de répondre à cette question, ce séminaire explore les caractéristiques acoustiques des sons dits « implosifs » qui sont en réalité une conglomération de plusieurs sons qui n’ont toujours pas la qualité de pression négative lors de la fin d’occlusion (release) (Ashby,1990 ; Clements et Osu, 2002 ; Greenberg, 1970 ; Grimm, 2019). Pour les analyses, des entretiens sociolinguistiques en shimahorais
sont utilisés. La qualité de la voyelle et le F0 sont abordés.

Références

Ashby, M. G. (1990). Articulatory possibilities for implosives. Journal of the International Phonetic Association, 20(2), 15-18.
Clements, G. N. et Osu, S. (2002). Explosives, implosives and nonexplosives : The linguistic function of air pressure differences in stops. Dans C.
Gussenhoven et N. Warner (Eds), Laboratory Phonology 7, pp. 299-350. Berlin : Mouton de Gruyter.
Eckert, P. (2008). Variation and the indexical field. Journal of
Sociolinguistics, 12(4), 453-476.
Greenberg, J. H. (1970). Some generalizations concerning glotallic consonants, especially implosives. International Journal of American Linguistics, 36, 123-143.
Grimm, N. (2019). Implosives in Bantu A80 ? The vase of Gyeli. Dans E. Clem, H. Sande, et P. Jenks (Eds). Theory and description in African Linguistics : Selected papers from the 47th Annual Conference on African Linguistics (Contemporary African Linguistics), pp. 135-154. Berlin : Language Science Press.
Ladefoged, P. et Maddieson, I. (1996). The sounds of the World’s Language. Oxford : Blackwell Publishing.

Lundi 01 décembre
Giuditta Caliendo, Laboratoire STL, UMR 8163, Université de Lille
« The representation of Organised Crime in Media Discourse : the case of Italy’s »lesser-known Mafias". 14h-15h

Claudia Schweitzer, Laboratoire HTL UMR 7297, Université Paris 3 et Paris 7
« Parole et Chant : Histoire du son au XVIIe
et XVIIIe siècles »
. 15h-16h

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The Representation of Organised Crime in Media Discourse : the case of Italy’s
“lesserknown Mafias”. Giuditta Caliendo (University of Lille)

Over the last decades, Italian mafia associations have been increasingly adding a transnational economic dimension to their original territorial matrix (Longo 2010). As a consequence of these organizations going global, the fight against organised crime has started to gain priority in the agenda of the European Union (Allum/Den Boer 2013), which has recently issued numerous provisions to increase the problem’s visibility and develop public awareness as a step towards more efficient crimefighting actions (Caliendo/Scotto di Carlo, forthcoming). This study seeks to investigate, from a linguistic perspective, the way in which globalised organised crime has been represented over the last decade through audio-visual media aimed at an international audience, highlighting the constitutive role of discourse in constructing the identity of one of the most powerful Italian crime syndicates today, the Neapolitan Camorra (Europol 2013 : 12). In line with Carrapiço (2010 : 43), this study intends to approach “the concept of organised crime as a social construction enabled through the power of discourse”. The analysis of the discursive representation of this mafia group is based on a corpus of international video documentaries released in English (as original language or via audiovisual translation) over the decade 2007-17 by a number of Italian and Anglophone producers. This study’s main research hypothesis is that the construction of the Camorra as a global criminal entity is performed via multiple modes of meaning-making in the genre of expository documentaries. The interplay between verbal and visual semiotics in the corpus under scrutiny plays a constitutive role in that it shapes the way this ‘lesserknown’ mafia is perceived by the public beyond Italy’s borders. In defining and representing the Camorra, its idiosyncratic traits and the social actors inhabiting its universe (criminals and their victims/public antagonists), the media have a considerable impact on the public understanding of this
phenomenon across cultures, which is considered as a first crucial step in the fight against organised crime. In the light of the above, this study seeks to
observe whether, in international media discourse : (i) this now transnational mafia group is still portrayed as a marginal/ local phenomenon ; (ii) its unique features and idiosyncratic practices are sufficiently represented so as to highlight this group’s autonomy vis-à-vis the more widely known Cosa Nostra, which has long secured a stronghold in public imagination.

References Allum, F. / Den Boer, M. 2013. United we stand ? Conceptual
diversity in the EU strategy against organized crime. Journal of European
Integration, 35(2), 135–150. Caliendo, G. / Scotto di Carlo, G. (Forthcoming).
Définir et traduire les délits mafieux dans l’Union européenne. In Caliendo,
G., Oster, C. (eds), Traduire et Représenter la Criminalité. Lille : Presses
Universtaires du Septentrion. Carrapiço, H. 2010. The Evolution of the
European Union’s Understanding of Organized Crime and its embedment in EU discourse. In Allum, F. et al. (eds), Defining and Defying Organized Crime.
Discourse, Perceptions and Reality. London : Routledge, 43-54. Europol 2013.
Threat Assessment on Italian Organised Crime. Available at : www.europol.europa.eu/publications- documents/threat-assessment-italian-
organisedcrime> (Last accessed : November 2019). Longo, F. 2010. Discoursing Organized Crime : Towards a Two Level Analysis ? In Allum, F. / Longo, F. / Irrera, D. / Kostakos, P. A. (eds), Defining and Defying Organised Crime.
Discourse, Perceptions and Reality. London : Routledge, 15–28.

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Claudia Schweitzer, Histoire des Théories Linguistiques, CNRS, Université de
Paris
« Parole et Chant. Histoire du son aux XVIIe et XVIIIe siècles »

La conférence présente – avec quelques extensions – les résultats de notre thèse, soutenue en novembre 2018 à Paris 3 (sous la direction de Jean-Marie Fournier). Il s’agit d’une recherche historique qui concerne les théories françaises des XVIIe et XVIIIe siècles. Une méthodologie adaptée à ce type de travail était donc nécessaire pour rendre compte d’une part de la valeur de chaque texte dans son temps, et de l’autre de l’exigence d’un lecteur moderne.
L’idée fondamentale est de mettre en relation les sons émis par la voix parlée et par la voix chantée pour lesquels les auteurs classiques constatent de nombreuses parentés. Ainsi, le médecin Denis Dodart peut expressément travailler sur la voix chantée qu’il trouve plus facilement accessible pour élaborer un modèle pour le fonctionnement de l’appareil phonatoire.
Le corpus est constitué de textes grammaticaux, médicaux, rhétoriques et musicaux qui ne présentent pas les réflexions et analyses de la même manière : ils ont une visée soit plutôt théorique, soit plutôt pratique et considèrent pour cette raison, non seulement différents aspects, mais ils privilégient aussi d’autres types d’explication pour atteindre leur objectif (informer, expliquer, présenter, comprendre et apprendre un savoir-faire…). Les textes donnent donc souvent des informations complémentaires.
Nous confrontons dans notre thèse les différentes sources au sujet de trois domaines de recherche : l’acoustique (des modèles pour l’appareil phonatoire et la phonation), l’articulation (la description et la classification des sons et l’application de ce savoir au chant) et la prosodie (qui est à l’origine de la variabilité de la parole en raison de l’émotivité du locuteur).

Lundi 14 octobre
Michel Lefevre, professeur à l’UPVM (Centre de Recherches et d’Etudes Germaniques - CREG)
« Présentation des mots du discours en allemand »

Le titre de cette conférence est inspiré d’un article de Marcel Pérennec de 1994. Pérennec y présentait une classification fonctionnelle des mots du discours allemand, avec, pour chaque classe, une définition et description du mode de fonctionnement. Depuis plusieurs années, Michel Lefevre fonde ses réflexions sur les mots du discours sur cette typologie de Pérennec, en y ajoutant l’une ou l’autre nouvelle perspective et réflexion :

  • La perspective historique : avec un regard sur les unités qui ont, entre le 17e siècle et aujourd’hui, « basculé » leur fonction (de propositionnelle à discursive).
  • Sur les unités difficilement classables, donc sur la perméabilité de la typologie.
  • Sur les manières d’améliorer encore la description des unités : si on a une définition très opérationnelle pour certaines classes, pour d’autres c’est plus difficile.

Le conférencier discutera ensuite des approches faites sur les unités comparables en français et sur certaines convergences de description qu’il a pu observer.