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Projet Praxiling 2015-2020

16 mai 2014

Ce document est un extrait du projet présenté dans le cadre de la visite AERES en novembre 2013.

Stratégie et perspectives scientifiques de PRAXILING UMR 5267 pour le contrat 2015-2020

Les recherches du laboratoire PRAXILING s’inscrivent dans le champ de l’analyse des discours. L’approche montpelliéraine, originellement théorisée par Robert Lafont, qui a mis l’accent sur le rapport du sujet à la langue et au réel, s’est enrichie, entre autres apports, de l’analyse des interactions. Le laboratoire envisage les discours dans les conditions concrètes de leur production : construits par les sujets parlants en interaction, ils sont liés à des praxis et, eux-mêmes, praxis ; cette appréhension des discours fonde l’analyse des fonctionnements et dynamiques linguistiques développée au sein du laboratoire Praxiling.

1. Objectifs, évolution, positionnement

1.1. Objectifs et évolution
Les objectifs sont d’abord de confirmer l’expertise de Praxiling en analyse du discours et en linguistique interactionnelle, sur ses domaines traditionnels (concepts de l’analyse du discours, analyse des discours médiatiques, analyse des interactions et praxéologie, méthodologie de l’ethnographie instrumentée). Mais le laboratoire entend aussi donner une impulsion nouvelle à l’analyse du discours, particulièrement sur trois points : premièrement, en s’attaquant à un paramètre du discours insuffisamment pris en considération jusqu’à présent : la vocalité ; deuxièmement, en prenant pour objet des discours jusqu’ici négligés : les discours symptomatisés ; troisièmement, en proposant un rapprochement, encore peu pratiqué jusqu’à présent, entre les études en acquisition et en apprentissage des langues et du langage.
La nouvelle structuration de l’UMR tend à : 1) apporter, par l’intégration du programme « Circulation interlinguistique et contacts de langues », un nouvel angle d’attaque pour les problématiques traditionnellement développées à Praxiling ; 2) conforter les problématiques encore récentes de l’équipe 2, peu modifiées dans le projet, et confirmer ainsi son expertise sur la communication numérique ; 3) reconfigurer, en associant anciens et nouveaux membres de Praxiling, la troisième équipe, qui développera des programmes innovants sur la vocalité, sur les relations entre enseignement, apprentissage et acquisition du langage et des langues, sur les discours pathologiques et symptomatisés.
La cohésion du laboratoire sera pérennisée par :
• l’existence de lieux transversaux :
− le programme scientifique « Termes et concepts pour l’analyse du discours, nouvelle édition » réunissant les chercheurs autour d’une réflexion commune sur les concepts de l’analyse du discours ;
− la structure « Corpus », chargée d’organiser l’hébergement, les moyens de traitement des corpus, les relations avec les Très Grandes Infrastructures (TGI) du CNRS ;
− la cellule « Valorisation et communication », chargée de la politique de diffusion des travaux du laboratoire, de la recherche des appels d’offre pertinents, des relations avec les acteurs institutionnels et l’environnement social ;
• l’appartenance de certains membres à plusieurs équipes de l’unité ;
• le séminaire hebdomadaire.

2. Présentation détaillée des programmes

2.1. Équipe 1 « Discours et système linguistique » (Responsable : Christine Béal)

La praxématique a, dès ses origines, mis l’accent sur le primat du discours sur la langue, se donnant pour objet principal l’étude des processus par lesquels les pratiques discursives construisent l’édifice social qu’est la langue. Dans le champ des linguistiques discursives, l’originalité des chercheurs de Praxiling tient essentiellement à un souci de théorisation et de modélisation des dynamiques à l’articulation du discours et de la langue (dialogisme, nomination, intersubjectivité, actualisation) et à la prise en compte des données systémiques (agissant comme contraintes linguistiques ou facteurs d’intégration). Partant de données attestées, l’équipe 1 cherche à décrire les valeurs sémantiques de faits discursifs et leur éventuelle inscription en langue.

2.1.1 Programme « Dynamique discours / langue »
Participants : J. Bres, C. le Bellec, G. Luxardo, A. Nowakowska, S. Sarrazin, A. Steuckardt.

Objectifs
Ce programme tend à proposer une modélisation des processus par lesquels se stabilisent, en langue, des phénomènes discursifs innovants. Il s’agira en effet de repérer et circonscrire les différents paramètres entrant en jeu dans les phénomènes de changement linguistique, selon des diachronies courtes (émergence/obsolescence), moyennes ou longues (grammaticalisation, lexicalisation). Ce questionnement sera travaillé à partir de trois objets principaux :
• Les phénomènes de grammaticalisation
Amorcée dans le précédent contrat (« grammaticalisation des formes itive et ventive en français et dans certaines langues romanes ». Responsable : J. Bres), l’étude de cette question sera approfondie et étendue (on analysera par exemple la dégrammaticalisation de la périphrase vouloir+infinitif à valeur futurale, la concurrence conditionnel présent (partirait) / périphrase itive à l’imparfait (allait partir)), toujours dans une perspective comparatiste.
• L’émergence de nouveaux usages
Amorcée dans le précédent contrat, l’étude de l’émergence sera poursuivie. Dans le cadre d’une collaboration avec l’équipe STIH (Paris Sorbonne), on analyse les phénomènes d’émergence des modalisateurs (on va dire, j’avoue…), leur instabilité, leur conceptualisation. En partenariat avec les chercheurs spécialistes de l’environnement, elle envisagera plus spécifiquement le cas de la diffusion de termes/lexies issus du domaine environnemental, d’après lequel on cherchera à inférer un modèle de diffusion de la terminologie spécialisée à la langue générale.
• Les discours épi- et métalinguistiques.
En continuité avec des travaux sur les notions et termes grammaticaux entrepris dans le précédent contrat (jugement de l’oreille, dialogisme), on exploite les corpus que constituent les discours épi- et métalinguistiques, observés sur une diachronie moyenne ou longue. On les utilise ici d’une part pour apprécier la diffusion des innovations métagrammaticales (telle que la notion de modalisateur) ou métalexicales (telle que la notion d’emprunt) et d’autre part en tant qu’indicateurs de la diffusion d’une innovation linguistique dans la langue générale, en articulation avec l’étude de l’émergence.
Réalisations prévues
− Soumission, en co-direction, d’un numéro de revue sur les modalisateurs émergents au Journal of French language Studies
− Participation à l’édition numérique du Corpus des Remarques sur la langue française (Wendy Ayres-Bennett (dir.), Classiques Garnier numérique) et édition critique (papier) du Dictionnaire néologique de Pierre-Guyot Desfontaines (Classiques Garnier)
− Mise en place d’une collaboration avec l’Institut de Mathématiques et de Modélisation de Montpellier en vue de l’organisation d’un colloque interdisciplinaire intitulé : « Méthodes et modèles de repérage de l’innovation linguistique »
− Participation au projet ANR « Histoire politique de l’agriculture » (porteur : Aliènor Bertrand, CNRS, ENS Lyon).

2.1.2 Programme « Discours, dialogisme et marquage linguistique »
Participants : J. Bres, C. Le Bellec, G. Luxardo, A. Nowakovska, J.-M. Sarale, S. Sarrazin.

Objectifs
Ce programme s’inscrit dans le prolongement de nos travaux antérieurs sur l’hétérogénéité énonciative. Nous considérons que le dialogisme du discours tient à son orientation constitutive vers d’autres discours, et ce triplement : vers des discours réalisés antérieurement sur le même objet (dialogisme interdiscursif) ; en tant que réponse au discours de l’interlocuteur (en interaction conversationnelle) et vers la réponse qu’il sollicite et sur laquelle il anticipe (dialogisme interlocutif) ; vers lui-même (auto-dialogisme). Le programme sera développé sur trois points principaux :
• Dialogique et dialogal
L’articulation entre la dimension dialogale et la dimension dialogique du discours, déjà abordée dans le précédent contrat, reste à préciser, tant du point de vue théorique que méthodologique, notamment afin d’analyser le fonctionnement dialogique des faits linguistiques propres à l’interaction dialogale orale.
• Le dialogisme et ses approches
Un retour réflexif sur la place du concept de dialogisme, en analyse du discours, en linguistique textuelle, en linguistique de l’énonciation, ou encore en sémantique et son articulation aux autres notions qui abordent l’hétérogénéité énonciative, nous apparaît nécessaire.
• Dialogisme et interlinguistique
Avec cette thématique, le programme 2 entend ouvrir une passerelle vers les travaux du programme 3. Un élargissement de la notion de dialogisme pour traiter les phénomènes tels que l’emprunt lexical, la traduction et la circulation des « formules », ainsi que des arguments sera proposé par la notion de « dialogisme interlinguistique » qui reste à développer. Ces recherches seront confrontées aux analyses développées dans le programme 2 de l’équipe 3, notamment sur le discours des enfants gitans.
Réalisations prévues
− Publication d’un ouvrage intitulé Petite grammaire du dialogisme
− Mise en place d’un réseau de recherche international sur l’articulation du dialogique et du dialogal.
− Soumission d’un projet de recherche international dédié aux nouvelles formes de dialogisme, en particulier interdiscursif, à partir de l’étude d’un corpus médiatico-politique des discours contre l’Europe, dans le cadre de la participation de l’équipe à l’Observatoire international des Discours et contre-discours relatifs à la construction européenne (piloté par l’Université de Franche-Comté).

2.1.3 Programme « Contacts interlinguistiques et discours »
Participants : C. Béal, C. Dodane, G. Luxardo, A. Steuckardt

Objectifs
La comparaison des codes linguistico-pragmatiques dans plusieurs langues, que ce soit à travers l’analyse de productions langagières dans des contextes similaires ou à travers l’analyse de phénomènes observables dans la rencontre interculturelle stricto sensu, permet de mettre en évidence l’interdépendance entre un code linguistique et ses paramètres culturels. Partant d’analyses de corpus, ce programme explorera dans cette perspective deux domaines spécifiques :
• Les marqueurs discursifs
Souvent le résultat d’un processus de grammaticalisation, ces marqueurs formels, présents à l’écrit comme à l’oral, remplissent au moins quatre sortes de rôles différents : ils signalent la progression discursive (planification, reformulation), marquent l’articulation des énoncés (connecteurs et opérateurs), structurent l’interaction (ouvreurs, conclusifs, ponctuants), participent aux processus de co-énonciation et de co-construction des échanges verbaux. En préalable à l’étude des marqueurs discursifs, on recensera les termes utilisés pour nommer cette catégorie dans les grammaires et les rhétoriques en français, et on les comparera avec ceux que mobilisent les traditions germanique et anglo-saxonne.
Le croisement de deux approches comparatives fait l’originalité de ce projet : d’une part, la focalisation sur un marqueur et ses équivalents dans d’autres langues en fonction des contextes, d’autre part, l’analyse de fonctionnements pragmatiques et discursifs précis (par exemple, la reformulation) pour analyser quels marqueurs interviennent dans ces processus dans différentes langues. Des partenariats déjà en place (EMMA, Montpellier 3 ; RMIT, Melbourne) ou à l’étude (Universités de Koblenz-Landau et Siegen) permettront la mise en commun d’importants corpus répondant à des critères de comparaison stricts. Une passerelle entre les programmes 2 et 3 sera ouverte par l’attention portée au dialogisme à l’œuvre dans les marqueurs discursifs.
• Le rire et l’humour conversationnel
Dans le prolongement des travaux en cours dans le cadre d’un contrat de collaboration de recherche du CNRS entre Praxiling, ICAR (UMR 5192, Lyon 2) et RMIT Melbourne, ce projet continue à explorer les mécanismes linguistiques et les stratégies discursives à l’œuvre dans l’humour au quotidien, ainsi que ses fonctions pragmatiques et interactionnelles. Dans un deuxième temps, l’analyse comparative de l’émergence du rire chez des enfants français et anglais donnera lieu à des collaborations avec le programme 2 de l’équipe 3.
Réalisations prévues
− Journée d’études « Les marqueurs discursifs : approches comparatives » (2016)
− Deux numéros thématiques de revue sont prévus dans Intercultural Pragmatics et/ou Journal of Pragmatics.

2.2. Équipe 2 « Discours, interaction, praxis » (Responsable : Bruno Bonu)

L’équipe 2 se caractérise par une attention marquée pour l’analyse des interactions dans des environnements technologisés. L’examen porte sur les ressources linguistiques et interactionnelles mobilisées par les participants lors d’échanges dans des activités intégrant des dispositifs numériques.

2.2.1. Programme « Pédagogie numérique »
Participants : L. Alidières, C. Charnet, S. Mailles-Viard Metz, C. Pélissier

Ce programme se focalise sur les pratiques des enseignants et des apprenants dans l’usage d’instruments pédagogiques en contexte numérique d’apprentissage. Il s’appuie sur l’observation de phénomènes langagiers et interactionnels selon une démarche ethnographique, le plus souvent appariée à une approche expérimentale, linguistique et conversationnelle.

Objectifs
• Analyse de Pratiques d’Activités et Usages pédagogiques en enseignement Numérique - APUN
Cette action a pour objectif d’observer puis d’analyser des situations d’apprentissage/enseignement en contexte numérique universitaire. L’analyse de ressources interactionnelles (audiovisuelle et textuelles notamment) a pour but de définir des recommandations en termes d’usage de solutions numériques et d’identifier des méthodologies de recueil et d’analyse de données.
• DEmarche et Stratégie d’Aides - DESA
La notion d’aide est ici abordée en tant qu’objet de recherche depuis 2011. Il s’agit de définir cet objet dans son contexte, comme un résultat mais aussi un processus menant à ce résultat. Dans le prochain plan, la notion d’aide sera plus particulièrement questionnée dans des dispositifs de formation innovants comme par exemple le MOOC (Massive open online course).
Réalisations prévues
− Ouvrage sur les activités et usages pédagogiques en enseignement universitaire numérique
− Conception d’un Massive open online course (MOOC) sur l’Identité Numérique en vue d’une expérimentation sur les pratiques collaboratives à distance.

2.2.2. Programme « Environnements interactionnels contraints »
Participants : L. Alidières, B. Bonu, C. Charnet, L. Fauré, C. Pélissier

Ce programme s’est développé dans la précédente contractualisation avec le recueil et l’exploitation à fin d’analyse qualitative de deux corpus enregistrés en prison, en France (40 heures d’enregistrements audiovisuels). Le projet se caractérise par des enquêtes de terrain instrumentées, dans un environnement contraint et complexe. Les Sciences du Langage n’avaient jamais investi ce terrain de recherche en milieu contraint. Pourtant, au cours des interactions (entretiens, cours, réunions) qui se déroulent dans des environnements contraints, les ressources linguistiques se déclinent dans des formes spécifiques : catégorisation pour référer aux personnes, choix de formulations, etc. Le recueil de ce corpus s’accompagne d’une réflexion sur les dispositifs d’observation (sécuritaires et pour la recherche). Il s’accompagne d’une démarche de réflexion sur les pratiques de recherche et leurs évolutions dans ces environnements. Les collaborations interdisciplinaires et internationales permettront la constitution d’une communauté européenne des chercheurs travaillant sur des thématiques carcérales.
Objectifs
• Interactions et Technologies Éducatives en Environnement Carcéral - ITEEC
Cette recherche se développe par l’action : « Enseignement à distance pour public empêché – EADPE », insérée dans le projet Initiatives d’Excellence en Formations Innovantes (IDEFI) : « Réussir en 3D… pour une première année Déterminante, Diversifiée et Différente » (2012-2020), porté par l’Université de Montpellier 3. Elle s’applique à caractériser par une méthode ethnographique et une analyse des interactions d’une part des situations de formation se déroulant en milieu contraint en présentiel et à distance et d’autre part des pratiques d’usages pédagogiques (de la conception des ressources à leur déroulement pédagogique).
• Interactions et Cadres d’Accès Restreint – I&CAR
En continuité avec les premiers résultats du précédent projet « Vidéo-surveillance » (2010-2013), cette action de recherche vise à explorer des espaces d’observation dont l’accès est usuellement restreint ou interdit aux chercheurs (univers industriels, institutions sécurisées, environnements confidentiels, dangereux ou délicats…). L’interrogation porte sur l’usage de l’image dans des interactions se déroulant dans des environnements sécuritaires.
Réalisations prévues
− Colloque international sur les données recueillies dans différents pays (Montpellier, 2016)
− Journée thématique sur l’image dans l’interaction en environnement sécuritaire
− Interventions dans les journées de recherche IDEFI. Les compétences établies dans le domaine de l’enseignement en prison vont constituer l’apport appliqué et de recherche de l’Unité au projet IDEFI.
− Constitution d’un réseau scientifique européen en continuité avec les projets financés par l’Union européenne de la précédente contractualisation
− Demande actuellement en cours pour un partenariat Grundtvig qui sera suivie d’une demande de financement multilatéral.

2.2.3. Programme « Interactions médiées »
Participants : B. Bonu, C. Détrie, J. Denouël, S. Mailles-Viard Metz, R. Panckhurst, C. Pélissier, B. Verine

Ces recherches visent à décrire et analyser différentes formes d’interactions médiées par des technologies. L’originalité du travail mené est triple :

  • porter attention à des terrains d’étude originaux (voire technologiquement innovants) ;
  • construire des méthodes d’observation et de recueil de données systématiquement adaptées à la nature des terrains sélectionnés ;
  • questionner les processus discursifs, interactionnels et cognitifs qui participent de la structuration de ces échanges interpersonnels médiés, mais aussi interroger le soubassement technologique qui rend ces échanges possibles.

Objectifs
• Identité Numérique – ID
Objet de recherche pluridisciplinaire, l’ID est ici abordée à partir de l’examen des différentes modalités de présentation de soi en ligne. Cette recherche, initiée en 2010, a pour objectif : (1) de décrire et analyser les différents régimes de subjectivité tels qu’ils se déploient en ligne en portant une attention particulière à leurs dimensions discursives, affectives et sociales ; (2) analyser et concevoir des dispositifs d’enseignement pour accompagner les enseignants et les apprenants dans des conduites personnalisées, notamment des scénarios de gestion de l’identité numérique à l’intention des apprenants dans la gestion raisonnée de leur identité numérique.
• Interactions, Technologies, Usages, Conceptions – ITUC
La recherche se centre ici sur les usages des technologies numériques d’information et de communication synchrones et asynchrones (téléphone, visiophone, chat, IM, forum, blogs, sites de réseaux sociaux). L’objectif de cette action est double :

  • identifier et caractériser les pratiques techno-interactionnelles et sociotechniques qui structurent les usages communicationnels des technologies,
  • valoriser le résultat de ces études dans le cadre de projets de recherche appliquée, conduits notamment avec les partenaires d’Orange Labs (depuis 2010, avec le Pôle de recherche Personal Services, Lannion).
    • SMS – Sud4Science
    Les projets MSH-M (2011-2012) DGLFLF (2012-2013) et PEPS (2013) ont permis de recueillir plus de 88 000 SMS authentiques auprès du grand public (cf. http://www.sud4science.org), puis d’anonymiser le corpus constitué, d’étudier la faisabilité du transcodage et de débuter les analyses (socio-)linguistiques. La mise à disposition du corpus anonymé (et d’échantillons transcodés et annotés) auprès de chercheurs et du grand public est prévue en 2014-2015. Pour la période 2015-2020, les analyses déjà initiées par les chercheurs en sciences du langage, en linguistique-informatique, et en informatique, à la fois à partir des données en provenance des SMS et de celles apparaissant dans les réponses au questionnaire, avec le croisement nécessaire entre les deux, seront menées sur l’ensemble du corpus. L’équipe envisage aussi d’effectuer un recueil de SMS « conversationnels » et de comparer le corpus constitué, nécessairement restreint, avec le grand corpus de SMS « isolés » recueillis en 2011.
    • JERDI - (Jeu responsable : discours et interaction)
    Il s’agit d’observer et analyser les différents modes de prise en charge médiée (forums, assistance téléphoniques, réseaux sociaux…) de joueurs dépendants dans le cadre du jeu responsable. L’objectif est l’analyse des dispositifs et des interactions afin de proposer des descriptions des fonctionnements et des indicateurs utiles à la formation. Cette nouvelle orientation repose sur l’enregistrement et l’observation d’interactions, notamment grâce aux partenariats. L’originalité de l’investigation pluridisciplinaire (avec des psychologues et des sociologues) repose notamment sur l’angle linguistique et interactionnel de l’approche rarement sollicité dans le contexte.
    Réalisations prévues
  • Ouvrage pluridisciplinaire sur l’Identité Numérique
  • Ouvrage sur les démonstrations technologisées
  • Développer le réseau scientifique international « Identité numérique »
  • Pérennisation de l’école thématique CNRS Identité Numérique avec une orientation sur les méthodes d’analyses.
  • Partenariat avec le Pôle de recherche Personal Services, Lannion.

2.2.4 Programme « Observatoire des pratiques médiatiques émergentes »
Participants : C. Béal, J. Denouël, C. Détrie, L. Fauré, G. Luxardo, F. Perea, A. Richard, B. Verine

Objectifs
Conçu comme observatoire pluridisciplinaire appuyé sur un réseau de recherche, ce programme vise à saisir les changements en cours dans l’univers de la presse et des médias en vue de permettre aux chercheurs, aux professionnels et aux usagers d’en nourrir la compréhension et les pratiques. Cette démarche de recherche-action touche ainsi simultanément à l’analyse des discours et des fonctionnements médiatiques, à la formation professionnelle journalistique et à l’éducation aux médias.
• In vivo : de l’autre côté du média
Il s’agit d’observer par immersion ponctuelle les pratiques des professionnels de l’information. Le but est de saisir les évolutions professionnelles du discours journalistique en rapport avec les mutations technologiques. On insiste sur la saisie des cours d’action professionnels (Suchman 1987, Theureau 2006), dans les coulisses des processus de délivrance des messages médiatiques. La collecte et l’étude des données procèdent d’une démarche raisonnée partagée entre les partenaires à des fins de croisement d’approches et de comparaison de phénomènes.
• Mutations Radiophoniques
La réflexion porte sur les développements contemporains du média radiophonique : continuités, développements et reconfigurations. Seront observées les tendances qui traversent les différents formats de la mise en discours radiophonique dans le temps (par l’analyse du corpus 24 heures d’informations radiophoniques) dans l’espace public européen, avec une perspective comparative et interdisciplinaire sur les Webradios en France et en Italie, ou dans les Pratiques radiophoniques émergentes : approches croisées en domaine francophone sur des corpus radiophoniques belges francophones et français.
À l’international, une coopération franco-algérienne voit le jour et se développera dans la prochaine contractualisation. La démarche procède d’une demande sociale et consiste à observer systématiquement les mouvements et les relations entre discours d’information journalistique et discours circulant dans les médias sociaux au sein de l’espace francophone (Formations discursives dans les nouveaux espaces médiatiques francophones) dans deux domaines : le Discours de commémoration : approches croisées franco-algériennes ; ainsi que dans les Nouvelles circulations médiatiques de la parole politique. Sont ainsi analysées les dimensions informationnelle, communicationnelle, de divertissement mais aussi les dimensions esthétique, affective, concernant notamment les aspects littéraires, ou encore liés au numérique.
• Production Participative d’Information
Cette action de recherche vise à aborder la production d’information en ligne telle qu’elle est mise en œuvre par des sujets sociaux qui, ni journalistes, ni militants, construisent des espaces de publication qui leur sont propres. Depuis une perspective croisant l’analyse des discours médiatiques, la sociologie de l’individu et la sociologie de l’espace public, l’objectif est ici d’analyser les logiques et pratiques sociodiscursives qui sont au fondement de l’investissement des sujets dans la production participative d’information.
Réalisations prévues

  • Journées d’études internationales sur les pratiques radiophoniques en juin 2015 à l’UCL (Louvain-la-Neuve, Belgique) et à Montpellier (décembre 2015)
  • Journée d’études en octobre 2014 et colloque à Tlemcen (2015), assortis d’une publication
  • Dépôt, en cours de quinquennal, d’une demande de Groupement de recherche international (GDRI)
  • Déploiement d’un programme Tournesol (accords franco-belges Hubert Currien), déposé dans un cadre tripartite (Praxiling – Centre Valibel & Observatoire du récit médiatique à l’université de Louvain la Neuve (UCL))
  • Colloque international pluridisciplinaire sur la participation citoyenne en ligne
  • Ouvrage sur la production participative d’information
  • Développement des partenariats existants (École supérieure de journalisme (ESJ-Pro Montpellier) ; Maison des journalistes ; Médias audiovisuels d’information (Arte, Radio France, RTL, France Télévision) ; Société Noopsis Française des jeux ; l’Institut de recherche et d’enseignement des mécanismes addictifs (IREMA)).

2.3. Équipe 3 « Parole et discours : fonctionnement/dysfonctionnement et appropriation » (Responsable : N. Auger)

Les travaux de l’équipe 3 visent à rendre compte de certains fonctionnements du discours écrit et oral, ainsi que des représentations de ses dysfonctionnements. La reconfiguration de l’équipe due à l’arrivée de nouveaux chercheurs permet de développer la problématique autour des notions d’appropriation et de régression/attrition du langage et des langues. Elle entraîne un affinement méthodologique et un renforcement des relations avec le social, déjà largement développées au cours du précédent contrat.
Nos objectifs de recherche sont à la fois académiques et appliqués (une partie de nos travaux – notamment ceux développés dans le domaine des pathologies et de l’appropriation du langage – s’inscrivent dans le paradigme de la recherche translationnelle en proposant des applications au bénéfice des patients ou des apprenants), tant au sein de l’équipe que dans les différents programmes qui la composent. Nos partenariats de recherche ainsi que nos terrains se développeront au plan national et international et continueront de faire l’objet de demandes de financement dans le cadre de différents appels à projets.

2.3.1. Programme « Vocalité et discours »
Participants : M. Barkat-Defradas, C. Dodane, L. Fauré, F. Hirsch, J. Sauvage, B. Verine

« Nous décortiquons le langage pour en débusquer le sens sémantique, puis nous jetons la voix comme nous nous débarrasserions d’un détritus » (Karpf, 2008) : la spécificité de ce programme est précisément de s’intéresser à la dimension vocale du discours. Si la description des paramètres acoustiques tant qualitatifs (fréquence fondamentale, ratio signal sur bruit, intensité,…) que quantitatifs (vitesse d’élocution, pauses,…), est bien documentée, peu d’études mettent en lien les propriétés vocales et les préférences des auditeurs en termes de voix.
Objectifs
Un premier objectif est de dégager les paramètres acoustiques susceptibles d’expliquer qu’une voix soit qualifiée d’attractive ou de convaincante par différents types de publics (hommes, femmes, experts, sujets naïfs, auditeurs politisés, auditeurs médias, apprenants).
Un second objectif est de décrire la relation existant entre, d’une part, les variations de hauteur et d’intensité et, d’autre part, le sens et la syntaxe. La parole de laboratoire a déjà été l’objet de ce type d’investigation : nous proposerons une méthodologie pour traiter d’autres types de parole (spontanée, médiatique). L’organisation prosodique de la parole et ses conséquences au niveau de la production du discours seront notamment étudiées dans une perspective de modélisation des tours de parole.
Réalisations prévues

  • Organisation de la deuxième édition des Journées de Pausologie (2016) ;
  • Candidature à l’organisation des Journées d’Études sur la Parole (2018) ;
  • En cours : convention de recherche avec l’équipe Nalingua, Université d’Araraquara, Brésil (coord. Christelle Dodane) ; ANR Humanways conduite en collaboration avec l’Institut des Sciences et de l’Évolution de Montpellier (ISEM, coord. M. Raymond).

2.3.2. Programme « Appropriation des langues et du langage »
Participants : N. Auger, M. Barkat-Defradas, C. Dodane, F. Hirsch, J. Sauvage

Les recherches en acquisition du langage et en didactique des langues sont trop peu mises en rapport, en particulier en France. L’hypothèse générale du présent programme consiste à s’appuyer sur les mécanismes d’appropriation en milieu naturel pour renforcer l’efficacité de l’enseignement-apprentissage des langues en milieu scolaire chez des enfants ordinaires ou porteurs d’un trouble.
Objectifs
Cette recherche est mixte (un volet académique et un volet appliqué). Son but est d’étudier les processus à l’œuvre en acquisition et en situations d’enseignement-apprentissage des langues et du langage pour d’une part expliquer la non-linéarité caractéristique du développement de la parole (de l’enfant jusqu’à l’âge adulte), d’autre part établir des liens entre les processus d’appropriation mis en évidence en acquisition et ceux à l’œuvre en classe en situation d’enseignement-apprentissage (visée dans le monde éducatif).
Les thèmes abordés seront l’émergence et le développement de la phonologie, de la prosodie et, via des études sur le rire, de la première syntaxe en milieu mono- et plurilingue. Ces études seront mises en perspectives avec les situations d’enseignement du français comme langue maternelle, seconde et/ou étrangère ou au sein des disciplines ainsi que des langues vivantes (à l’écrit comme à l’oral). Cette recherche se situe sur un plan international dans la mesure où, en plus de la France, les terrains d’observation impliquent le Brésil, le Royaume Uni et le Canada. Elle concerne aussi bien les enfants que les adolescents.
Réalisations prévues

  • Colloque international sur les processus d’appropriation (« Acquisition et didactique des langues et du langage », Montpellier, 2016)
  • Soumission de deux numéros de revue thématiques l’un dans Journal of French language Studies, l’autre dans First Language.
  • En cours : Fonds Social Européen « Enfants gitans à la maison et à l’école, oralité, linguistique et imaginaire » (Mairie et Académie de Perpignan, porteur : Nathalie Auger, 2013-2015) ; Programme de recherche international MALEDIVE : Diversity in majority language learning, Supporting teacher development (Centre Européen pour les Langues Vivantes, Conseil de l’Europe, porteur : Nathalie Auger, 2012-2016) ; Convention de recherche avec l’équipe Nalingua, Université d’Araraquara, Brésil, coord. Christelle Dodane)
  • Participation au projet ANR « Deafness, Early Implantation, Language » (porteur : Laurence Durroux, Laboratoire EMMA, Montpellier 3, dépôt : 2014)

2.3.3. Programme « Discours, symptôme, symptomatisation »
Participants : N. Auger, M. Barkat-Defradas, C. Dodane, F. Hirsch, G. Luxardo, F. Perea, A. Richard, J. Sauvage, A. Steuckardt, B. Verine

Le programme « Discours, symptôme et symptomatisation » recouvre des travaux qui ont en commun de requérir un questionnement épistémologique et éthique sur la « typicité symptomatique » de certains discours, et des sujets les produisant.
Objectifs
Un premier volet du programme porte sur les manifestations langagières qui sont signes ou indices d’un dysfonctionnement ou d’un trouble pré-morbide ; on s’attachera à décrire et analyser les signes cliniques de ces troubles manifestes de la parole (bégaiement, déficits langagiers observés au cours de l’évolution de la maladie d’Alzheimer, énonciation dystonique de sujets atteints du syndrome de Gilles de la Tourette, caractéristiques de la parole chez des enfants sourds implantés ou autistes, voix en tant que marqueur de l’identité sexuelle). On ouvre également un questionnement sur la représentation sociale de ces discours et de leurs sujets, c’est-à-dire sur l’articulation entre symptôme et symptomatisation.
Un second volet du programme porte sur des corpus où les locuteurs apparaissent « symptomatisés » de manière apriorique (E. Salès-Wuillemin, 2006), y compris parfois par les chercheurs, qui appréhendent leur objet comme « discours des alcooliques » ou « discours des aveugles ». Au-delà du champ médical, les discours sur les « élèves gitans », l’écrit des « peu lettrés », les « élèves bi- ou pluri-lingues », trop souvent considérés comme porteurs de handicap dans la société d’accueil, seront également étudiés au travers des pratiques de classe, de textes officiels ou médiatiques. Dans tous ces cas, le sujet est alors réduit à un stigmate (Goffman, 1975), le terme référant à un trait distinctif qui révèlerait un dysfonctionnement réel ou imaginaire (physique, psychologique, social) ; son discours est décrit comme symptôme correspondant (ainsi du verbalisme des non-voyants ou de l’alexithymie du discours des sujets alcoolo-dépendants).
Ce programme, qui se positionne au carrefour de plusieurs disciplines (orthophonie, neuropsychologie, sciences de l’éducation, médecine, histoire, analyse du discours), vise à développer une démarche réflexive sur les discours et les recherches mobilisant la notion de symptôme – sollicitée par référence à certaines pathologies ayant des répercussions sur la sphère langagière –, et à définir les conditions du recours à cette notion et à mettre en lumière ses enjeux sociétaux.
Réalisations prévues
− Organisation en 2015 des Journées de Phonétique Clinique (candidature déposée), avec publication d’un ouvrage collectif dans la collection « Recherche en PArole » (Université de Mons, Belgique)
− Co-organisation du colloque international « Analyse des discours hors norme : approches, concepts et méthodes » (Sherbrooke (Canada), 2015). L’édition suivante de ce colloque (2017) se tiendra à Montpellier.
− Dépôt en octobre 2013 d’un projet ANR Blanc faisant suite au projet Alzheimer, Immigration et Blinguisme financé par le RN-MSH 2012-14.

2.4. Programme transversal aux trois équipes « Termes et concepts pour l’analyse du discours : nouvelle édition »
Participants : N. Auger, M. Barkat-Defradas, C. Béal, B. Bonu, J. Bres, C. Charnet, C. Détrie, J. Denouël, L. Fauré, F. Hirsch, A. Nowakowska, R. Panckhurst, C. Pélissier, A. Richard, S. Sarrazin, J.-M. Sarale, S. Mailles-Viard Metz, P. Siblot, A. Steuckardt, B. Verine

Le laboratoire Praxiling, après une dizaine d’années de fonctionnement, a mis au net les termes et concepts qu’il mobilisait, ce qui a donné lieu à la publication aux éditions Honoré Champion, en 2001, de l’ouvrage Termes et concepts pour l’analyse du discours. Une approche praxématique (Catherine Détrie, Paul Siblot et Bertrand Verine (éds)). Sous la forme d’un glossaire, l’ouvrage présente un ensemble de 371 notices synthétiques. Publié un peu avant le Dictionnaire d’analyse du discours (Dominique Maingueneau et Patrick Charaudeau (éds), Seuil, 2002), il a fait l’objet de plusieurs recensions, soulignant dans cette concomitance éditoriale le souci chez les analystes du discours de dresser un bilan d’étape, et signalant l’identité forte que donne à Termes et concepts pour l’analyse du discours la prégnance d’un point de vue matérialiste.
Douze ans plus tard, les objets de l’analyse du discours ont évolué ; de nouvelles pistes épistémologiques, comme par exemple celles que trace Alice Krieg-Planque, de nouveaux outils, comme le French/English Glossary Linguistic Terms (Thomas Bearth, Charles Fennig, http://www-01.sil.org/linguistics/g..., dernière mise à jour 2010), sont à disposition des chercheurs. Plutôt que la réimpression envisagée par les éditions Honoré Champion, les chercheurs de Praxiling ont souhaité compléter et aménager l’édition de 2001.

Objectifs
L’objectif est d’abord de fournir à la communauté scientifique un nouveau bilan d’étape pour l’analyse du discours, une mise à jour terminologique utile, une réévaluation de la position praxématique dans le champ épistémologique contemporain. On escompte en outre des bénéfices internes et externes. En interne, on attend un réglage théorique et terminologique des catégories d’analyse en circulation au sein du laboratoire, un échange entre les sous-disciplines des Sciences du langage représentées au laboratoire, autrement dit une forme de trans-sous-displinarité. En externe, on espère de cette édition revue et augmentée une visibilité renouvelée pour le laboratoire Praxiling.
Réalisation prévue : nouvelle édition de Termes et concepts pour l’analyse du discours.

Le projet est réalisable à moyen terme. Le directeur des éditions Champion a donné son accord écrit au projet éditorial. Une équipe de 20 chercheurs de Praxiling s’est engagée à participer à la rédaction des notices. Ils émargeront à un ou plusieurs des six ateliers thématiques suivants :
1. Épistémologie, courants de la linguistique, concepts généraux
2. Rapport du sujet au monde : praxis, nomination, actualisation, temps
3. Rapport du sujet à la langue : variation, appropriation
4. Rapport du sujet à autrui : dialogisme, interaction, intersubjectivité
5. Oralité, vocalité, environnements, technologies, multimodalité
6. Scripturalité, textualité, syntaxe, oral/écrit/numérique.
Le travail en atelier commencera en septembre 2014.