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Accueil du site > Equipes de recherche > ÉQUIPE 3 : Parole et discours : fonctionnement/ dysfonctionnement et appropriation

Programme 3

Discours, symptôme, symptomatisation

15 janvier 2015

Participants : N. Auger, C. Dodane, F. Hirsch, G. Luxardo, F. Perea, A. Richard, J. Sauvage, A. Steuckardt, B. Verine.

Le programme « Discours, symptôme et symptomatisation » recouvre des travaux qui ont en commun de requérir un questionnement épistémologique et éthique sur la « typicité symptomatique » de certains discours, et des sujets les produisant.

Objectifs
Un premier volet du programme porte sur les manifestations langagières qui sont signes ou indices d’un dysfonctionnement ou d’un trouble pré-morbide ; on s’attachera à décrire et analyser les signes cliniques de ces troubles manifestes de la parole (bégaiement, déficits langagiers observés au cours de l’évolution de la maladie d’Alzheimer, énonciation dystonique de sujets atteints du syndrome de Gilles de la Tourette, caractéristiques de la parole chez des enfants sourds implantés ou autistes, voix en tant que marqueur de l’identité sexuelle). On ouvre également un questionnement sur la représentation sociale de ces discours et de leurs sujets, c’est-à-dire sur l’articulation entre symptôme et symptomatisation.

Un second volet du programme porte sur des corpus où les locuteurs apparaissent « symptomatisés » de manière apriorique (E. Salès-Wuillemin, 2006), y compris parfois par les chercheurs, qui appréhendent leur objet comme « discours des alcooliques » ou « discours des aveugles ». Au-delà du champ médical, les discours sur les « élèves gitans », l’écrit des « peu lettrés », les « élèves bi- ou pluri-lingues », trop souvent considérés comme porteurs de handicap dans la société d’accueil, seront également étudiés au travers des pratiques de classe, de textes officiels ou médiatiques. Dans tous ces cas, le sujet est alors réduit à un stigmate (Goffman, 1975), le terme référant à un trait distinctif qui révèlerait un dysfonctionnement réel ou imaginaire (physique, psychologique, social) ; son discours est décrit comme symptôme correspondant (ainsi du verbalisme des non- voyants ou de l’alexithymie du discours des sujets alcoolo-dépendants).

Ce programme, qui se positionne au carrefour de plusieurs disciplines (orthophonie, neuropsychologie, sciences de l’éducation, médecine, histoire, analyse du discours), vise à développer une démarche réflexive sur les discours et les recherches mobilisant la notion de symptôme – sollicitée par référence à certaines pathologies ayant des répercussions sur la sphère langagière –, et à définir les conditions du recours à cette notion et à mettre en lumière ses enjeux sociétaux.