Partenaires



Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS


Accueil du site > Manifestations scientifiques

http://www.hors-normes2015.evenement.usherbrooke.ca/index.html

Colloque « Analyse des discours hors-normes », 2015

Colloque international, Sherbrooke, 10-12 juin 2015

7 septembre 2014

Colloque international « Analyse des discours hors-normes : approches, concepts et méthodes », Sherbrooke 10-12 juin 2015

Comité d’organisation

Karine Collette (Université de Sherbrooke)

Agnès Steuckardt (Université Paul-Valéry Montpellier)

Gaétane Dostie (Université de Sherbrooke)

Fabrice Hirsch (Université Paul-Valéry Montpellier)

Date limite de soumission des résumés : 15 novembre 2014

Appel à communication

PDF - 565.7 ko
Appel à communication

Colloque « Analyse des discours hors-normes : approches, concepts et méthodes »

10-11-12 juin 2015, Université de Sherbrooke (Québec, Canada)

Le colloque se tiendra dans le cadre des Cinquièmes Rencontres scientifiques Sherbrooke-Montpellier. Il est ouvert aux chercheurs en provenance de toute université qui s’intéressent à la question des discours hors-normes, à la croisée des sous-disciplines de la linguistique et des autres branches des sciences humaines et sociales qui prennent le langage en considération.

Argumentaire
À ses origines, l’analyse de discours (désormais AD) a pris pour objet des textes que l’on peut qualifier de « normés » dans la mesure où ils relèvent des genres standards de leur temps (discours institutionnels, politiques, journalistiques, scientifiques, spécialisés, sociaux notamment). Les travaux de Pêcheux (1969) ou de Tournier (1975), par exemple, portent sur des documents (discours parlementaires, syndicaux, tracts) qui, s’ils peuvent exprimer une forme de contestation idéologique, le font dans les cadres linguistiques et discursifs de la langue commune. Certes, ces discours se risquent éventuellement à bousculer le lexique, voire la syntaxe, mais il s’agit d’une audace concertée et isolée dans un ensemble relativement normé. La piste montrée par Michel Foucault lorsqu’il présente le manuscrit de Pierre Rivière (1973) a été encore peu suivie.
Lorsque l’AD s’est intéressée au discours oral, elle a développé de nouvelles approches (analyse pragmatique des interactions verbales, analyse conversationnelle inspirée de l’ethnométhodologie) et a commencé à décrire d’autres genres, relevant des discours ordinaires et de fonctionnements moins stabilisés que les genres institutionnels. Elle s’est aussi progressivement intéressée à l’hybridité des discours, ce qui lui permet, entre autres, d’observer des formes contemporaines de discours que l’on situe aux frontières de l’oralité et de la scripturalité.
Un des défis que propose ce colloque sera de définir la catégorie du « hors norme » du point de vue discursif, et de tenter de circonscrire ses terrains d’observation. L’AD se défend de toute ambition normative : en ce sens, une approche discursive des discours hors-normes ne saurait cibler l’extrémité « dévalorisée » d’un continuum sociolinguistique, ni conduire à un positionnement de chercheur en vertu d’enjeux politico-linguistiques. Si, dans ces cas, la norme peut résulter des pratiques socialement valorisées et être plus ou moins intégrée comme étalon pour l’analyse, elle peut encore relever d’une intuition, d’un ressenti très subjectif qui se définit essentiellement par la réaction à des écarts, par exemple en phonétique. Une approche discursive des discours hors-normes ne saurait s’appuyer exclusivement sur le sentiment de non-normativité, pas plus que sur une approche exclusive par des discours épi-linguistiques. Elle se doit de concevoir la matérialité discursive comme élément incontournable de l’étude, l’éclairage discursif sur la définition même des discours hors-normes appelle une telle exigence.
Se confrontant traditionnellement aux formes récurrentes dans les discours, l’AD a placé au cœur de son appréhension des discours les concepts de dialogisme et d’interdiscursivité. Toutefois, lorsqu’il s’agit particulièrement d’aborder des formes et des composantes discursives qui se démarquent de l’attendu, du déjà-dit et plus encore peut-être de l’entendable, de l’audible, du dicible voire du pensable (par rapport à un déjà-là conceptuel, représentationnel), les incidences théoriques voire épistémologiques qui découlent de l’articulation d’un présupposé monologique fort (la possibilité même de l’énonciation du « hors-norme ») au postulat dialogique méritent d’être développées. Si les possibilités de catégorisations analytiques du hors-norme liées au postulat dialogique (notamment l’hétérogénéité énonciative et le spectre linguistique qu’il convoque) échouent, ne serait-ce que partiellement, quels autres concepts sont alors productifs pour décrire ces zones monologiques (Paveau, 2010) du hors-norme ? Comment se redessinent pour l’analyse des discours hors-normes, les questions plus philosophiques et épistémologiques, des rapports entre sujet, discours et monde ? L’abord des discours hors-normes invite-t-il à une reconfiguration du dialogisme postulé ? D’une autre manière, les phénomènes discursifs construisant l’ambiguïté ou le doute socio-sémantiques, ceux qui génèrent des résistances ou instruisent des ruptures communicationnelles de l’ordre de la violence interrogent le caractère plus ou moins dialogique des énoncés.
Depuis peu, on voit émerger un intérêt réciproque entre des sous-disciplines des Sciences du langage qui n’avaient guère coutume de dialoguer : la présente rencontre, qui réunit analystes du discours, phonéticiens, sémanticiens, didacticiens, acquisitionnistes, historiens de la langue et des représentations linguistiques, sociologues du langage etc. en est une illustration. Ce choc des cultures amène l’analyse du discours à considérer des discours oraux, écrits, hybrides sortant de « l’ordinaire », à s’ouvrir à une analyse de discours qui, envisagés depuis les traditions disciplinaires de l’AD et du point de vue de leurs fonctionnements ou encore des présupposés épistémologiques qu’ils interrogent ou bousculent, peuvent être qualifiés de hors-normes.

Les domaines d’études où le hors-norme se manifeste ne sont pas limités aux points listés ci-dessous, toute proposition pertinente sera étudiée avec attention.

• Discours analysés dans le domaine de la littératie
Très peu d’études convoquent l’analyse de discours dans les études de littératie, bien qu’elle se révèle particulièrement intéressante pour examiner les rapports exprimés à la lecture/écriture, les productions en tant que telles ainsi que les discours publics sur les questions de littératie.
De nombreux paramètres sont à prendre en considération si l’on considère la littératie selon une acception socio-culturelle (New Litteracy Studies) : rapports de pouvoir entre certaines littératies (pratiques hors-normes) et discours dominants (y compris langue commune) ; descriptions sociales et discursives de pratiques innovantes (le parlécrit (Jeay,1991) des textes/SMS) ; parcours interprétatifs imprévus, décalés en contexte de réception : quelles marges discursives pour l’interprétation hors-norme ?
On accordera une attention particulière à l’historicité des normes linguistiques. L’accès à la lecture et à l’écriture a une histoire : comment, dans ses différents moments, sa gradualité a-t-elle été appréhendée ? On interrogera l’espace discursif qu’occupent ceux que l’on a pu nommer ici peu-lettrés, ailleurs semicolti, ou encore situer dans le clair-obscur du « substandard ».

• Discours analysés dans le domaine de la pathologie du langage, ou des pathologies censées affecter le langage
Quel rôle jouent, dans la perception du hors norme, le « référent interne » (Fex, 1992), la variabilité des canons esthétiques, l’attitude des soignants et aidants ? Quelle correspondance entre cette perception et la description des discours produits ? Quels paramètres (articulatoires, acoustiques, linguistiques,…) caractérisent un discours pathologique par rapport à un discours dit « normal » ? La notion d’art brut a ouvert une approche de certaines de ces productions en tant que phénomènes de création (Adam, 2012), l’AD peut-elle proposer d’autres pistes ?

• Discours analysés dans le domaine des études de l’oralité
Quels ratés de la communication orale, quels dérapages, glissements involontaires qui produisent des équivoques, des lapsus et malentendus ? Quels énoncés constituent les chutes des corpus oraux, les énoncés délaissés, faute de catégories analytiques adéquates ? En quoi certains énoncés ou bribes d’énoncés oraux sortent-ils des cadres d’analyse prévisibles ? Pourquoi ces énoncés semblent-ils défier les outils notionnels et méthodologiques de l’analyste ?

• Discours analysés dans le domaine de l’acquisition du langage
Le discours de l’enfant, de l’apprenant s’inscrit dans un processus. Par nature « hors-normes », il est pourtant observé en référence à des stades de développement, constituant une forme de norme. Pour comprendre comment s’opèrent perception et signalement du hors-norme, on s’interrogera notamment sur les notions de (hors)-norme scolaire tel qu’il est formulé dans les discours institutionnels et sociaux, sur les attitudes socio-discursives des parents, éducateurs et enseignants.

Sous quelles formes, quels contenus et selon quelles conditions de production, les discours sociaux recourent-ils au hors-norme ? Selon quels paramètres sociaux et discursifs les locuteurs placent-ils le curseur entre norme et hors-norme ? En interrogeant la qualification de « hors-norme » appliquée à des discours, ce colloque invite aussi à repenser les normes de l’analyse de discours.

Éléments de bibliographie

Adam, Jean-Michel, 2012, Préface de Ecrivainer. La Langue morcelée de Samuel Daiber, par Vincent Capt, Lausanne, Infolio Collection de l’Art Brut, Collection Contre-courant.
Angenot, Marc, 2008, Dialogues de sourds. Traité de rhétorique antilogique, Paris, Mille et une nuit, collection Essais.
Bourdieu, Pierre, 1983 « Vous avez dit « populaire » ? », Actes de la recherche en sciences sociales, Vol. 46, L’usage de la parole, p. 98-105.
Branca-Rosoff, Sonia, Schneider, Nathalie, 1994, L’écriture des citoyens. Une analyse linguistique de l’écriture des peu-lettrés pendant la période révolutionnaire, Paris, Klincksieck.
Bres, Jacques, Haillet, Patrick-Pierre, Mellet, Sylvie, Nolke, Henning, Rosier, Laurence (éds), 2005, Dialogisme et polyphonie, Bruxelles, De Boeck.
Collette, Karine, Rousseau, Jean, 2013, « Littératie et responsabilité en santé », Globe, revue internationale d’études québécoises, vol.16, no 1, p. 133-157.
De Robillard, Didier, 2008, Perspectives alterlinguistiques, Paris, L’Harmattan, vol. 1 et 2.
Demonet Michel, Geffroy Annie, Gouaze Jean, Lafon Pierrre, Mouillaud, Maurice, Tournier, Maurice, 1978 [1975], Des tracts en Mai 68. Mesures de vocabulaire et de contenu, Paris, Champ libre (1re édition : Presses de la FNSP).
Didirkova, Ivana, Hirsch, Fabrice, 2014, « Etude préliminaire des caractéristiques phonétiques sur le bégaiement : le cas du français et du slovaque », Actes des XXXe Journées d’Etudes sur
la Parole
, Le Mans, 23-27 juin, http://www-lium.univ-lemans.fr/jep2....
Ernst Gerhard, 2003, « Les peu lettrés devant les normes de la textualité », D. Osthus, C. Polzin-Haumann, C. Schmitt (éds), La norme linguistique, Bonn, Romanistischer Verlag.
Ernst, Gerhard, 2010, « “qu’il n’y a orthographe ny virgule encorre moins devoielle deconsol et pleinne delacunne“ : la norme des personnes peu lettrées (XVIIe et XVIIIe siècles) », M. Iliescu, H. Siller Runggaldier, P. Danler (éds), Actes du XXVe Congrès International de Linguistique et de Philologie Romanes, Innsbruck 2007, Berlin, New York, De Gruyter, vol. 3, p. 543-551.
Fairon, Cédric, Cougnon, Louise-Amélie, 2014, SMS Communication. A Linguistic Approach, Amsterdam/Philadelphia, John Benjamins.
Fex Sören, « Perceptual evaluation », Journal of Voice, 1992, 6, p. 155-158.
Foucault, Michel, 1973, Moi, Pierre Rivière ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère : un cas de parricide au XIX e siècle, Paris, Gallimard.
Gadet, Françoise, Pêcheux, Michel, 1998, La langue introuvable, Paris, Maspero.
Jeay, Anne-Marie, Les messageries télématiques, Paris, Eyrolles, 1991.
Larrivée, Pierre, 2011, « Au-delà de la polyphonie », Le Français moderne, 79, 1, p.223-234.
Macherey, Pierre, 2009, De Canguilhem à Foucault. La force des normes, Paris, La Fabrique.
Maingueneau, Dominique, 2014, Discours et analyse de discours, Paris, Armand Colin.
Manesse, Danièle, « Les enfants des classes populaires, la langue et la norme », Cahiers pédagogiques, 500, p. 92 94.
Panckhurst, Rachel, Moïse, Claudine, 2011, « SMS « conversationnels » : caractéristiques interactionnelles et pragmatiques », 79e colloque Acfas, Sherbrooke, May 9-10, 2011.
Paveau, Marie-Anne, 2010, « La norme dialogique. Propositions critiques en philosophie du discours », Semen, n° 19, p. 141 159.
Pêcheux, Michel, 1969, L’analyse automatique du discours, Paris, Dunod.
Ricœur, Paul, 1986, L’idéologie et l’utopie, Paris, Seuil, 1997.
Sarfati, Georges-Élia, 2008, « Pragmatique linguistique et normativité : remarque sur les modalités discursives du sens commun », Langages, vol. 2, 170, p. 92-108.
Siouffi, Gilles, Steuckardt, Agnès (éds), 2007, Les linguistes et la norme, Berne, Peter Lang.
Tournier, Maurice, 2002, Propos d’étymologie sociale 1, 2 et 3, Lyon, ENS Éditions.

Conférenciers invités

Marc Angenot (Université McGill- Montréal) - confirmé
Sonia Branca-Rosoff (Université Sorbonne nouvelle- Paris 3)- confirmée
Louis Hébert (Université du Québec à Rimouski)- confirmé
Marie-Anne Paveau (Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité) - confirmée

Comité d’organisation

Karine Collette (Université de Sherbrooke)
Agnès Steuckardt (Université Paul-Valéry Montpellier)
Gaétane Dostie (Université de Sherbrooke)
Fabrice Hirsch (Université Paul-Valéry Montpellier)

Étudiants associés, 3e cycle
Dalla Male Fofana (Université de Sherbrooke)
Alexandra Tremblay-Desrochers (Université de Sherbrooke)
Betty Vouillon (Université de Sherbrooke)

Comité scientifique
Nathalie Auger (Université Paul-Valéry Montpellier)
Melissa Barkat-Defradas (CNRS-Université Paul-Valéry Montpellier)
Alpha Ousmane Barry (Université Bordeaux Montaigne)
Christine Béal (Université Paul-Valéry Montpellier)
Fouzia Benzakour (Université de Sherbrooke)
Sonia Branca-Rosoff (Université Sorbonne nouvelle-Paris 3)
Nicole Côté (Université de Sherbrooke)
Gaétane Dostie (Université de Sherbrooke)
Camille Fauth (Université de Strasbourg)
Françoise Gadet (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)
Alain Ghio (Aix-Marseille Université)
Jacques Guilhaumou (CNRS)
Marc Glady (Université Paris Dauphine)
Sybille Große (Université de Heidelberg, Allemagne)
Louis Hébert (Université du Québec à Rimouski)
Fabrice Hirsch (Université Paul Valéry Montpellier)
Alice Krieg-Planque (Université Paris-Est Créteil)
Stéphanie Kunert (Université Lyon II)
Antony Lodge (Université de Saint-Andrews, Royaume-Uni)
Marty Laforest (Université du Québec à Trois-Rivières)
Michelle Lecolle (Université de Lorraine)
Dominique Maingueneau (Université Paris Sorbonne)
Michèle Monte (Université du Sud Toulon-Var)
Claire Oger (Université Paris-Est Créteil)
Marie-Anne Paveau (Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité)
Rachel Panckhurst (Université Paul-Valéry Montpellier)
François Perea (Université Paul-Valéry Montpellier)
Sylvie Plane (ESPE de Paris)
Frédéric Sabio (Aix-Marseille Université)
Gilles Siouffi (Université Paris Sorbonne)
Rudolph Sock (Université de Strasbourg)
Chantal Wionet (Université d’Avignon)

Calendrier
Date limite de soumission des résumés : 15 novembre 2014

Notification des acceptations : 22 décembre 2014

Programme préliminaire : 15 janvier 2015

Programme définitif : 1er mai 2015 Inscriptions : 1er avril 2015

Soumission
Les propositions d’environ 500 mots suivis d’une brève bibliographie sont à envoyer pour le 15 novembre 2014 sous forme électronique, à DiscoursHN2015@usherbrooke.ca

Veuillez transmettre 2 documents (Times New Roman 12, interligne 1,5) :

  • un premier contenant les noms de ou des auteurs, leurs affiliations respectives et coordonnées, suivi de la proposition,
  • un second ne contenant que la proposition.

Chaque proposition sera examinée par deux membres du comité scientifique, en respectant l’anonymat des auteurs. Les résultats seront communiqués le 22 décembre 2014.

À noter : nous préparons une demande de subvention (CRSH-Connexion) pour soutenir l’évènement. Des informations professionnelles et biographiques seront collectées à cet effet auprès des participants.

Publication
À l’issue du colloque, les communicants seront invités à soumettre une proposition d’article, dans le cadre d’un numéro thématique consacré aux discours hors-normes, dans la revue Signes, discours et sociétés http://www.revue-signes.info/. Cette publication, programmée pour décembre 2015, sera soumise à l’évaluation du comité scientifique de la revue.

Inscription
L’inscription et le paiement se feront en ligne (site en construction). Des frais d’inscription de 150$ CA sont à prévoir pour les enseignants-chercheurs ; les étudiants sont exemptés.

Lieu de l’évènement
Le colloque se tiendra sur le campus principal de l’université de Sherbrooke, http://www.usherbrooke.ca/ . Des bus interurbains relient très régulièrement le centre-ville de Montréal (gare d’autocars) à Sherbrooke (université ou centre-ville), en deux heures de route environ. https://limocar.ca/horaires-et-tari...

Voir en ligne : http://www.hors-normes2015.evenemen...