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Archivage séminaires 2014-2015

5 novembre 2014

Septembre

Lundi 29 septembre

Journée d’étude

Dire et ses marqueurs. Approches théoriques et descriptives

Université Paul-Valéry Montpellier, Campus Saint-Charles, salle des Actes.

Cliquez sur le lien pour accéder au programme : http://www.praxiling.fr/dire-et-ses-marqueurs.html

Octobre

Jeudi 16-vendredi 17 octobre

Journées de pausologie

Cliquez sur le lien pour accéder au programme : http://itic.univ-montp3.fr/pausologie/Programme_Pausologie.pdf

Vendredi 24 octobre

14h, salle B308

  • Soutenance de thèse d’Ali Alsafar, doctorant du laboratoire Praxiling

Jury : Catherine Détrie (Université Paul-Valéry, Montpellier 3, directrice de thèse), Dominique Maingueneau (Université Paris-Sorbonne, Paris IV), François Perea (Université Paul-Valéry, Montpellier 3), Alain Rabatel (Université Claude Bernard, Lyon 1)

Titre de la thèse :

« Ethos et construction des rapports intersubjectifs dans les professions de foi des élections présidentielles françaises de 2007 et 2012 »

Présentation :

Ce travail de recherche interroge la notion d’ethos en la croisant avec la construction de la subjectivité dans le langage. Selon Charaudeau (2005), les ethos politiques peuvent être regroupés sous deux grandes catégories : les ethos de crédibilité (ethos de sérieux, de compétence et de vertu) et les ethos d’identification (ethos de chef, de solidarité, de caractère, de puissance, d’humanité et d’intelligence). Chacun de ces ethos prend appui sur diverses stratégies discursives et/ou énonciatives. S’appuyant sur les outils de la linguistique énonciative et de la linguistique praxématique, l’analyse linguistique des professions de foi les met au jour, en propose une modélisation et montre la manière dont les ethos politiques des candidat(e)s sont ainsi mis en scène.
Le but de cette réflexion est de dégager le lien entre l’objet d’étude – l’ethos politique – et l’objectif électoral du candidat ou de la candidate qui le met en place dans sa profession de foi.

Novembre

Lundi 3 novembre

14h30-16h30

  • Michel de Fornel, (Laboratoire LIAS (Linguistique, Anthropologique, Sociolinguistique), EHESS) : « Gestes, multimodalité et interaction médicale »

Résumé :
Dans un ouvrage récent (Fornel & Verdier, 2014), on a examiné les ressources sémiotiques et interactionnelles mobilisées par les participants dans le cadre de consultations d’analgésie à destination d’enfants présentant des maladies orphelines.

Le présent exposé s’attachera plus particulièrement à cerner les caractéristiques multimodales de diverses configurations gestuelles présentes dans la phase d’anamnèse.

On sera ainsi conduit à préciser le statut du concept de multimodalité en analyse conversationnelle.

Lundi 24 novembre

14h30-16h30

  • Viviane Durand-Guerrier (UM2)

« Implication, Négation et Quantification dans la classe de mathématiques. Apports de la sémantique logique pour les analyses didactiques »

Résumé

Les énoncés conditionnels, et particulièrement les énoncés conditionnels universellement quantifiés, ainsi que la négation de tels énoncés jouent un rôle important dans l’activité mathématique.

Dans mes travaux, j’ai mis en évidence le fait qu’une analyse logique de tels énoncés dans une perspective sémantique (au sens de Tarski) permettait de mettre en lumière une complexité logique souvent sous-estimée des enseignants et des chercheurs. Je donnerai quelques exemples en appui sur des contenus mathématiques relativement élémentaires et montrerai comment on peut s’appuyer sur ces analyses pour éclairer les choix didactiques.

Janvier

Lundi 19 janvier

Présentation des travaux des doctorants, 14h, salle Jourda

Programme :

1re session
Soufien Bakari  : « Les marqueurs formés sur dire dans l’interaction ; analyse des fonctionnements discursifs et description des valeurs sémantiques. »

Souad El Fellah : « L’apostrophe dans les discours parlementaires. »

Assad Alkhalaf Alassaf : « Du dialogisme dans l’interview de la presse écrite . »

Marie Chandelier : « Le loup et le sanglier dans la presse française contemporaine. Analyse comparée des discours argumentatifs sur deux espèces controversées. »

Jérémy Perroux : « Archéologie discursive des dynamiques de l’altérité à l’œuvre dans les stéréotypisations de la paysannerie africaine. »

Camille Lagarde-Belleville : « De la médiatisation du rugby à travers le rugbyman. »

Yosra Ghliss : « Inscriptions des émotions dans les messages numériques brefs. »

Pause

2e session
Elodie Combes : « Le rapport à l’écriture d’élèves allophones immigrants nouvellement arrivés vivant un projet d’écriture de textes identitaires plurilingues au primaire à Montréal. »
Laurence Martin : « Les gestes professionnels des acteurs de la formation linguistique de base pour adultes ; ethnographie de dispositifs classiques, individualisés ou technologisés. »

Nathalie Matheu : « Dynamiques de l’écriture en Français Langue Seconde : étude génétique de manuscrits de migrants apprenants de FLS. »

Siba Yassine : « L’apprentissage d’une première langue étrangère facilite-t-il l’apprentissage et la prononciation d’une deuxième langue étrangère ? Le cas des enfants syriens. »

Hacène Bellemouche : « Influence du développement phonologique et des interactions mère-enfant sur les premières productions lexicales d’enfants arabophones. »

Ivana Didirkova : « Étude comparative des effets de la complexité linguistique et phonétique sur le discours de locuteurs bègues francophones et slovacophones. »

Lavie Maturafi : « Le Shimaoré et le Français à Mayotte : influences réciproques. »

Février

Lundi 23 février

14h-16h

  • France Martineau (Université d’Ottawa, Laboratoire Polyphonies du français, Chaire Frontières, réseaux et contacts en Amérique française) : « Les voix de papier : écrits de peu-lettrés en Amérique française »

Résumé
Les écrits ordinaires, correspondance et journaux personnels, permettent de jeter un éclairage sur la langue, à travers les traces d’oralité qui percent l’écrit. Ils ouvrent également une fenêtre sur les pratiques linguistiques et les réseaux et alliances qui se tissent entre locuteurs d’une même communauté, notamment en contexte de bilinguisme.

Après une brève description du Corpus de français familier ancien (Martineau, Université d’Ottawa) constitué d’écrits de scripteurs de France et d’Amérique française, du 17e siècle jusqu’au début du 20e siècle, nous nous attarderons aux écrits de deux familles de condition modeste, écrivant aux 18e et 19e siècles au Canada français. Nous discuterons des stratégies d’écriture des peu-lettrés et de ce que peut révéler l’écrit sur les usages de l’époque, à un moment où le Canada français est isolé de la France, suite à la Conquête britannique, et où le contact avec l’anglais s’accroît. Nous montrerons également comment certaines pratiques linguistiques s’éclairent quand on examine les réseaux et le capital symbolique que représente la langue pour les locuteurs.

Retrouvez cette conférence sur Canal U :

http://www.canal-u.tv/producteurs/p...
Pour les flux RRS et podcast

http://www.canal-u.tv/flux-rss-ball...

Mars

Lundi 2 mars

  • Jérémi Sauvage et Florence Guiraud (Université Paul-Valéry – Montpellier 3 UMR 5267 CNRS Praxiling) : « Le présent de l’indicatif comme marqueur dialogique d’un discours rapporté chez des élèves allophones »

Observations

Les élèves nouvellement arrivés observés en classe sont âgés de 6 à 11 ans. Dans 80% des cas, ils sont déjà plurilingues au moment de leur arrivée en France. Leurs langues d’origine sont l’arabe dialectal, le berbère ou le thaï. Leur parcours migratoire les a amenés dans un autre pays de l’UE auparavant. En d’autres termes, avant d’acquérir le français, ils possèdent donc déjà une première langue seconde : italien, espagnol, hollandais. L’analyse des interactions verbales en situation d’échanges conversationnels, a permis d’étudier un aspect particulier de l’expression des temps verbaux dans ces situations d’interlangue.

Hypothèse et analyse

Au travers de l’utilisation récurrente du discours rapporté et du discours direct notamment, dans les différents tours de paroles, nous avons pu remarquer un fonctionnement spécifique de l’emploi des temps verbaux qui pourrait s’apparenter, si on en fait une analyse un peu hâtive, à un « emploi fautif ». En effet les constructions encore maladroites du discours rapporté laissent apparaitre que les différents syntagmes verbaux ne sont plus porteurs de l’instruction temporelle adéquate en lien avec la situation de communication du locuteur-énonciateur dans le cadre de discours enchâssés. Une observation plus précise du contexte social de l’interaction verbale met en évidence le fait qu’en situation de discours rapporté, le temps verbal fonctionnerait plutôt en écho dialogique avec un autre discours tenu en amont et portant sur le même objet. Ce discours antérieur portant sa propre instruction temporelle en lien avec sa propre situation de communication, réapparaît ainsi dans ce nouvel énoncé et semble fonctionner comme un recours qui participe pour l’apprenant à la construction de son nouvel énoncé en langue cible ; parfois au détriment de la localisation temporelle. Par exemple : « Je dis ma mère… il me dit de faire tant choses à la maison alors je vénais pas à l’école aujourd’hui » (sic). Nous postulons que cet énoncé en amont, validé par une autre instance énonciative et chargé de toutes ses marques déictiques et modales constitue un levier d’acquisition de la langue cible (le français comme deuxième langue seconde).
Si l’on reconnaît au temps verbal deux grandes fonctions : la localisation temporelle, et la saisie aspectuelle, il semblerait que dans les processus d’acquisition, la deuxième fonction apparaisse parfois en amont de la première.

Lundi 16 mars

14h-16h

  • Christophe DELEU (GRER & CUEJ, Université de Strasbourg) : « Le documentaire radiophonique »

Résumé :

Souvent décrite comme le média du direct par excellence, la radio est très peu connue comme diffuseur de documentaires. Ce genre est à vrai dire peu présent sur les ondes, et il n’y a guère que le secteur public radiophonique (France Culture et France Inter), et, plus récemment, le secteur associatif, qui en proposent l’écoute. Sur Internet, le site Arte Radio met en ligne des documentaires depuis 2002.

Mon travail sur le documentaire a pour ambition de retracer l’apparition du genre documentaire à la radio, et de réfléchir à l’utilisation de cette catégorie médiatique, importée de l’univers cinématographique. Empruntant aussi bien au radioreportage qu’à l’art sonore, le documentaire se développe à la radio après la Seconde Guerre mondiale grâce aux innovations techniques parmi lesquelles la création du Nagra, appareil d’enregistrement demeuré célèbre.

Avec l’apparition du numérique, le genre s’est « démocratisé » : jamais techniquement il n’a été aussi facile de réaliser un documentaire sonore. Sa diffusion est aussi favorisée par l’écoute en différé (podcast, streaming) et la création de nombreux festivals sonores.

À l’heure de cette mutation, mon travail propose une définition des principaux types de documentaires à la radio : documentaire d’interaction (journalistique, chronique, biographique et autobiographique), documentaire poétique, documentaire d’observation et documentaire-fiction.

• Christophe Deleu est professeur en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université de Strasbourg.

Il est responsable de la formation radio au Cuej (Centre universitaire d’enseignement du journalisme) où il propose un cours sur le documentaire. Il est vice-président du Groupe de Recherches et d’Études sur la Radio (GRER). Il a cofondé l’Addor (Association pour le développement du documentaire à la radio).

Il est producteur délégué à France Culture depuis 1997, où il a conçu de nombreux documentaires. Avec François Teste, il a investi le champ du documentaire-fiction : La lointaine, prix Scam 2005 ; Vers le Nord, prix de la réalisation aux Radiophonies et prix Phonurgia Nova en 2010 ; Débruitage, Grand Prix SGDL en 2013.

Lundi 23 mars

14h-15h30

  • Fabrice Hirsch et Ivana Didirkova (Praxiling, Montpellier 3) : « Caractéristiques articulatoires et acoustiques des disfluences normales et sévères »

Résumé

Toute production orale est parsemée d’accidents de parole que l’on appelle disfluences. Ces dernières peuvent prendre différentes formes ; des répétitions, des hésitations, des interjections, des prolongations et autres sont ainsi observables dans la parole de tout locuteur.

Cela étant, si ces disfluences peuvent être considérées comme normales puisque laissant au locuteur un temps supplémentaire pour la construction de son énoncé, il arrive qu’elles revêtent un caractère plus sévère. C’est notamment le cas pour les troubles de la parole, dont le bégaiement.

L’objectif de cet exposé est de décrire ces disfluences normales et sévères d’un point de vue articulatoire et acoustique. Pour ce faire, plusieurs types de données vont être exploités. Premièrement, des données nasofibroscopiques permettent d’observer le comportement laryngé lors des phases de disfluences chez des locuteurs normo-fluents ainsi que chez des locuteurs qui bégaient. Le second type de données a été recueilli à l’aide d’un articulatographe électromagnétique. Ces données dévoilent, quant à elles, les mouvements articulatoires chez une locutrice normo-fluente et une locutrice qui bégaie. Enfin, certaines caractéristiques acoustiques des deux types de disfluences seront étudiées

15h30-17h

  • Lorenzo Devilla (Université de Sassari, Italie), membre associé au LIDILEM (Grenoble 3) :

« Italiens et Français en contact : analyse d’interactions plurilingues en ligne dans une perspective de pragmatique interculturelle »

Résumé

Cet exposé se propose d’observer la façon dont se déroulent les échanges des étudiants français et des étudiants italiens lors d’interactions pédagogiques plurilingues (français, espagnol, italien et portugais), en mode asynchrone (forums) et synchrone (chat), s’inscrivant dans le projet Galanet (www.galanet.eu), dont le but est de favoriser l’intercompréhension en langues romanes.

Dans une perspective de pragmatique interculturelle, on va à la fois focaliser sur les différences culturelles dans les comportements communicatifs de ces deux groupes d’étudiants et souligner l’émergence éventuelle de conduites langagières issues de la « rencontre interculturelle » (De Nuchèze 2004) qui a lieu dans ce contexte d’apprentissage plurilingue à distance. Parmi les différents phénomènes langagiers, discursifs et interactionnels qui caractérisent ces échanges en ligne, on va s’intéresser plus particulièrement aux rituels communicatifs, aux modalités d’adresse, à la politesse et à la dimension socio-affective.

Lundi 30 mars

14h-15h30

  • Maud Verdier (Université Paul-Valéry – Montpellier 3 UMR 5267 CNRS Praxiling) :
    Voix et registres sociaux dans une correspondance de la Grande Guerre - La conversion du Général Joffre (lettre de Félix Nurit à Noémie Cambon du18 juillet 1915)

La communication porte sur la correspondance d’un soldat de la Grande Guerre, originaire de la Lozère (plus de 80 lettres envoyées du 16 octobre 1914 au 4 août 1916).
De quelle manière peut-on et doit parler à quelqu’un qui est à l’arrière, loin des combats, des événements atroces que l’on vit quotidiennement ? Pour tenter de répondre à cette question, centrale dans les correspondances de la Grande Guerre, on partira de l’examen du statut discursif des récits d’expérience relatés dans cette correspondance.

Avril

Lundi 27 avril

14h-15h30

  • Jacques Bres, Aleksandra Nowakowska, Jean-Marc Sarale, Praxiling, UMR 5267 CNRS, Université Paul-Valéry Montpellier : « Les marques linguistiques du dialogisme interlocutif anticipatif en français »

Résumé :

Dans ses recherches sur le dialogisme, entendu comme orientation du discours vers d’autres discours, M. Bakhtine pose, à côté de la relation dialogique avec les discours antérieurs sur le même thème, la relation dialogique « dans la réponse anticipée de l’interlocuteur » (ibid.) : au fur et à mesure de l’avancée de son propre discours, le locuteur imagine les réactions discursives de son interlocuteur, et interagit dialogiquement avec elles, notamment pour répondre par avance aux questions et aux objections qu’il pourrait formuler, rectifier les conclusions fallacieuses qu’il pourrait faire, etc.
La communication sera consacrée à analyser cette seconde relation, – que nous nommons dialogisme interlocutif anticipatif –, très précisément à décrire les marques linguistiques par lesquelles elle se réalise. Nous distinguerons trois formes linguistiques de dialogisme interlocutif anticipatif selon la façon dont est traitée la « réponse anticipée » prêtée à l’allocutaire : la prolepse, l’intégration, l’ellipse.

15h30-17h

  • Jean-Marc Sarale Praxiling UMR 5267, CNRS-Montpellier 3 : « Formule discursive et argumentation : “ Plombier polonais ” et “ dumping social ” dans le débat européen de 2005 ».

Résumé

L’objectif de cet exposé est de réexaminer, sous le prisme de l’argumentation, la « dimension polémique » de la formule discursive (Krieg-Planque, 2009) – dimension qui est l’une de ses quatre propriétés définitoires, avec « son caractère figé, son inscription discursive et son fonctionnement comme référent social ». En effet, une formule discursive concentre souvent une argumentation-type, dont elle devient le signe. D’autre part, elle est le lieu de reconfigurations argumentatives, événements discursifs assimilables à des « tournants » dans un débat public.
On s’intéresse en particulier au rôle des formules « plombier polonais » et « dumping social », étudiées dans un corpus de presse écrite, contemporain de la campagne référendaire européenne de 2005. En essayant de retracer certains événements argumentatifs (apport de nouvelles données, changements de formes d’inférence, « silences » au sein de la formation discursive…) dont ces deux formules sont à la fois la matière et le moteur, on cherche à mieux appréhender le rôle des formules dans la dynamique du discours.

Mai

Lundi 4 mai

14h-16h

  • Rudolph Sock (LiLPa, Université de Strasbourg) : « Percevoir la Parole : une Histoire Sensori-Motrice d’Evénements Audibles et Visibles »

Résumé

Notre problématique se situe dans le cadre général de l’interaction entre perception et action, entre le sensoriel auditif et visuel d’une part, et le moteur d’autre part, dans le domaine de la parole.

L’objectif principal de nos recherches est de montrer qu’il existe une relation systématique et forte entre, d’une part, certains événements articulatoires, cinématiques et acoustiques d’un geste linguistique. D’autre part, et comme semblent le suggérer certains de nos résultats préliminaires, les efficiences auditives et visuelles de ces événements spécifiques permettent de renforcer l’idée de l’existence d’un couplage étroit entre le niveau articulatoire ou moteur, le niveau acoustique et le niveau sensoriel, que celui-ci soit auditif, visuel ou audio-visuel. Nous tâcherons, en outre, de montrer que le comportement perceptif des auditeurs est calé sur ces événements articulatoires et acoustiques.

Le second objectif est de démontrer la dégradation de relations sensori-motrices dans le cas de la parole pathologique. Nous montrerons, à partir de données pathologiques obtenues au niveau de la production de la parole, dans quelle mesure les perturbations des gestes articulatoires, induites par diverses pathologies, auront une conséquence directe sur la perception de cette parole pathologique. Il s’agira de mettre au jour comment la perturbation d’événements articulatoires et cinématiques déterminés gouverne le comportement auditif et/ou visuel de l’interlocuteur.

Juin

Lundi 8 juin

14h-16h

  • Maxime Amblard (LORIA, Nancy) : Le langage comme marqueur des troubles du langage et de la pensée

Résumé :

Les usages pathologiques de la langue sont nombreux et il est souvent difficile de les identifier comme marqueurs d’une pathologie. Cependant, l’étude de transcriptions d’entretiens avec des schizophrènes fait apparaître un usage non standard de la planification du discours. Ce constat
est à l’origine des travaux du projet SLAM - Schizophrénie et Langage : Analyse et Modélisation, projet soutenu par la MSH-Lorraine et qui a fait l’objet d’un PEPS HuMaIn du CNRS (2013-14).

http://semagramme.loria.fr/doku.php?id=projects:slam

Le projet se décompose en trois enjeux :

1/ la constitution d’un corpus à partir d’entretiens avec des schizophrènes ;

2/ la modélisation formelle de ces discours avec des théories de la sémantique du discours (du type SDRT de Asher et Lascarides) ;

3/ l’étude épistémologique et psychiatrique de la représentation de la pathologie mentale.

Dans cette présentation, nous reviendrons sur l’utilisation des théories formelles de modélisation du discours, et montrerons comment elles permettent d’identifier des usages pathologiques chez les patients schizophrènes. Dans le même mouvement, ces usages de la langue permettent de donner une réalité cognitive aux propriétés formelles.

Par ailleurs, nous nous focaliserons sur la constitution du corpus et son étude par des outils du
traitement automatique des langues. En particulier, nous reviendrons sur la mise en avant de marqueurs de disfluence accompagnant l’expression de la pathologie, et l’évaluation de ces critères. D’autres analyses sont réalisées au niveaux distributionx : lexicographique, morphologique et syntaxique.

AMBLARD M. & FORT K. (2014) Étude quantitative des disfluences dans le discours de schizophrènes : automatiser pour limiter les biais. TALN - Traitement Automatique des Langues Naturelles, Jul 2014, Marseille, France. pp.292-303

ASHER N. & LASCARIDES A. (2003). Logics of Conversation. Studies in Natural Language Processing. Cambridge University Press.

CHAIKA E. (1974). A linguist looks at “schizophrenic” language. Brain and Language, 1(3), 257–276.

FROMKIN V. A. (1975). A linguist looks at “a linguist looks at ‘schizophrenic language”’. Brain and Language, 2(0), 498 – 503.

KAMP H. & REYLE U. (1993). From Discourse to Logic. Kluwer Academic Publishers.

REBUSCHI M., AMBLARD M. & MUSIOL M. (2014). Using SDRT to analyze pathological conversations. Logicality, rationality and pragmatic deviances. Interdisciplinary Works in Logic, Epistemology, Psychology and Linguistics : Dialogue, Rationality, and Formalism, Logic, Argumentation & Reasoning, p. 1–24. Springer.