Partenaires



Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS


Accueil du site > Archives > Séminaires Praxiling

Archivage séminaires 2011-2012

4 octobre 2011

Septembre 2011

Lundi 19 septembre

14h-16h30

  • Ibrahim Coulibaly, (CDF, Université de Grenoble)

« Questions éthiques et juridiques relatives à la constitution et à l’exploitation des corpus oraux sensibles. Exemple des corpus de Praxiling »

Résumé

Au-delà d’une pluralité de critères de catégorisation juridique d’un corpus comme étant sensible, un corpus peut ainsi être considéré tant au regard des conditions de sa constitution que de son exploitation lorsque chacune de ces étapes présente un risque particulier ou accru d’atteinte aux droits et libertés des personnes – risque d’atteinte à l’intégrité physique, mentale ou morale des personnes concernées ; risques d’atteinte aux droits patrimoniaux. Ces risques d’atteinte aux droits et libertés peuvent résulter de la nature des données collectées, de la catégorie de personnes concernées par la recherche, des techniques utilisées, de la finalité de la recherche et des conditions d’utilisation des données.

Nombre de corpus oraux constitués et exploités par Praxiling peuvent être considérés comme sensibles.

La conséquence juridique du caractère sensible d’un corpus est le nécessaire renforcement des procédures de constitution et d’exploitation de ce corpus. A cet égard, si la protection des droits des personnes concernées contre les risques d’atteinte à leur intégrité physique, à leur vie privée ou à la protection de leurs données personnelles est une question cruciale, des impératifs scientifiques doivent également être satisfaits comme la garantie préalable de la qualité scientifique du projet de recherche. Par ailleurs, les corpus oraux peuvent être constitutifs de créations intellectuelles justiciables des droits de la propriété intellectuelle.

Octobre

10 octobre : Attention : Le séminaire aura lieu, exceptionnellement, en salle H108, Université Paul Valéry-Montpellier 3

14h-15h30

  • S. Azzopardi, J. Bres, S. Sarrazin :

« Du conditionnel en français et en espagnol : ultériorité dans le passé, grammaticalisation et valeurs modales »

Résumé

Comme on le sait, le conditionnel dans les langues romanes est issu de la grammaticalisation de la périphrase bas-latine : V. inf. + habere à l’imparfait (catalan, espagnol, français, italien, occitan) ou au prétérit (italien). Cette grammaticalisation est très avancée en fr. dès les premières attestations puisque le conditionnel se présente sous une forme synthétique : l’auxiliaire initial latin habebat, décatégorisé et érodé, est devenu un affixe verbal : cantare habebat > chanteroit. La forme, qui a dès le départ une valeur temporelle d’ultérieur du passé (subjectif), va développer des emplois modaux nombreux (hypothèse, quotation, conjecture, politesse, indignation, préludique, etc…). Quel lien entre la valeur temporelle d’ultériorité dans le passé et ces emplois modaux ? Nous faisons l’hypothèse que ceux-ci procèdent de la grammaticalisation des éléments sémantiques qui structurent la valeur temporelle du conditionnel et qui procèdent de sa morphologie (-r-, et –ai(s)).

Nous décrirons les chemins de grammaticalisation qui conduisent du temporel au modal, chemins dont le parcours n’a rien d’obligatoire, ce que nous illustrerons par des différences d’emplois entre espagnol et français.

Novembre

14 novembre :

14h-16h

  • Claude Rosental, Directeur de Recherche au CNRS, Institut Marcel Mauss (CNRS-EHESS)

« Sociologie des démos »
Résumé

Les démonstrations publiques de technologie représentent aujourd’hui une pratique courante pour de nombreux chercheurs et ingénieurs. Ces démonstrations - souvent appelées « démos » - sont effectuées à l’aide de logiciels ou d’autres types de dispositifs technologiques devant des publics variés, qui peuvent réunir tout autant des pairs que des représentants de divers pouvoirs économiques et politiques. J’analyserai les usages sociaux des démos, ainsi que les conditions de possibilité et les contraintes qui marquent leur exercice. En particulier, j’expliquerai dans quelle mesure les démos constituent un élément clé dans les dynamiques qui lient la fabrique et la promotion de la science et de la technologie, et je montrerai pourquoi ces pratiques ne peuvent pas être simplement appréhendées en termes de preuve et de persuasion (ou encore apodeixis et epideixis). Etudier ces phénomènes me permettra d’explorer les formes contemporaines du capitalisme scientifique et les tenants et les aboutissants d’un régime que je qualifierais de « démo-cratique » - un régime où les démonstrations publiques sont largement utilisées pour la gestion des affaires publiques, qui semble donner du pouvoir non pas tant aux masses (le demos grec) qu’aux démonstrateurs de talent. Ma communication partira en particulier des résultats d’enquêtes empiriques que j’ai menées ces dernières années auprès de chercheurs en intelligence artificielle et d’ingénieurs travaillant pour différentes institutions, que ce soit aux États-Unis ou dans le cadre de grands programmes de recherche et développement de la Commission européenne.

21 novembre :

14h-15h30

  • Jacques Bres :

« Enonciation et dialogisme »

Résumé :

Enonciation et dialogisme : faut-il voir dans cette mise en relation le mariage de la carpe et du lapin ? La première notion, dans la définition qu’en donne Benveniste, est fondée sur la distinction énoncé / énonciation ; la seconde est proposée par Bakhtine (et / ou son cercle), qui ignore tout de cette distinction, et fonde ses recherches sur l’énoncé compris comme « l’unité réelle de l’échange verbal » défini par ses frontières, elles-mêmes « déterminées par l’alternance des sujets parlants ». L’énonciation en tant qu’elle « suppose la conversion individuelle de la langue en discours » (Benveniste) travaille l’articulation langue / discours ; le dialogisme, en tant qu’orientation de tout discours vers d’autres discours, n’aurait rien à voir avec la langue ni avec la linguistique, et relèverait d’une discipline nouvelle que Bakhtine prétend fonder : la metalingvistika. Les deux notions ne semblent donc pas faites pour se rencontrer…

Et pourtant : elles sont associées dans différents travaux contemporains, notamment dans ceux que nous développons dans notre équipe de recherche. Erreur ? Malentendu ? On fera retour sur les deux notions dont la mise en relation, précisément de par leur hétérogénéité, nous semble productive.

15h30-17h

  • Melissa Barkat et Rym Djouri

« Corrélat cérébral du traitement de la distance linguistique : application au domaine arabophone. Un projet IRMf »

Résumé :

Le domaine arabe représente un cas d’école de continuum linguistique. On parle d’une langue arabe (i.e. arabe classique standard commun à l’ensemble des pays arabophones) et de dialectes régionaux et/ou nationaux n ?impliquant pas forcément l ?intercompréhension, surtout entre les parlers situés aux antipodes du domaine. En effet, bien que génétiquement et typologiquement proches, Arabe Standard et Arabes Dialectaux attestent des différences structurelles à tous les niveaux de la langue (i.e. phonétique, lexical, morphologique et syntaxique). C ?est pourquoi il est intéressant de s’interroger sur le statut de ces différents systèmes linguistiques : s’agit-il bien là de différents niveaux/variétés/registres de la même langue ou plutôt de langues différentes ? L ?objectif de notre étude est d ?apporter des éléments de réponse à cette question en examinant la réponse neuronale associée à l’écoute de phrases présentées dans des dialectes plus ou moins proches du parler maternel et en arabe standard. D’un point de vue neurolinguistique, il s’agit d’utiliser l’Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf) pour déterminer s’il existe une relation entre la distance linguistique des langues traitées et la localisation des zones cérébrales impliquées lors de leur traitement. Dans notre étude, les dialectes mis en jeu sont le marocain (langue maternelle des sujets testés), le tunisien (dialecte proche du dialecte maternel), le syrien (dialecte éloigné du dialecte maternel) et l’arabe standard (variété haute apprise en contexte institutionnel et utilisée dans les situations de communications formelles).

Nous entendons aboutir à une évaluation objective de la catégorisation effectuée pour les locuteurs entre langues distinctes et dialectes de la même langue.

28 novembre

– 14h, Salle des Actes (Université Montpellier III, Site Saint-Charles)

Soutenance de thèse de Sophie Azzopardi : « Le futur et le conditionnel : valeur en langue et effets de sens en discours. Analyse contrastive espagnol/français »

Résumé de la thèse :

Ce travail de thèse se donne pour objectif de mettre en évidence le fonctionnement des différents effets de sens produits en discours par le futur et le conditionnel à partir d’une valeur en langue unique de chacun de ces temps, dans une perspective contrastive entre l’espagnol et le français. La première partie interroge les notions de temporalité, d’aspectualité et de modalité, ainsi que les théories énonciatives qui sous-tendent toute recherche sur le temps verbal pour déterminer les cadres théoriques dans lesquels s’inscrit cette analyse et définir la valeur en langue du futur et celle du conditionnel sur lesquelles on s’appuie. Dans une seconde partie, on se propose de mettre en évidence le mécanisme d’actualisation de cette valeur aspectuo-temporelle dans la production de différents effets de sens de ces deux temps dont le fonctionnement est similaire en espagnol et en français. La troisième partie est consacrée quant à elle à l’analyse d’un fonctionnement différent dans les deux langues étudiées : l’effet de sens conjectural.

Janvier

16 janvier :

14h-17h

  • Chrysta Pélissier et Sophie Sarrazin :

« A qui s’adressent Vincent Courtillot et Jean-Pascal Van Ypersele ? Gestuelle et stratégies discursives de deux contradicteurs »

Résumé

Le corpus analysé (deux courts extraits du 7/10 de France Inter « Spécial Sommet de Copenhague » du 07.12.09) met en scène trois intervenants (V. Courtillot, J.-L. Borloo et J.P. Van Ypersele), dont deux sont présentés par l’animateur N. Demorand comme des autorités scientifiques en matière de climat : V. Courtillot, membre de l’Académie des Sciences et J.P. Van Ypersele, vice-président du GIEC et professeur à l’Université de Louvain.

Les interactions entre les différents intervenants se font dans des conditions très spécifiques, puisque V. Courtillot s’exprime depuis les studios de France Inter à Paris et que J.L Borloo et J.P. Van Ypersele se trouvent à Copenhague dans des espaces distincts. La vidéo ne laisse apparaître que V. Courtillot. Les trois invités sont donc en mesure de s’entendre mais non de se voir.

Nous nous intéresserons aux échanges entre les deux scientifiques qui s’opposent sur la thèse du réchauffement climatique et de la manière dont chacun cherche à asseoir un discours d’autorité. Deux dimensions seront prises en compte :

1) la gestuelle de V. Courtillot, qui accompagne ses propres interventions et celles de son contradicteur. Elle pose question, car étant donné les conditions d’interaction décrites plus haut, elles ne peuvent être adressées ni à l’autre débatteur, ni aux auditeurs. Elle rappelle, en particulier lorsqu’elle vise à souligner certains fragments discursifs, une relation professorale enseignant/étudiants ;

2) les modalités de reprise des arguments du contradicteur : en plusieurs occasions en effet, la source énonciative du discours rapporté est dépersonnalisée et assimilée à la doxa par le recours au on, à un temps impersonnel ou à la 3e pers. du pluriel (« quand on vous dit… » ; « dire que… » ; « ils sont en train de vous parler… »), ce qui a pour effet de modifier les données dialogales avec le passage d’une interaction interlocutive à une interaction de type interdiscursive.

20 février :

14h30-16h30

  • Louis de Saussure (Université de Neuchâtel) :

« Cognition, discours, persuasion : l’exemple du vote suisse sur les minarets »

Résumé

Dans cette présentation, nous regarderons de quelle manière des recherches interdisciplinaires en philosophie et sciences cognitives peuvent se croiser autour de la pragmatique pour éclairer des faits de discours et de persuasion. La rhétorique, devenue théorie de l’argumentation, décrit depuis des siècles les différents sophismes, explique en quoi ils constituent de mauvais arguments, mais n’explique pas pourquoi les humains les tiennent spontanément pour convaincants ; de son côté, la psychologie cognitive a identifié au moins depuis les travaux de Kahneman & Tversky (1974) toute une série d’erreurs de jugement systématiques dans le traitement de l’information, connues sous le nom de biais cognitifs et relevant d’heuristiques rapides et non prudentes, sans parler des faits de dissonance cognitive (Festinger). De son côté, la pragmatique a mise au jour une série de mécanismes, soit concernant des faits spécifiques, comme le blocage des enchaînements sur la présupposition, ou comme le traitement superficiel (’furtif’) des propositions, qui jouent un rôle dans la persuasion, soit des principes généraux de traitement de l’information, orientés vers l’économie et le moindre effort. Alors que les approches dominantes en analyse du discours restent orientées du côté des sciences sociales et de la philosophie critique, en particulier de l’espace public, nous montrerons autour de l’exemple du vote suisse pour l’interdiction des minarets quelles peuvent être les contributions d’approches plus naturalistes et cognitives.

Février

27 février :

14h-16h

  • Eugénie Duthoit, Christel Le Bellec, Stéphanie Mailles-Viard Metz :

« La carte mentale : une aide à la compréhension du discours radiophonique »

Mots-clés : structuration, syntaxe, lexique, réception, compréhension, cartes mentales, prise de notes, corpus oral, radiophonie.

Résumé

Dans cette étude, nous nous intéressons à l’activité de prise de notes d’un discours oral (PDN) à l’aide d’une carte mentale et donc à sa réception. Outre les travaux qui montrent l’intérêt de l’utilisation des cartes mentales dans différentes activités pédagogiques (Brodin, 2006), nous nous référons à la théorie en ergonomie cognitive de la genèse instrumentale (Rabardel, 1995). L’artefact “carte mentale” devient instrument au service de la compréhension d’un discours énoncé par un autre. A ce cadre d’analyse est associé une perspective linguistique, nous nous intéressons ainsi aux changements (ou à la simplification) de structures syntaxiques opérés dans la prise de notes vis-à-vis du discours oral, ainsi qu’à la transposition dans la carte mentale des connecteurs logiques entre les propositions. Puis nous comparons les différentes transpositions des connecteurs logiques et des structures syntaxiques du discours initial dans les différents supports de prise de notes (dans les cartes mentales, sans carte mentale et sur cartes papier). Notre attention porte également sur les structures syntaxiques du discours oral qui pourraient faciliter la compréhension ou au contraire l’entraver dans ce contexte.

Pour répondre à ces différentes questions, nous proposons la mise en place d’une expérimentation semi-contrôlée auprès d’une centaine d’étudiants en DUT Informatique en septembre 2011. Ces étudiants se sont déjà approprié les logiciels de cartographie mentale à travers différentes activités pédagogiques. Deux extraits du corpus Courtillot leur seront proposés : l’un pour une familiarisation avec l’exercice et l’autre pour le recueil-même des données. L’activité sera réalisée en deux temps pour chaque extrait : le premier consistera à réaliser une prise de note pendant l’écoute de l’extrait, le deuxième sera consacré à la reprise des notes et leur restructuration pour une meilleure compréhension. Les étudiants seront répartis en quatre groupes, ce qui permettra de manipuler l’outil de prise de note et de structuration. Trois groupes réaliseront les deux activités grâce à la conception de cartes mentales : l’un utilisera du papier, un autre le logiciel FreeMind et le dernier le logiciel XMind. Le quatrième groupe réalisera les deux activités en prenant des notes sur un logiciel de traitement de texte basique. Ainsi, il sera possible de voir l’effet de l’usage des cartes mentales et des technologies sur la structuration et la compréhension d’une émission de radio. La compréhension est évaluée par les réponses à un questionnaire.

Nous nous attendons à observer plusieurs niveaux de compréhension en fonction des variables manipulées, avec un effet positif lorsque l’activité est réalisée sous forme de carte et de surcroît via les technologies. Aussi le questionnaire sera conçu pour évaluer une compréhension en profondeur de l’extrait radiophonique. Cette profondeur sera réfléchie à partir d’une analyse sémantique et linguistique du corpus.

Outre l’objectif de montrer l’intérêt de l’usage des cartes mentales dans les activités pédagogiques, ce travail devrait permettre de mettre en commun des problématiques en ergonomie et psychologie cognitives avec celles des sciences du langage, que ce soit en terme de modèles théoriques mais aussi dans la démarche méthodologique.

Mars

12 mars :

14h-16h30

  • Michael Baker Directeur de recherche au CNRS, UMR 5141 LTCI (Laboratoire Traitement et Communication de l’Information), CNRS – Telecom ParisTech

« Interactions argumentatives médiatisées par ordinateur en situations d’apprentissage »

Résumé

Partant de la théorie du conflit socio-cognitif, un objectif important des recherches sur l’apprentissage coopératif durant les vingt dernières années a été d’analyser les interactions argumentatives entre apprenants, en vue de préciser les processus par lesquels elles favorisent l’élaboration de connaissances nouvelles. Avec l’essor des technologies fondées sur l’Internet, ces interactions peuvent avoir lieu à distance, grâce à l’utilisation des « espaces de travail partagés », ce qui soulève la question de l’influence des caractéristiques des outils de médiation sur les interactions plus ou moins productives et constructives.

Dans cet exposé, je présenterai un bilan critique des résultats issus de deux projets de recherche financés par l’Union Européenne, tous les deux portant sur l’élaboration et l’étude d’outils techniques-pédagogiques fondés sur l’Internet, pour favoriser des activités argumentatives collectives au lycée, par rapport à des questions socialement vives. Dans la situation étudiée dans le premier projet, les apprenants communiquaient à distance, par un Intranet ; dans le deuxième les apprenants travaillaient avec des outils similaires, mais en co-présence, communiquant à la fois oralement et à travers le réseau. Alors que les interactions argumentatives produites dans la première situation ont permis l’élaboration de points de vue individuels et d’opinions plus fondées et subtiles, dans la situation en co-présence, l’enjeu d’apprentissage a plutôt concerné celui de l’articulation de genres de discours quotidiens et scolaires.

En guise de conclusion de l’exposé, je tenterai de dégager quelques caractéristiques des situations éducatives impliquant la médiation informatique qui (dé)favorisent l’émergence des interactions argumentatives constructives. Enfin, je discuterai des questions d’ordre théorique et méthodologique soulevées par cette recherche.

19 mars

14h-16h30

  • Bernard Combettes, Professeur émérite, Université de Lorraine & UMR-ATILF

« Grammaticalisation et champ énonciatif »

Résumé

Après avoir rappelé les diverses acceptions du concept de grammaticalisation (conception restreinte, correspondant au passage du niveau lexical au niveau grammatical ; conceptions larges, faisant intervenir le niveau discursif et pragmatique), on s’attachera d’abord à définir la place et le rôle que tiennent, dans ce processus, les opérations définitoires que sont la réanalyse et l’analogie. Dans une deuxième partie, on illustrera les relations qui peuvent être établies entre le mouvement de grammaticalisation et le champ énonciatif, en prenant comme exemples l’évolution de modalisateurs d’énonciation (en revanche, par contre), celle d’une locution conjonctive (dans la mesure où) et celle des structures topicalisées de type quant à X.

26 mars :

14h-16h

  • Elodie Baklouti, Fabrice Hirsch et Catherine Détrie :

« Des formats d’adresse à la construction de la relation interpersonnelle : neutralité plus ou moins bienveillante, connivence et/ou condescendance ? »

Résumé
Cette contribution tente de réfléchir au positionnement énonciatif des interactants et à la façon dont ces derniers construisent leur relation à l’autre au cours de l’interaction. Nous aborderons ce point par le biais de l’analyse discursive et prosodique du système d’adressage mis en place par les interactants (pronoms et noms d’adresse / adressage indirect / voire non-adressage, notamment dans les interactions non présentielles) et nous montrerons comment ces formes l’impulsent, la confortent ou en sont des éléments modificateurs : l’objectif de cette étude est de montrer le rôle des divers formats d’adresse dans la construction de la relation interpersonnelle projetée et/ou effectivement construite par les interactants, et leur influence réciproque.

Dans un deuxième temps, nous élargirons cette étude en nous intéressant à quelques autres marqueurs qui viennent corroborer l’un ou l’autre des formats relationnels dessinés par les choix d’adressage (morphème interjectif hein, ou voix souriante par exemple). Nous travaillerons sur les deux volets de l’émission : la séquence « L’invité » et le débat, et privilégierons deux couples en (non-)interaction : Nicolas Demorand et Vincent Courtillot ; Jean-Pascal Van Ypersele et Vincent Courtillot.

Avril

30 avril

14h-15h30

  • Romain Vanoudheusden (Université de Poitiers)

« Discours journalistique sportif et stéréotypie linguistique »

Résumé

Pour cet exposé, en présentant des résultats probants de mes corpus, je souhaite aborder les principales caractéristiques du discours journalistique sportif pour conclure sur la stéréotypie en langue de spécialité.
Depuis une dizaine d’années, la linguistique de spécialité a vu de nombreux nouveaux domaines apparaître tels que les études sur le langage SMS, les discours diplomatiques, les discours médiatiques d’Internet, etc. Parmi ces nouveaux domaines d’intérêt, la langue du sport et sur le sport a pris une importance sans précédent dans les travaux de linguistique, non plus comme contre-exemple, mais à proprement parler comme sujet d’étude. Ainsi, la sociolinguistique, la lexicologie, l’analyse du discours, la syntaxe, la terminologie ont permis d’ouvrir des champs et axes de recherche dans le domaine du sport et du commentaire sportif.
Ce qui importe quand on débute une analyse d’un type de discours, quel qu’il soit, c’est de réussir à l’aborder dans son intégralité : c’est le but du travail de thèse présentée en novembre 2010 (« Stéréotypes et variations sémantiques dans un corpus de presse sportive en anglais et en français »). Dans cette thèse, nous avions cherché à démontrer qu’il existe une convention stylistique fondamentale à l’écriture journalistique sportive que l’anglais et le français partagent. Dans un contexte de production ciblé, les journalistes sportifs sont ainsi dépendants d’une uniformité linguistique imposée. Le discours journalistique sportif (DJS) est donc composé d’éléments stéréotypés qui structurent et représentent la caractéristique principale du genre.
Le DJS, qui semblait être, à première vue, un lieu de mise en fonctionnement de la créativité linguistique (avec entre autres, des défigements, des jeux de mots, des tropes, etc.), est extrêmement structuré tant au niveau stylistique qu’au niveau lexical et syntaxique, à tel point qu’il est en fait particulièrement stéréotypé. Nous étudierons quelques exemples des phénomènes les plus marquants et représentatifs du discours de presse sportive. Nous parlerons ainsi, entre autres, de la filiation littéraire du genre DJS, de l’hyperbolisation et de la modalisation du discours, des usages métaphoriques et métonymiques, des jeux phraséologiques, de l’alternance des registres, et des manifestations de la stéréotypie patriotique dans le discours de presse sportive.
L’analyse nous amènera ensuite à interroger plus en détails la stéréotypie linguistique, qui selon notre conception, doit prendre en compte tant le contexte de production, que tous les éléments linguistiques produits, ce qui implique une analyse complète à tous les niveaux linguistiques du macro-textuel au micro-textuel.

15h30-17h

  • Arnaud Richard et Marion Sandré (Montpellier 3)

« Analyse des discours rapportés dans le débat Aubry-Hollande »

Résumé

Cette présentation propose d’étudier le débat de l’entre-deux tours des primaires socialistes du 12 octobre 2011. En adoptant une présentation résolument
comparative, ce travail se propose de montrer comment Martine Aubry et François Hollande rapportent respectivement les différents discours en circulation dans ce débat, et quelles sont les différences d’utilisation qu’ils font du discours rapporté.
Nous traiterons d’abord les cas où le locuteur rapporte son propre discours (tenu soit avant le débat, soit pendant le débat), puis ceux où il rapporte le discours de son interlocuteur (tenu soit avant le débat, soit pendant le débat), et enfin ceux où il rapporte le discours d’un tiers extérieur à l’interaction. Nous ajouterons à ces trois catégories une quatrième : lorsque le discours rapporté est un discours commun (spécificité dû au genre débat de l’entre-deux tours d’une même formation politique). Nous verrons qu’il existe des différences nettes dans l’utilisation de ces différents types de discours rapporté. Martine Aubry est l’auteure de la grande majorité des occurrences : elle utilise indifféremment les quatre types de discours rapporté, mais a une préférence pour la citation de source extérieure au débat. Il faut également noter que si elle met souvent son concurrent face à son discours, ce dernier ne cite jamais les propos de la candidate. François Hollande dialogue moins avec les discours que ne le fait Martine Aubry et surtout n’entre pas en confrontation directe avec elle. Cette dernière construit un discours cohérent et constant depuis le début de la campagne en rapportant son propre discours, se positionne vis-à-vis de son adversaire en citant ses propos, et utilise aussi le discours d’autres personnes pour s’affirmer en tant que candidate. François Hollande, au contraire, reste en retrait et se contente de présenter son projet présidentiel sans le faire dialoguer avec d’autres discours. On montrera quels sont les effets produits par ces différentes utilisations du discours rapporté, et ce qu’ils nous apprennent sur la relation interpersonnelle et les enjeux de ce débat politique.
Juin

11 juin

14h-16h

  • Sophie Azzopardi, Jacques Bres, Aleksandra Nowakowska, Jean-Marc Sarale :

Du dialogique et du dialogal : quelques propositions pour l’analyse de l’émission radio InterActiv’ du 07/12/2009

Nous partirons des deux définitions suivantes :

– le dialogisme d’un discours tient à son orientation constitutive vers d’autres discours et ce triplement : vers des discours réalisés antérieurement sur le même objet ; vers la réponse qu’il sollicite et sur laquelle il anticipe ; vers lui-même. En ce sens, tout discours est dialogique.

– la dialogalité d’un discours tient au fait qu’il procède de l’alternance des tours de parole de deux ou plusieurs locuteurs. En ce sens, certains discours sont dialogaux, d’autres sont monologaux.

Dans des travaux antérieurs, nous avons proposé de distinguer le dialogique du dialogal sur la base de ce que :

(i) les phénomènes dialogiques concernent le fait que le locuteur partage avec d’autres discours, dont celui de son interlocuteur dans le dialogal, un même objet de discours (gestion du rapport aux autres discours : négation, confirmation, discours rapporté, écho, concession, etc.).

(ii) les phénomènes dialogaux concernent le fait que les locuteurs d’une interaction verbale partagent un même élément : le fil temporel du discours (gestion des places transitionnelles, pauses, phatiques et régulateurs, complétion, etc.) ;

Ces définitions comme cette distinction, pour heuristiques qu’elles aient pu s’avérer dans la description des marqueurs dialogiques, sont loin de résoudre la question complexe de l’articulation dialogique / dialogal au niveau microtextuel.
C’est à la description de quelques points de rencontre du dialogique et du dialogal dans l’énoncé que nous consacrerons notre réflexion. Nous emprunterons nos occurrences à l’interaction verbale déjà travaillée sous d’autres aspects dans le séminaire : l’émission radio InterActiv’ du 07/12/2009.

25 juin

14h-15h30

Yorkanda Levie

« L’aspect grammatical et ses manifestations dans les traductions en français de textes littéraires bulgares »

Résumé

Ce travail envisage la question de l’aspectualité en bulgare sous l’angle de la possibilité de ses manifestations en français. Les orientations principales de l’étude ont été guidées par la conviction du rôle fondamental de la traduction pour la compréhension des mécanismes régissant les langues.

L’approche théorique nécessite la description de paradigmes temporels : l’aoriste et le parfait en bulgare, le passé simple, l’imparfait et le passé composé en français. Un certain nombre de procédés orthonymiques sont considérés et illustrés afin de souligner l’importance, lors de la constitution de l’écriture de la traduction, de l’expérience référentielle, et de l’omniprésence, dans l’esprit des traducteurs, d’une conception jugée correcte et naturelle de s’exprimer.

La revue des notions théoriques autour du temps et de l’aspect a permis de mettre en lumière le traitement des imperfectifs secondaires, fondamental pour l’appréhension de l’aspect. Texte original et traduction attestent également de différentes visions des procès mais le choix de l’une ou de l’autre représentation ne constitue pas un obstacle à la réception sans aspérités du texte traduit. Cette divergence de représentations démontre que l’existence d’oppositions aspectuelles en bulgare est rarement prise en compte par le traducteur. L’examen du parfait a constitué une ouverture vers l’analyse de valeurs médiatives dont l’expression est, dans une langue comme le bulgare, fortement intégrée dans la morphologie verbale.