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Archivage séminaires 2005-2006, novembre 2005 à février 2006

30 mars 2006

21 novembre 2005

Journée d’étude
L’idiolecte. Du singulier dans le langage
animée par Catherine Détrie
(Praxiling, ICAR, UMR 5191 CNRS-Montpellier III)

et Franck Neveu
(Université de Caen, CNRS, UMR 6170, CRISCO)

Programme

MATIN

9h30-9h50
Accueil des participants

9h50-10h
Présentation par J. Bres, responsable de Praxiling

10h-10h45

  • Franck NEVEU (Université de Caen, CRISCO, UMR 6170 CNRS)

L’idiolecte, entre linguistique et herméneutique

10h45-11h30

  • Gilles PHILIPPE (Université Stendhal, Grenoble III)

Traitement stylistique et traitement idiolectal des singularités langagières

11h30-12h15

  • Sylviane Rémi-Giraud (Université Lyon II, Rhêma, ICAR UMR 5191 CNRS-Lyon II)

La Chatte et l’idiolecte

12h15-14h

Pause repas

APRÈS-MIDI

14h-14h45

  • Catherine DÉTRIE (Praxiling, ICAR UMR 5191 CNRS-Montpellier III)

La dynamique idiolectalisante, entre singularisation et réitération

14h45-15h30

  • Alain RABATEL (IUFM de Lyon, ICAR UMR 5191 CNRS-Lyon II)

Idiolecte et re-présentation du discours de l’autre dans le discours d’ego

15h30-15h45

Pause café

15h45-16h30

  • Jeanne-Marie BARBÉRIS Praxiling, ICAR UMR 5191 CNRS-Montpellier III)

Les moments, les lieux et leurs hommes : la construction de l’idiolecte en discours oral

16h30-17h15

Table ronde, animée par Bertrand Verine (Praxiling, ICAR UMR 5191 CNRS-Montpellier III)

23 janvier

  • Bénédicte Laurent

Le nom de marque et de produit dans la production de sens en contexte et assisté par ordinateur

Argument de la conférence :

Le nom de marque et de produit reste une entité linguistique peu explorée en linguistique française. Les travaux en TAL se concentrent principalement sur des analyses textuelles, sans proposer d’analyse intrinsèque du nom. Je présente une ébauche d’analyse linguistique automatisée du nom de marque et de produit. Le corpus recueilli présente la quasi-totalité des noms déposés entre 1976 et 2004 à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI). Cette analyse vise à déterminer la récurrence des lettres, caractères spéciaux et chiffres, la proportion de néologismes, les évolutions graphiques et sémantiques au fil du temps, et a pour but de mettre en évidence les tendances fondées sur les mots, les concepts, ou la phonie selon les différents axes d’analyse choisis, etc.
Dans un premier temps, je proposerai une analyse statistique centrée sur la créativité lexicale du nom de marque et de produit. L’analyse linguistique assistée par ordinateur permet en effet de faire émerger les différents modes néologiques, et donc les stratégies de construction lexicale opérées : néologie de sens et néologie de forme.
Dans un deuxième temps, j’envisagerai l’étude de la construction phonologique de ces noms déposés. La mise en forme de ma base de données permet de construire automatiquement des règles décrivant la manière dont les noms sont construits d’un point de vue phonologique. Pour ce faire, je proposerai la notion de motif phonologique, qui présente l’avantage, contrairement à celle de patron phonologique, de rendre compte d’enchaînements non contigus. Cette étude permettra en outre de voir si la construction phonologique du nom de marque et de produit lui est propre ou bien si l’on retrouve de fortes similitudes avec le lexique courant.

  • Jacques Bres, Praxiling, ICAR, UMR 5191 CNRS -Montpellier III

La polysémie à l’épreuve des temps verbaux : actualisation, interaction, effets de sens produits. Le cas du passé composé

Et si la polysémie n’était qu’un artefact de l’analyste ? D’autres avant moi se sont risqué à développer cette hypothèse contre-intuitive. Je la reprendrai, après avoir distingué entre polysémie lexicale et polysémie grammaticale, pour la faire travailler sur un élément de la grammaire du français, très précisément le passé composé.

Le passé composé est susceptible de deux emplois en discours, que l’on peut nommer état résultant et procès, et illustrer, sur le même verbe sortir, par (1) et (2) :

(1) (interaction téléphonique : une jeune fille appelle le fils, et « tombe » sur le père)
jeune fille - bonjour monsieur, je peux parler à Pierre ?

père - ah non, il est sorti

jeune fille - bon bé je rappellerai

(2) Le troisième jour, il est sorti vers dix heures avec une bouteille d’eau gazeuse et deux verres, un journal sous le bras. Ça faisait plus d’une demi-heure qu’elle était là, en train d’écrire à l’ombre du pommier. [...] Il s’est approché d’elle et s’est arrêté à environ un mètre de sa chaise en lui disant quelque chose. Elle a lâché son stylo et posé ses mains à plat sur sa feuille [...] (Lenoir, Le Verger)

Tout pousse à distinguer deux passés composés :

  • le premier (ex. 1), temps de l’époque présente, cotextuellement associé aux autres temps de cette époque et à ses circonstants (notamment maintenant), d’aspect extensif, a valeur résultative en ce qu’il donne à voir l’au-delà de l’acte de sortir. Il ne peut pas être remplacé par un autre temps verbal, pas plus qu’il ne concurrence aucun d’entre eux, et serait traduit en anglais par le present perfect ;
  • le second (ex. 2), temps de l’époque passée, cotextuellement associé aux autres temps de cette époque et à ses circonstants (notamment alors ou hier), d’aspect tensif, a valeur perfective en ce qu’il donne à voir l’acte lui-même de sortir. Il concurrence le PS, peut parfois être remplacé par lui, et serait traduit en anglais par le simple past.

Dans la littérature sur le passé composé, il est rendu compte de cette dualité en termes de polysémie, selon différents modèles explicatifs : saisie précoce ou tardive (Guillaume (1971 : 171-3), filtrage (Desclés et Guentcheva 2003), mise en saillance (Waugh 1987, Gosselin 1996, Vet 2001...

Il semble possible de rendre compte de tous les fonctionnements du passé composé en discours dans le cadre d’une approche monosémique. Le PC, dans ses différents emplois, donne exactement les mêmes instructions : celles définies par sa valeur en langue. C’est en interaction avec le co(n)texte que seront produits les différents effets de sens que l’on impute à tort au passé composé, alors qu’ils sont le résultat de l’interaction entre ce temps et différents éléments. Si l’on distingue un PC-procès d’un PC-état résultant, c’est une erreur d’analyse, au mieux un malheureux raccourci « métonymique », qui impute le tout de l’effet de sens à seulement une partie des signifiants qui ont servi à le produire : ces deux effets de sens relativement opposés / distincts sont produits par (i) les mêmes instructions du PC, qui interagissent avec (ii) des éléments co(n)textuels différents.

30 janvier

  • Laurent Perrin (Université Paul Verlaine-Metz)

Voix et points de vue étrangers dans le discours

Argument de la conférence :

Les faits polyphoniques (ou dialogiques) peuvent être conçus comme consistant à intégrer matériellement, c’est-à-dire à reproduire mimétiquement un discours-objet dans un discours (parfois une simple opinion identifiée ou non au contenu d’un discours). Il existe deux modes d’intégration (reproduction) de ce discours objet (ou opinion) dans le discours effectif d’un locuteur, associés respectivement à des marques et à des procédés différents. Le discours objet en question peut être reproduit dans sa forme linguistique, c’est-à-dire en intégrant les mots, les formulations d’autrui (citation directe, modalisation autonymique). Nous dirons dans ce cas que le locuteur fait entendre la voix d’un autre locuteur dans son discours. Mais ce discours objet peut aussi être reproduit sous forme propositionnelle, par paraphrase ou reformulation, c’est-à-dire sans que les mots, les formulations d’autrui ne soient intégrés au discours effectif du locuteur rapporteur. Ce dernier est alors responsable des mots mais non de tel ou tel point de vue que son discours exprime. L’objectif de mon intervention sera de bien distinguer ces deux sortes de faits polyphoniques.

  • Dan Van Raemdonck (Université Libre de Bruxelles/Vrije Universiteit Brussel )

Syntaxe de la phrase et structures intégratives. L’exemple par __ et _

Argument de la conférence :

Dans le cadre d’une syntaxe organisée et hiérarchisée autour du critère de l’incidence (relation entre un apport et un support de signification), nous avons proposé de faire la distinction entre incidence de type déterminatif et incidence de type prédicatif, selon que l’incidence mettait en œuvre des mécanismes respectivement de détermination ou de prédication.

Conformément à la définition des syntagmes, nous considérions que le syntagme était constitué de son noyau (nom, verbe, adjectif, adverbe...) et de ses déterminants, c’est-à-dire des compléments du noyau qui entretiennent avec lui une relation d’incidence de type déterminatif.

L’incidence de type prédicatif, quant à elle, était à déceler dans la relation entre le prédicat et le sujet de la (sous-)phrase (prédication première de la phrase matrice, ou secondaire de la sous-phrase), ou entre le prédicat second et le terme de la prédication première ou secondaire auquel ce prédicat second est rapporté (prédication seconde).

Dans cette optique, la prédication n’intervient qu’après la clôture du syntagme sur lequel elle porte. Il ne saurait dès lors être question d’un syntagme qui intègrerait une incidence de type prédicatif. Une telle distinction permet de caractériser les différentes structures syntaxiques que sont le syntagme, la sous-phrase et la phrase.

_

Tout irait donc pour le mieux, si des structures de type (1) à (5) ne venait troubler ce jeu de répartition.

(1) Il marche la tête haute.

(2) Le chat parti, les souris dansent.

(3) On dit Pierre pressé.

(4) J’entends Pierre chanter.

(5) 11 heures, et ma tante qui n’arrive pas.

En effet, dans ces structures, l’unité des séquences en grasses ne fait guère de doute . Or ce ne sont ni des sous-phrases (à moins de ressusciter les propositions participes et infinitives) ni des syntagmes (qui incluraient une incidence de type prédicatif).

_

L’analyse syntaxique et fonctionnelle des séquences de discours rapporté n’a pas vraiment retenu l’attention des grammaires traditionnelles. Tout au plus s’y intéresse-t-on à la reconnaissance de ces séquences. Cependant, une analyse digne de ce nom doit pouvoir rendre compte de leur caractère à la fois commun et particulier, par rapport aux autres séquences, au regard de leur intégration dans la phrase. A-t-on affaire à une seule ou à deux phrases (voire à une phrase multiple), par exemple, dans Elle me dit : « J’arrive » ?

Nous proposerons, à côté des déjà traditionnels SN, SV, SP et _ (pour sous-phrase de la phrase complexe), des analyses syntaxiques et fonctionnelles spécifiques pour les structures ainsi dégagées _ et _. Notre contribution visera donc à décrire la structure syntaxique de ces séquences _ et _ et à déterminer leur place dans la hiérarchie des structures intégrées à la phrase.

13 février

  • J.-M. Barbéris

A la recherche des « voix » du dialogisme.
Échos, reprises, transitions, et autres traces

Dans quelle mesure peut-on accorder un statut opératoire à la notion de voix ? L’organisation en 2006 d’un séminaire thématique sur cette question entend fédérer quelques travaux déjà initiés sur la question, à partir d’angles d’attaque particuliers (échos dialogiques, transitions vocales, interjections en ouverture de discours rapporté, marques diverses de dialogisme portant trace d’une voix...), et/ou d’études plus générales, au sein desquelles il s’agit de positionner la « voix » (différents niveaux de fonctionnement du dialogisme, rapports entre dialogisme et discours rapporté, ethos et vocalité de l’écrit, schémas énonciatifs sous-tendant ces fonctionnements). Par exemple, dans le cas de la négation polémique, de la construction clivée, et autres marques syntaxiques de dialogisme, subsiste-t-il encore un rapport avec la vocalité, ou bien la notion de voix devient-elle métaphorique ? Où commence, où finit ce qu’il convient de placer sous ce terme ?

Le questionnement se situe à l’intérieur du programme de recherche de l’équipe Praxiling consacré au dialogisme. Il se réclame, au départ, très clairement de la filiation bakhtinienne, et de ses prolongements dans la recherche linguistique actuelle.

On essaiera de partir du format physique du message (présence d’une vocalité, impliquant la possibilité d’une écoute et/ou d’une profération). - et on gardera la réflexion ancrée de ce côté. Le fonctionnement spécifique des discours oraux et des discours écrits, à cet égard, mérite réflexion. La notion d’ethos appliquée à l’écrit peut nous inciter à reconnaître une vocalité particulière aux productions écrites. Quels instruments d’analyse sont alors capables de rendre compte de cette vocalité et de cette corporéité ? A l’oral, quelles sont les formes et les organisations discursives qui permettent à la voix de devenir indice d’altérité, trace d’hétérogénéité, ou bien, lieu d’une transition entre le discours même et le discours autre ?

Ce projet est destiné à répondre à la question de la nature et du type de « matérialité » qu’on peut accorder aux voix. Mais en fait, que voulons-nous signifier par là, et que veulent signifier les autres chercheurs qui en font usage ?

16 et 17 février 2005

Catégorisation et stéréotypisation de l’altérité dans les discours coloniaux (P. Siblot, P . Pandolfi)

Ce colloque est l’aboutissement d’un programme pluridisciplinaire de préfiguration de la MSH-M ; il rassemblera une trentaine d’intervenants (16 et 17), et sera suivi le samedi matin (18) d’une table ronde sur les perspectives du partenariat international dans le cadre de la MSH-M.

20 février

Dans le cadre du projet de recherche ENTICE «  : « Pratiques attendues et usages réels des environnements numériques dans la mise en œuvre et le déploiement de l’Université Numérique en Région Languedoc- Roussillon (UNR-LR) ». (http://recherche.univ-montp3.fr/entice)

Trois présentations sont proposées sur l’analyse des usages de l’ENT « Environnement Numérique de travail » :

  • Bruno Bonu

Le scénario comme pratique conversationnelle

Argument de la conférence

Lors de l’enquête ENTICE l’examen de différentes situations enregistrées fait apparaître une forme de « scénarisation » de l’expérience professionnelle de certains locuteurs. Dans les cas de présentation de prototypes le locuteur en action anticipe avec un scénario plus ou moins développé les usages attendus de certains acteurs de la vie universitaire, en particulier les étudiants. Au cours d’un entretien entre un chercheur et un enseignant, usager pionnier du même prototype, ce dernier produit une restitution des pratiques sous une forme reconstruction scénarisée de l’activité pédagogique avec les étudiants. L’intervention mettra en évidence les ressources interactionnelles, linguistiques et visuelles nécessaires pour la production coordonnée de cette forme conversationnelle.

  • Chantal Charnet

Scénarisation des usages : analyse d’une appropriation

Argument de la conférence

L’accès à un mél étudiant constitue l’un des services proposés par l’ENT ; nous analyserons à partir de séquence de démonstrations d’utilisations réalisées par des étudiants l’appropriation simulée de cet artefact. Nous verrons ainsi les propriétés que ces usagers attribuent au dispositif proposé dans ce cadre et les difficultés d’usage qu’ils rendent visibles par cette simulation. L’analyse de l’interface et la production des consignes montreront comment certaines activités d’usages sont anticipées avec cet artefact.

  • Dimitri Voilmy

Un format méthodologique pour la collecte de données d’interactions situées »

Argument de la conférence

L’intervention montre une approche non techniciste pour la constitution d’un corpus basé sur des enregistrements de sessions de communication médiatisée en milieu universitaire.