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Archivage séminaires 2005-2006, mars-juin 2006

6 mai 2006

Vendredi 10 mars

Ce séminaire, organisé par Bruno Bonu, Lorenza Mondada, Marc Relieu, a lieu cette année de manière polylocalisée à Lyon (18 nov 2005), Montpellier (10 mars 2006) et Nice (23 juin 2006)

Comparer : des pratiques dans l’analyse de l’interaction

horaires : 9h30-16h30

Lieu : Université Montpellier 3 Paul - Valéry, Salle Jourda, Bâtiment Recherche Marc Bloch (BRED)

Problématique générale

L’Analyse de Conversation d’inspiration ethnométhodologique a déployé deux stratégies complémentaires de recherche : l’une vise a examiner des collections de séquences, l’autre porte sur une seule séquence examinée dans sa configuration temporelle d’actions et ses conséquences séquentielles de manière détaillée. La première a caractérisé surtout les conversations téléphoniques des ouvertures de conversations ordinaires (Schegloff 1968, 1986, 2002) ou d’appels à des institutions (Zimmerman 1984). Cette démarche complémentaire de l’entreprise de découverte d’Harvey Sacks qui portait aussi et principalement sur des appels téléphoniques, est fondatrice de la discipline. La seconde s’oriente vers l’examen approfondi d’un seul cas, elle s’est stabilisée dans les pratiques de recherche dans le champ. L’analyse s’appuie alors sur la littérature concernant le phénomène traité. Dans ce sens elle est aussi comparative.

La comparaison de séquences interactionnelles en Analyse de Conversation peut porter sur le cadre, institutionnel ou quotidien, sur le placement structurel, en ouverture ou en clôture, ou encore sur les procédures de base dans l’appariement des actions formées par des questions et des réponses, des invitations et des acceptations, etc. (ten Have 1999). De plus, la comparaison et la relation avec les collections dépendent des modalités de saisie des données. Il semble plus aisé de constituer des collections si l’on a à traiter des données enregistrées sonores, relevant par exemple de conversations téléphoniques « traditionnelles », qu’audiovisuelles, si l’on examine des échanges se déroulant dans des environnements technologisés de travail, par exemple.

Dans tous les cas de figure, quels sont les éléments comparables pour l’analyste dans l’examen du comportement des participants ? La systématisation des résultats analytiques s’effectue de quelle manière ? Quel type de formalisation est accompli ? Pourquoi les conversationalistes sont si réticents en ce qui concerne la quantification des éléments de l’interaction ? Par conséquent, nous interrogerons la « comparabilité » des données interactionnelles enregistrées et transcrites dans différents terrains, domaines et phénomènes. Cette démarche implique plus largement les processus de constitution de corpus dans les approches qui enquêtent sur l’interaction. Dans ce sens, elle concerne toutes les disciplines qui pratiquent le recueil et le traitement de données structurées.

Programme de la journée

- 9h30 : Présentation par Bruno Bonu

- 9h45 : Lorenza Mondada (Laboratoire ICAR UMR 5191 & Université de Lyon 2)

Constitution de collections et traitement de données vidéo en Analyse de Conversation (AC)

- 10h45 : Chantal Charnet (Praxiling - ICAR UMR 5191 CNRS- Montpellier 3)

Constitution de collections transversale et verticale : à la recherche de traces d’usages lors d’accès à des services d’un Espace Numérique de Travail (ENT)

- 11h45 :Pause café

- 12h : Marc Relieu (GET/Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications-Paris /EGSH)

Construction des collections et intelligibilité des analyses conversationnelles de fragments particuliers : les commencements d’activité

- 13h : Pause déjeuner

- 14h15 : Florence Oloff, (Laboratoire ICAR UMR 5191 & Université de Mannheim)

L’établissement d’une collection pour l’étude des chevauchements : Apports et problèmes de données audio et vidéo

- 15h15 : Bruno Bonu et Dimitri Voilmy (France Telecom R&D, Laboratoire TECH/SUSI, Laboratoire ICAR, UMR 5191 CNRS Montpellier 3)

La comparaison de séquences : une transposition de phénomènes

Résumé des interventions

- Bruno Bonu et Dimitri Voilmy (France Telecom R&D, Laboratoire TECH/SUSI, Laboratoire ICAR, UMR 5191 CNRS Montpellier 3)

bruno.bonu@rd.francetelecom.com, voilmy@gmail.com

La comparaison de séquences : une transposition de phénomènes

La comparaison en Analyse de Conversation implique outre la constitution de collections, la transposition par le chercheur lors de son analyse, de phénomènes et de propriétés conversationnels dans l’analyse d’environnements séquentiels variés, voire dans l’examen de différentes activités. Ces formes de migration de phénomènes seront interrogées dans le cadre de la sélection du prochain locuteur et dans le traitement d’une perturbation dans les interactions sur le plateau de l’émission CULT (France 5), un environnement technologisé visiophonique.

Dans le premier des cas étudiés, nous observons que la sélection du prochain locuteur constitue un phénomène à la fois comportemental, verbal et cognitif. Le dispositif technologique imbriqué dans l’interaction entraîne la mobilisation de ressources particulières dans l’organisation du tour de parole. Le locuteur en action emploie une ressource verbale, vocale et gestuelle dont l’optimum est représenté principalement par une intonation montante dans le processus de sélection du prochain locuteur et de ratification sociale des participants.

Dans le second cas, nous interrogerons la possibilité de la transposition dans différentes interactions de certaines dimensions des travaux sur les perturbations conversationnelles, notamment en ce qui concerne le travail interactionnel de sortie de ces difficultés. Nous analyserons à la fois la source d’une perturbation liée au dispositif sonore de l’émission et à la sortie du problème par une procédure de recyclage thématique. Le questionnement déployé rend possible des avancées analytiques sur les deux phénomènes de l’organisation de l’interaction dans des environnements technologisés examinés dans la présente intervention.

- Chantal Charnet (Praxiling - ICAR UMR 5191 CNRS- Montpellier 3)

chantal.charnet@univ-montp3.fr

Constitution de collections transversale et verticale : à la recherche de traces d’usages lors d’accès à des services d’un Espace Numérique de Travail (ENT)

La recherche de traces d’usages d’artefacts technologisés en temps réel nécessite un corpus multidimensionnel dont la pertinence n’est pas acquise a priori. En effet, nous devons d’une part recueillir des données sur l’activité concernée dans diverses situations d’usage et constituer ainsi une collection que nous nommerons transversale. D’autre part, chaque situation d’usage ne peut se restreindre à un seul enregistrement audiovisuel et nous interroge ainsi sur les outils nécessaires pour former cette collection propre à une même séquence, que nous désignerons comme verticale. Les facettes multiples d’une activité : captures d’écran, tracés de souris, situations de production dans leur contexte peuvent ainsi être examinées. L’examen d’une situation d’usage « se connecter à un ENT », montrera l’apport de ce choix méthodologique dans l’analyse d’un processus d’innovation en milieu universitaire.

- Lorenza Mondada (Laboratoire ICAR UMR 5191 & Université de Lyon 2)

lorenza.mondada@univ-lyon2.fr

Constitution de collections et traitement de données vidéo en Analyse de Conversation (AC)

Deux démarches caractérisent l’analyse conversationnelle : la « single case analysis » et l’analyse de « collections ». La seconde repose sur l’identification d’un phénomène particulier, défini à la fois par une composition de ressources formelles et un environnement séquentiel. Elle constitue le fondement de la systématicité des analyses proposées dans ce courant. Elle repose sur et est la base de comparaisons entre occurrences, traitées comme appartenant ou non à la même collection. Cette contribution vise à rendre d’abord explicite la démarche consistant à construire des collections, à l’aide d’exemples classiques de la littérature. Elle vise ensuite à problématiser la question des collections dans l’analyse vidéo : en effet, les collections de phénomènes qui ont permis de constituer un corps cumulatif de connaissances en AC relèvent surtout de la parole-en-interaction documentée sur la base d’enregistrements audio. Dès que l’on travaille sur la multimodalité et les enregistrements vidéo, la question se pose de savoir comment traiter les spécificités contextuelles (l’écologie de l’action et ses artefacts par exemple) ainsi que la richesse des détails multimodaux pertinents pour bâtir une collection. L’exposé se fondera sur des extraits tirés de corpus vidéo très divers, permettant de poser la question de l’homogénéité des collections et de la comparaison entre données issues de contextes d’activités différents.

- Marc Relieu (GET/Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications-Paris /EGSH)

relieu@enst.fr

Construction des collections et intelligibilité des analyses conversationnelles de fragments particuliers : les commencements d’activité

En analyse conversationnelle, l’étude séquentielle mobilise à la fois des éléments singuliers qui sont propres à une activité donnée et à ses conditions d’effectuation et des caractéristiques issues de la comparaison avec une diversité d’autres fragments : séquences analogues issues du même corpus, séquences extraites de corpus différents, ou éléments issus de corpus produits et étudiés par d’autres chercheurs. En nous appuyant sur des analyses de commencements d’activités conversationnelles, nous soulignerons la variété des principes de construction des collections et la façon dont ils participent réflexivement de l’analyse de fragments particuliers.

  • Florence Oloff, (Laboratoire ICAR UMR 5191 & Université de Mannheim)

florence.oloff@ens-lsh.fr

L’établissement d’une collection pour l’étude des chevauchements : apports et problèmes de données audio et vidéo

Des collections d’extraits en Analyse conversationnelle (AC) servant de point de départ aux analyses ont (traditionnellement) été établies à la base de données audio (cf. Sacks, Schegloff & Jefferson 1974). Par conséquent, on s’est alors focalisé sur la recherche d’exemples séquentiellement similaires au niveau des ressources « audibles » et donc « transcriptibles », comme la prosodie ou la syntaxe. Il n’est alors pas étonnant que le chevauchement, faisant partie des notions de base de l’AC, soit défini comme la prise de parole simultanée de deux locuteurs, soulignant le caractère sonore de ce phénomène (p. ex. Jefferson 1986). Sous cet angle, l’idée d’une collection pour l’étude du chevauchement basée sur des données audio semble alors non problématique.

Mais puisque le chevauchement, par son placement précis dans l’interaction, peut révéler l’orientation mutuelle des participants vers une complétude ou non de l’unité de construction de tour en cours, son rôle en tant que ressource interactionnelle pour la gestion du turn-taking et son lien avec celui-ci reste à étudier de façon précise (cf. Schegloff 2000). Comme l’importance des ressources non verbales pour le turn-talking a été démontrée à travers des analyses d’enregistrements vidéo (p. ex. Goodwin 1980, Goodwin 1997, Mondada 2004), nous devrions par conséquent tenter d’étudier l’overlap dans des extraits vidéo.

Les possibilités d’établir une collection d’extraits pour une telle étude seront explorées à la base de données en français et en allemand, partant d’abord de séquences audio pour ensuite aborder les enregistrements vidéo. L’intégration de l’espace visuel dans les analyses pose non seulement le problème d’une complexification de la description et de la transcription des ressources non-verbales, mais il mène aussi à une mise en question de la notion de similarité séquentielle et donc de la comparabilité. Comment obtenir la base d’une comparaison : le nombre supplémentaire de ressources interactionnelles analysables ne réduit elle pas la probabilité de retrouver exactement la même constellation dans le déroulement séquentiel de deux ou plusieurs d’extraits ? Les problèmes et apports des données vidéo pour l’établissement d’une collection seront alors esquissés autour du phénomène du chevauchement.

13 mars

  • Mélissa Barkat- Defradas

La voix : dimension phonétique

Argument de la conférence
Chacun communique par sa parole tous les jours avec ses semblables, sans réaliser le plus souvent de quel outil inouï il dispose en cela. Certains métiers mettent plus en évidence que d’autres, le rôle déterminant de la voix. Professeurs, chanteurs, comédiens, avocats, hommes politiques savent bien que leur façon de parler est décisive. Je propose dans le cadre de ce séminaire de présenter les aspects physiologiques de la voix (parlée et chantée) ainsi que certains des mécanismes articulatoires liés à la production de la parole.
- Françoise Dufour, ATER Praxiling, ICAR , UMR 5191 CNRS-Montpellier3

Stéréotypes et dominance discursive

Les stéréotypes constituent-ils des objets de recherche permettant d’analyser les modes d’articulation des discours aux pratiques sociales ?

L’efficacité pratique et cognitive des représentations sociales et des stéréotypes dans les relations inter-groupes a été bien étudiée par la psychologie sociale. Que peut apporter l’analyste des discours sur la dimension langagière de ce processus social ?

Les discours sur des projets de colonisation de l’Afrique et leurs recompositions dans les programmes de développement, qui composent mon corpus de thèse, présentent des configurations discursives exemplaires de la stéréotypie au service de la légitimation d’une relation de dominance dans le temps de son élaboration, de sa mise en œuvre et de sa pratique.

En appui sur les travaux de Bres & Détrie et de Siblot (1996) ainsi que de la sociologie du langage d’Achard (1989, 1995, 1998), nous essaierons de montrer que l’efficacité pratique des stéréotypes ne résulte pas tant de la force sémantique des thèmes discursifs (du contenu) que de l’organisation énonciative qui les sous-tend, qui à la fois rend compte et construit l’organisation du monde social.

Dans le cadre du séminaire de Praxiling, nous exposerons la modélisation que nous sommes en train de construire pour analyser cette problématique, en mobilisant certains apports de la sémantique du prototype (Rosch, Lakoff, Kleiber) et les recherches de Culioli (1999) sur les activités de représentation, référenciation et régulation (notion, type et attracteur). Nous analyserons, dans quelques discours représentatifs, la distribution discursive de places catégorisées dans une dialectique identitaire qui stéréotypise l’un des actants par l’infériorisation au regard du système de références interdiscursives (d’ordre culturel et idéologique) du groupe dominant.

20 mars

  • Mathieu Valette (ATILF, CNRS-Nancy)

Modéliser l’innovation sémantique. Problèmes, méthodes et outils pour la veille lexicale

Argument de la conférence

La variété des sens d’une unité lexicale est souvent considérée comme l’articulation entre une signification centrale et prototypique et des acceptions périphériques. Les pratiques linguistiques (domaines, discours et genres) n’y sont guère prises en compte et se limitent dans la plupart des cas à un élargissement de l’analyse au seul cotexte.
Dans une problématique de veille lexicale où l’objectif est la détection automatique de l’innovation sémantique en diachronie (ou néosémie) dans des corpus de textes, cette approche s’avère inappropriée. On propose donc d’appréhender l’innovation sémantique dans une perspective textuelle et caractérisante et non pas lexicale et typifiante : il s’agit de contraster les emplois - en discours - d’une unité lexicale sans chercher à les rapporter à un type stable dont elle ne seraient que des déformations. L’exposé portera d’une part sur les conditions théoriques du concept de néosémie et d’autre part, sur la mise en œuvre pratique de la veille lexicale (méthodologie, outils et ressources TAL développées à cette fin).

  • Wendy Ayres-Bennett

Variation sémantique et variation syntaxique au 17e siècle : vers la cohérence sémantique et la cohésion syntaxique

Argument de la conférence

Au milieu du 17e siècle s’élaborent de nouveaux principes pour l’usage sémantique et syntaxique du français : la cohérence sémantique et la cohésion syntaxique. En ce qui concerne le domaine sémantique, deux grands principes se dessinent : l’exactitude dans le choix des mots et des façons de parler, et la congruence de ces éléments non seulement entre eux mais par rapport au contexte et par rapport au monde raconté. Quant au domaine syntaxique, on recherche la cohésion, c’est-à-dire que pour écrire« nettement », il faut que les constituants syntaxiques soient bien marqués par la morphologie et par la syntaxe, surtout dans les syntagmes coordonnées, et que toute ambiguïté syntaxique soit éliminée. Dans cette conférence je considérai l’élaboration théorique de ces concepts et l’usage contemporain dans un texte considéré comme modèle du style classique.

27 mars

14h-15h30

  • Julie Denouel, Laboratoire Praxiling, ICAR, UMR 5191 CNRS-Montpellier 3, France Telecom R&D, Laboratoire TECH/SUSI/ISS

L’artefact, un acteur interactionnel : les interactions ordinaires en messagerie instantanée multimode

Argument de la conférence :

L’émergence croissante d’outils de communication témoigne d’un lien spécifique entre l’interaction sociale et l’utilisation de dispositifs technologiques. Les logiciels de messagerie instantanée (MI) permettent ainsi à des personnes distantes d’interagir au moyen de canaux de
communication multimodes, et de créer des espaces d’interaction dyadique et quasi-synchrone alors que leurs espaces écologiques sont disjoints. Ces applications offrent en effet un environnement d’action composite qui permet d’interagir par des canaux multiples, selon diverses combinaisons. Chat, visio, audio sont les principales composantes de cet appareil. Mais l’on peut aussi jouer sur une MI, partager des fichiers, en somme interagir dans un sens qui dépasse largement le format conversationnel. L’interface autorise alors des interactions mobilisant des modes multiples. Multimode, la MI s’insère par ailleurs dans un environnement multimodal, au sens où le dispositif technique global, autrement dit l’ordinateur, est spécifiquement conçu pour que plusieurs tâches soient accomplies simultanément. Les échanges en MI font alors souvent partie de systèmes organisationnels
complexes, multitâches, multimodes et multimodaux.

Dans cette communication, je propose d’observer des échanges ordinaires réalisés en MI, et de questionner, avec les outils de l’analyse conversationnelle d’inspiration ethnométhodologique, l’intégration de cet artefact dans la structuration locale et globale de l’activité interactionnelle. Basée sur l’analyse d’enregistrements vidéo d’échanges naturels, cette étude tend à montrer que le logiciel MI ne constitue pas seulement un environnement technologique au sein duquel des interactions sont produites, mais qu’il intervient de manière récurrente, voire systématique, dans leur progression. De plus, on remarque une orientation réflexive des participants vers des fonctionnalités ou composantes du logiciel, qu’ils intègrent à l’organisation séquentielle des activités. J’analyserai donc une série de séquences vidéo où l’application concourt au développement de l’action. L’examen du placement temporel des pop up, des onglets, et des interventions de la MI dans le chat, montrera comment les acteurs accomplissent ces phénomènes techniques à différents niveaux de l’activité interactionnelle : dans l’articulation entre différentes tâches, dans le passage d’un mode à un autre, ou la distribution des tours dans le chat. Une analyse plus fine de l’organisation linguistique de ces interventions me permettra finalement d’interroger le mode de participation de l’artefact dans les échanges, et voir dans quelle mesure il peut être appréhendé comme un acteur interactionnel.

15h30-17h

  • Bruno Bonu, Laboratoire Praxiling, ICAR, UMR 5191 CNRS-Montpellier 3, France Telecom R&D, Laboratoire TECH/SUSI/ISS

L’instauration d’un malentendu : ressources interactionnelles multimodales dans un échange visiophonique

Argument de la conférence :

La mise en relation d’espaces distants rendue disponible par les dispositifs avancés de visiophonie ouvre des possibilités d’organisation, de travail et d’échange impraticables jusqu’à présent dans les activités des entreprises. Ce nouvel horizon ouvert par ces instruments implique aussi des nouveaux problèmes pour les usagers dans le relation complexe entretenue par les technologies avec l’organisation de l’interaction. En fait, au cours d’un échange visiophonique impromptu entre quatre membres de la même entreprise un problème de reconnaissance d’un des participants voit le jour. L’un d’eux croit reconnaître l’une des personnes présentes dans l’autre site relié par le dispositif technologique. L’équivoque se transforme au cours de l’interaction en un véritable malentendu. Nous analyserons aussi bien les ressources qui rendent possible la mise en place de ce malentendu ainsi que celles qui permettent de résoudre le problème et de stabiliser l’intercompréhension. Notamment, nous étudierons les éléments déictiques en relation avec des autres moyens sonores et visuels employés par les participants dans le déroulement de l’interaction. L’examen de l’enregistrement audiovisuel permettra de suivre la trajectoire de cette interaction et d’analyser le rôle joué en son sein par le dispositif technologique.

Vendredi 31 mars

Journée d’étude organisée par Praxiling, ICAR, UMR 5191 CNRS-Montpellier 3 et la Maison des Sciences de l’Homme de Montpellier.
En collaboration avec :

France Télécom Recherche et Développement, Laboratoire Sociologie des Usages et du Traitement Statistique

Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications, Paris, Institut Eurecom,
Nice Sophia Antipolis

Les échanges technologisés : relations et interactions, en présence et à distance

La journée d’étude a pour objectif de confronter des démarches
interdisciplinaires de trois laboratoires qui interrogent les liens sociaux médiatisés
au moyen d’échanges textuels, sonores et visuels. A partir de données
audiovisuelles et textuelles les chercheurs exposeront leurs recherches actuelles
concernant les sociologies des usages et de l’innovation, l’étude de l’organisation
de l’interaction et les échanges écrits. Les apports des différents courants
sociologiques et linguistiques seront confrontés à l’examen d’échanges synchrones
et asynchrones rendus possibles par les usages de différents dispositifs
technologiques. Seront présentés à la fois les résultats analytiques et les
retombées applicatives de ces travaux. Les recherches présentées portent sur un
large éventail de pratiques communicationnelles questionnées par des
méthodologies variées. Elles interrogent toutes la capacité des individus et des
groupes à communiquer et à travailler ensemble. Dans ce sens, les interventions
de la journée marquent l’insertion de la recherche dans la société, portent un
regard sur les pratiques d’échange et de coopération, scientifiques ou
quotidiennes, participent à la réflexion menée au sein de la nouvelle Maison des
Sciences de l’Homme de Montpellier.

Programme

Matin

  • 9h : Ouverture par M. Gérard Ghersi Directeur de l’MSH de Montpellier et
    par M. Jacques Bres Directeur du Laboratoire Praxiling, ICAR

Modérateur : Catherine Détrie

  • 9h30 Valérie Beaudoin, France Telecom R&D, Laboratoire TECH/SUSI :

De la parole et défilé de l’écrit : tension dans la performance
powerpoint

  • 10h15 Chantal Charnet, Université Paul Valéry Montpellier III, Laboratoire Praxiling, ICAR, UMR 5191, CNRS-Montpellier 3 :

Usages et usagers d’Espaces Numériques de Travail (ENT) : procédures de mise en scènes d’activités d’usage

  • 11h Pause café
  • 11h15 Julia Velkovska, France Telecom R&D, Laboratoire TECH/SUSI :

Produire le chat comme un média du direct. Sociologie de l’engagement dans l’écriture synchrone sur internet

  • 12h Marc Relieu, Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications / Institut Eurecom :

Engagements et participation des enfants dans des conversations visiophoniques domestiques

  • 12h45 Pause repas

Après-midi

  • Modérateur : Bertrand Verine
  • 14h00 Christian Licoppe, Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications / Institut Eurecom :

Installer une audience à distance, par visioconférence. Premiers éléments de réflexion

  • 14h45 Karine Lan Hing Ting, Université Paul Valéry Montpellier III, Laboratoire Praxiling, ICAR, UMR 5191 CNRS-Montpellier 3, Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications /
    Institut Eurecom :

Deux studios radiophoniques séparés par une vitre : une parole-eninteraction à visée collaborative entre les participants

  • 15h30 Pause café
  • 15h45 Bertrand Horel, France Telecom R&D, Laboratoire TECH/SUSI :

MMS : le choix des mots, le toc des photos ? Circulatio Interruptus

  • 16h30 Julie Denouël, Université Paul Valéry Montpellier III, Laboratoire Praxiling, ICAR, UMR 5191, CNRS-Montpellier 3, France Telecom R&D, Laboratoire TECH/SUSI :

Réflexivité entre technologie et interaction : la matérialisation des unités linguistiques dans des échanges sur messagerie instantanée

  • 17h15 Bruno Bonu, Université Paul Valéry Montpellier III, Laboratoire Praxiling, ICAR, UMR 5191, CNRS-Montpellier 3, France Telecom R&D, Laboratoire TECH/SUSI :

Présentation de prototypes lors de processus d’innovation : parole publique, explication, simulation

Résumé des Interventions

Valérie Beaudoin

valerie.beaudoin@rd.francetelecom.com

Flux de la parole et défilé de l’écrit : tension dans la performance powerpoint Conçu initialement comme un support visuel accompagnant une présentation orale, le jeu de transparents tend à devenir un document à part entière autoporteur de sa signification, comme en témoigne son aisance à circuler entre les messageries électroniques ou à être publié sur le réseau. Cette double fonctionnalité (béquille à une présentation orale versus document autoporteur) crée des tensions très sensibles d’une part dans les présentations orales où l’alignement entre ce qui est dit et ce qui est écrit est une épreuve pour l’orateur comme pour l’auditoire et d’autre part dans la circulation des powerpoint sur les réseaux, où la perte de l’orateur crée des distorsions dans l’appréhension du sens. En s’appuyant sur une série d’observations ethnographiques de réunions et d’échanges autour de powerpoint, nous identifierons là où se jouent ces tensions ainsi que les efforts de réparation des acteurs.

Bruno Bonu

bruno.bonu@rd.francetelecom.com

Présentation de prototypes lors de processus d’innovation : parole publique, explication, simulation

Une présentation publique de prototype implique pour la personne ou le groupe qui produit la démonstration plusieurs possibilités et limitations interactionnelles. En fait, le locuteur doit sans cesse traiter et adapter constamment son action à différents domaines d’activité et de signification. Ces domaines sont pris en compte et rendus publics dans le comportement du locuteur en action de deux manières. Le premier ensemble de méthodes nécessaires à cette adaptation systématique concerne l’attention du public qui doit être attirée et maintenue. De plus, dans les cas de co-présentation le locuteur doit gérer la participation d’autres locuteurs. La seconde classe de méthodes se greffe sur la précédente et porte à la fois sur les explications nécessaires à la présentation ainsi que sur les simulations d’usages attendus que le participant peut accomplir respectivement « avec » un Espace Numérique de Travail universitaire, « sur » un simulateur de la taille de la vigne et « dans » un dispositif visiophonique qui relie deux espaces distants. Nous étudierons les formes séquentielles que le comportement du locuteur va mettre en place dans le passage de l’explication à la simulation par la prise en compte des dimensions spatiales du dispositif.

Chantal Charnet

chantal.charnet@univ-montp3.fr

Usages et usagers d’Espaces Numériques de Travail (ENT) : procédures de mise en scènes d’activités d’usage

Les Espaces Numériques de Travail (ENT) comme le précise le Schéma Directeur des ENT (2004) « fournissent à chaque usager un accès personnel à un ensemble de services en ligne » (13) ; chacun d’entre eux est adapté aux usagers auxquels ilss’adressentc’est-à-dire,touteslescatégoriesdesacteurs universitaires. Aussi la mise en place des ENT demande aux concepteurs et aux formateurs d’anticiper les usages pour chacune de ces catégories. C’est pourquoi, nous nous proposons d’examiner le contexte et les modalités de production dans lequel sont observés quelques usages prévus pour certaines catégories d’usagers et d’analyser quelques procédures de mise en scène d’activités encore supposées. La méthodologie de recherche présentée dans cet exposé se fonde sur l’observation ethnographique de séquences d’activité enregistrées en contexte (Goodwin et Goodwin 1997 ; Heath et Luff 1995) dans les différentes étapes de conception et de mise en place du processus. Cette communication s’inscrit dans les recherches développées par le projet de recherche ENTICE : « Pratiques attendues et usages réels des environnements numériques dans la mise en œuvre et le déploiement de l’Université Numérique en Région Languedoc- Roussillon (UNRLR) » (http://recherche.univ-montp3.fr/entice)

Julie Denouël

julie.denouel@rd.francetelecom.com

Réflexivité entre technologie et interaction : la matérialisation des unités linguistiques dans des échanges sur messagerie instantanée

L’émergence croissante d’outils de communication témoigne d’un lien spécifique entre l’interaction sociale et l’utilisation de dispositifs techniques. Les logiciels de messagerie instantanée (MI) permettent ainsi à des personnes distantes d’interagir au moyen de canaux de communication multimodaux (textuel, audio, vidéo) et de créer des espaces d’interaction dyadique et synchrone alors que leurs espaces écologiques sont disjoints. Selon les orientations de l’analyse conversationnelle d’inspiration ethnométhodologique, je propose d’observer des échanges réalisés sur MI, et de voir comment les participants produisent et organisent leurs contributions textuelles en relation avec le design de l’interface technologique. Basée sur l’analyse d’enregistrements vidéo d’interactions domestiques en MI, cette étude vise à figurer l’accomplissement situé des interventions écrites. Je montrerai comment les interactants organisent syntaxiquement leurs énoncés en fonction de schémas conversationnels spécifiques et de la configuration spatiale de l’interface. La structuration des unités linguistiques révèle ainsi un rapport réflexif entre la progression interactionnelle et les espaces graphiques réservés aux items textuels. L’observation de ces données me permettra d’interroger le rôle interactionnel de l’interface dans les échanges, et la matérialité des unités linguistiques dans des situations de communication technologisées.

Bertrand Horel

bertrand.horel@rd.francetelecom.com

MMS : le choix des mots, le toc des photos ? Circulatio Interruptus La complexité intersémiotique et intermédiatique qui régit le MMS (message multimédia mobile) dans son fonctionnement et sa circulation auprès des utilisateurs, offre une occasion inédite de confronter les outils sémio-linguistiques aux théories des Sciences de l’Information et de la Communication. En effet, le MMS s’inscrit autant dans la métamorphose médiatique de la photographie (amorcée avec le numérique), propulsant ainsi la production de MMS dans la sphère de l’amateurisme créatif, que dans la logique de l’interaction communicationnelle médiatisée asynchrone. Une approche par les contenus réellement échangés (image et texte) et par l’analyse vidéo des données contextuelles de rédaction des MMS autorise-t-elle la mise en exergue de prédilections sémiotiques individuelles dans les échanges d’images mobiles ? Dans quelle mesure la morphologie des terminaux intervient-elle dans la trivialité des photos recueillies et la pauvreté des échanges observés ?

Deux studios radiophoniques séparés par une vitre : une parole-en-interaction à visée collaborative entre les participants

La vitre séparant les studios de production et de diffusion, limite l’accès sonore mais permet l’accès visuel entre les participants sur leur lieu de travail. De ce constat, j’ai analysé dans le détail de l’interaction in vivo, les ressources linguistiques, gestuelles, manipulatoires, écrites et technologiques des acteurs. Interroger l’organisation du parler-en-interaction est primordiale pour comprendre les activités sociales réelles. J’explore par une approche conversationnelle d’inspiration ethnométhodologique les multiples façons dont la technologie peut avoir un effet (ou une influence) sur nos pratiques ordinaires de communication. J’ai donc centré ma recherche, en m’inspirant des Workplace Studies, sur l’aspect collaboratif et coordonné de l’organisation sociale du travail dans un environnement technologisé. Tout en considérant la part de parole publique diffusée en conditions de direct, je me suis d’abord intéressé au côté « coulisse » de la radio plutôt qu’à son aspect « avant-scène ». Cet article vise à rendre visible la frontière perméable entre le travail individuel et le travail collaboratif. Par une analyse d’un corpus d’enregistrements vidéo et d’observations ethnographiques, je questionne les deux aspects, à la fois de « talk as work » et de « talk at work », dans un media parlé, entre collègues en situation de travail.

Christian Licoppe

christian.licoppe@enst.fr

Installer une audience à distance, par visioconférence. Premiers éléments de réflexion

Cette communication a pour but d’étudier des séquences vidéo montrant les procédures pratiques par lesquelles les acteurs de la Justice collaborent pour installer les audiences, dans des situations où les participants occupent des lieux différents et sont reliés par un système de vidéoconférence. On comparera cette situation aux ouvertures d’audience en co-présence, dans un prétoire, marquées par une forte ritualisation et centrées sur l’utilisation quasi-systématique d’un des actes de langage les plus paradigmatiques au sens d’Austin : « l’audience est ouverte » ou « je déclare l’audience ouverte ».

Marc Relieu

relieu@enst.fr

Engagements et participation des enfants dans des conversations visiophoniques domestiques

En nous basant sur l’examen de fragments issus d’un corpus de conversations visiophoniques domestiques sur téléviseurs, nous proposons d’étudier les modes d’engagement et de désengagement des enfants durant les appels. En effet, l’étude de ces participations permet de caractériser les potentialités conversationnelles issues de la dimension visuelle de ces appels. Au cours de ces échanges, initiés et dirigés par les adultes, il est fréquent que des enfants apparaissent ou disparaissent du champ. On distinguera quatre cas de figure, selon que la famille entière se rassemble dès le début de l’appel, que les parents s’efforcent de faire parler leurs enfants, que ceux-ci prennent l’initiative de participer à la conversation, ou bien que les locuteurs distants les interpellent directement.

Julia Velkovska

julia.velkovska@rd.francetelecom.com

Produire le chat comme un média du direct. Sociologie de l’engagement dans l’écriture synchrone sur internet

La plupart des études récentes qualifient les chats (échanges écrits et synchrones) négativement, par ce qu’ils ne sont pas. Ils sont présentés comme un média « pauvre » par rapport à la conversation en face à face et sont souvent considérés comme des bavardages futiles comparativement aux échanges structurés thématiquement. Ces démarches comparatives et discriminantes occultent les activités des participants qui, par l’envoi des messages, s’engagent à manifester leur présence, à maintenir le rythme, à passer un moment ensemble, à construire des liens. L’approche procédurale mise en œuvre dans ma recherche caractérise le chat positivement au double sens de ce terme. D’une part, elle montre ce que les participants font, ainsi que les manières dont ils le font. D’autre part, elle souligne que leur engagement ne s’accomplit pas par opposition à d’autres formes de communication : en dépit de l’évanescence des contenus, le chat suscite des engagements intenses, observables à la fois dans le rythme des activités à l’écran et dans les descriptions produites dans les entretiens menés avec des chatteurs. Le chat apparaît ainsi comme une communication phatique produite par l’écriture électronique synchrone dont l’analyse ne peut pas reposer sur les seuls contenus échangés. La question « de quoi parlent-ils » est donc impertinente pour les chats. Par contre, il est possible de se demander « comment font-ils pour parler » afin d’élucider comment ces activités de communication routinières engagent leurs participants. Cette recherche montre que pour rendre compte des interactions électroniques (synchrones, mais aussi asynchrones) il convient de les décrire indépendamment de modèles idéaux (tels que les échanges thématiquement structurés et la conversation en face à face), par rapport auxquels elles feraient figure de modes de communication appauvris. Il en ressort que la communication sur internet ne se réduit pas à l’échange de contenus. En conséquence, les méthodes d’analyse de contenu manquent la dimension centrale de cette pratique : sa structure temporelle. Plus largement, la démarche praxéologique suivie au cours de cette enquête indique que les pratiques de communication et la consommation des médias ne peuvent pas être élucidées de manière satisfaisante par la seule analyse des contenus échangés. Pour en rendre compte, il convient de s’intéresser aux activités des participants, en tant qu’elles déterminent des situations, c’est-à-dire qu’elles proposent d’entretenir un rapport particulier aux contenus, aux protagonistes de l’échange et aux outils de communication.

10 avril

  • Pierre Larrivée

La négation n’est ni monophonique ni polyphonique, bien au contraire !

Argument de la conférence :

La polyphonie est un paramètre important du sens linguistique, tant dans ses implications théoriques que dans son extension empirique. La négation est particulièrement concernée, et je montrerai les lieux d’interaction multiples entre elle et la polyphonie. Pour autant, les deux catégories restent bien distinctes, et sans même faire appel aux faits psycholinguistiques, la négation de constituant, les interprétation explétives, modales et de degré montrent que la négation n’est en elle-même ni monophonique, ni polyphonique. On peut ainsi mieux apprécier la contribution de chaque catégorie dans le feuilletage interprétatif.

  • Elisabeth Motte-Florac et Mohamed Embarki

Langues et Identités dans le bassin méditerranéen

Argument de la conférence :

Le bassin méditerranéen a connu durant les deux derniers millénaires de profonds changements démographiques, culturels et linguistiques liés aux mouvements migratoires des populations, au contact et au donc au mélange des langues et des cultures résultant en situations de plurilinguismes et d’interculturalité. Ces situations présentent un réel intérêt de recherches dans la mesure où elles sont source d’échange et de mixages mais également cause de tensions et de conflits. Dans ce contexte, les langues sont autant de lieux où vont se concrétiser des points de vue sociolinguistiques particuliers, les formes linguistiques traduisant de façon privilégiée les stratégies identitaires des locuteurs. Les recherches pluridisciplinaires menées dans le cadre de l’axe 3 du laboratoire ICAR-Praxiling (axe : « Langues, Discours & Interculturalité » dirigé par Melissa Barkat-Defradas) s’intéresse au langage en tant que vecteur de l’identité sur le terrain euro-méditerrannéen à différents niveaux de la langue (phonologique, lexical...). Dans ce séminaire, deux participants à l’axe 3 aborderont la question de l’identité à travers la langue.
Au plan phonologique, Mohamed Embarki (MCF à Université Paul Valéry, Montpellier 3) montrera que des traits phonologiques anciens semblent avoir résisté à ces changements, aidés en cela par un fort attachement identitaire. La configuration de l’espace ville est loin d’être étrangère aux processus de fusion et d’éclatement des catégories phonologiques. Les traits anciens, épargnés jusque-là, semblent évoluer sous la pression des modifications urbanistiques. Cette évolution donne lieu à des représentations sociolinguistiques différentes chez les deux sexes. Ce sont ces profils de genre qui seront présentés dans un premier temps. Dans un second temps, Elisabeth Motte-Florac (MCF à l’université de Pharmacie de Montpellier 1) s’intéressera au niveau lexical car comme l’écrivait Linné en 1755 « si tu ignores le nom des choses, même leur connaissance disparaît » (Linné 1755). À travers un exemple du domaine de la thérapeutique, elle abordera la construction d’une identité de référence, celle des sciences pharmaceutiques actuelles, et montrera comment, au cours de plusieurs millénaires, oralité et écriture, ordinaire et savant, empirique et scientifique, officieux et officiel, se sont croisés, mêlés et enrichis dans le Bassin méditerranéen, avant de se figer dans l’antonymie, opposant dans une rivalité dramatiquement néfaste les langues, les cultures et les identités.

vendredi 14 avril

  • Bénédicte Laurent soutient sa thèse, salle 203, rue abbé de l’Épée, à 14 heures.

Sujet :

Nom de marque, nom de produit, production de sens en discours publicitaire

Résumé :

Le nom de marque et de produit (Nmp) est un objet d’étude fréquent en économie et en droit mais bien plus rare en linguistique. Nous nous intéressons au pouvoir du nom et à la présentation linguistique de l’entité nominale, ce à travers (i) l’étude des fonctions magiques du langage, tant d’un point de vue anthropologique, rhétorique qu’avec les travaux de Jakobson et ceux de la pragmatique, et (ii) les différentes compréhensions de la catégorie nominale et du nom propre, en présentant l’approche fixiste de la théorie classique puis les perspectives dynamiques, telle que la praxématique. Enfin nous reprenons la présentation générale du Nmp dans les ouvrages de linguistique française (iii) et discutons les analyses réalisées autour de cette problématique.
Deuxièmement, nous proposons d’étudier les concepts de « nom » et de « marque », et leurs rapports dans le monde économique, juridique et commercial afin de mieux saisir ensuite les mécanismes et les fonctionnements linguistiques en discours publicitaire. Notre troisième partie converge alors ces deux axes d’étude en proposant des analyses linguistiques sur corpus de la production de sens du Nmp. Nous examinons (i) l’influence de la contextualisation du Nmp sur la production de sens, (ii) l’oscillation de cette entité nominale entre rupture et respect des règles linguistiques, (iii) nous comparons le Nmp au nom propre prototypique révélant une forme d’hybridation linguistique, (iv) nous analysons la dialectique du même et de l’autre pour (v) souligner et étudier le dialogisme atypique de la nomination. À ces analyses de la production de sens en contexte, s’ajoute l’analyse assistée par ordinateur de la quasi-totalité des noms déposés entre 1961 et 2003 à l’Institut National de la Propriété Industrielle, dans le cadre d’une convention de recherche. Cette analyse vise à déterminer la récurrence des lettres, caractères spéciaux et chiffres, la proportion de néologismes, les évolutions graphiques et sémantiques au fil du temps, selon les classes de dépôt, etc.

15 mai

  • Réunion d’équipe

22 mai

Séminaire « Voix »

14h-15h30

  • Claire Maury-Rouan et Robert Vion (Université de Provence)

Il n’est pas interdit de traverser les voix

Argument de la conférence :

A la recherche de la présence de l’Autre dans la production d’un discours, l’analyse des paroles d’un même locuteur enregistré tantôt en monologue, tantôt en face à face permet de mettre en évidence différents modes d’altérité.
On relève des traces en écho d’un débat implicite, caractéristiques d’un dialogisme ni « montré » ni « constitutif », mais « affleurant ». Nous nous proposons de repérer les différentes acceptions de la notion de « voix » à travers les phénomènes de marquage de la position énonciative du locuteur dans les discours produits (y compris avec effacement énonciatif).
Nous aborderons les phénomènes de distanciation vis à vis d’un discours ainsi que les phénomènes d’ancrage dialogique et polyphonique de ces discours mis en scène.

15h30-17h

  • Bertrand Verine

Usons de la dimension vocale jusqu’à la corde : des changements de voix dans le discours rapporté direct à l’oral

Argument de la conférence :

Cette contribution partira d’un double paradoxe : (i) le concept de voix a été élaboré pour rendre compte du dialogisme (ou de la polyphonie) des textes écrits, (ii) les voix se trouvent le plus souvent mises en relation avec les énonciateurs en tant qu’instances de prise en charge du contenu sémantique et pragmatique des énoncés. La voix ne serait-elle donc qu’une métaphore ? Une telle hypothèse méconnaîtrait le double fait qu’à l’oral la voix reste avant tout une propriété du locuteur comme instance d’actualisation matérielle de l’énoncé, et que la prise en charge énonciative se marque aussi par l’intonation, voire uniquement par elle dans des configurations aussi répandues que l’interrogation totale sans inversion, l’injonction sans verbe ou le discours rapporté direct sans proposition rectrice. Je montrerai que la vocalité des citations directes, qu’elles soient ou non explicitement introduites, constitue à l’oral un champ encore peu défriché (1), dont l’apparente trivialité (2) ne doit pas masquer la grande complexité (3). Je proposerai de faire de la dimension vocale, comprise littéralement et dans tous les sens, une catégorie de marqueurs interagissant de manière plus ou moins saillante avec les autres marqueurs (syntaxiques et lexicaux) de l’hétérogénéité énonciative montrée.

29 mai

14h-15h30

  • Audrey Lauze et Adeline Patard

L’inférence de la causalité en discours : pour une explication aspectuelle

Les relations discursives et plus particulièrement les relations causales ont fait l’objet de nombreuses études ces dernières années dans des cadres théoriques divers (DRT, SDRT, TOPE, théorie de la pertinence). On s’est notamment interrogé sur les rôles que jouent ces relations dans la cohérence et dans l’organisation temporelle d’un discours.

Nous nous intéresserons ici à l’émergence de la relation causale en l’absence de marqueur explicite et aux conditions qui rendent possibles ou non cette émergence. Par exemple :

A Minsk, l’opposition dénonce la mascarade électorale (P1 = conséquence)

En Biélorussie, le président Loukatchenko a été réélu avec 82.6 % des voix. (P2 = cause)
(Libération, 21 mars 2006)

Nous tenterons de montrer qu’en dehors des contraintes pragmatiques - existence d’un « scénario pragmatique » (Amiot 1997) ou d’un « script » (Molendijk et Swart 1999) - l’interprétation d’une relation causale entre deux procès (P1 et P2) dépend essentiellement de facteurs aspectuels : temps verbal, type de procès, nature aspectuelle de la relation causale.

15h30-17h

  • Pascal Somé

Français écrit du Burkina Faso et potentialités du système des temps du français

Argument de la conférence :

Les romanciers francophones du Burkina Faso exploitent plus ou moins consciemment les potentialités du système temporel du français au point de produire des emplois qu’on pourrait qualifier de « non standard ». Cette communication a pour but de faire le point sur ces « zones de turbulence » dans le fonctionnement textuel des temps.

Le corpus est constitué d’une trentaine de romans, soit la quasi totalité des romans burkinabè publiés entre 1962 (date de publication du premier roman burkinabè) et 1995. La plupart de ces textes ayant été publiés par des imprimeries locales sans comité de lecture, ils ont l’avantage, du point de vue qui nous occupe ici, de refléter des usages individuels non corrigés par des spécialistes.

L’appui théorique principal choisi est la sémantique instructionnelle des temps développée en deux temps par Gosselin 1996 et Gosselin 2005. La puissance explicative de ce modèle et sa souplesse le rendent particulièrement efficace d’une part pour rendre compte de certains emplois temporels qu’on aurait tendance à stigmatiser trop rapidement, d’autre part pour expliquer les problèmes d’interprétation que posent certains énoncés et qui sont liés à l’emploi des temps.

L’analyse tient compte d’autres travaux comme le précise la bibliographie suivante donnée à titre indicatif.

Bibliographie

ADAM J-M. , Le style dans la langue. Une reconception de la stylistique, Dalachaux et Niestlé, Lausanne-Paris 1997.

ADAM J-M. , LUGRIN G. , REVAZ F. , « Pour en finir avec le couple récit/discours », in Pratiques n° 100, décembre 1998, pp. 81-98.

BENVENISTE E. , « Les relations de temps dans le verbe français » dans Problèmes de linguistique générale , t. 1 , Gallimard, Paris, 1966, pp. 237-250.

BERTHONNEAU A.-M et KLEIBER G., « Subordination et temps grammaticaux : l’imparfait en discours indirect », Le Français moderne 65, pp. 113-141.

CAITUCOLI C., « Passé simple et passé composé dans Le Miel Amer de Jean-Baptiste Somé » in Annales de l’Université de Ouagadougou, 1988, Série A (Sciences Humaines et Sociales), numéro spécial, pp. 261-275.

DAGNAC, A. « Temps et personne en discours indirect : les limites d’un africanisme », Le français en Afrique, revue du ROFCAN n° 13, Didier-érudition, 1999, pp.129-144.

GANDONOU A. , Le roman ouest-africain de langue française. Etude de langue et de style, Karthala, Paris, 2002.

GOSSELIN L., Sémantique de la temporalité en français. Un modèle calculatoire et cognitif du temps et de l’aspect, Duculot, Bruxelles, 1996.

GOSSELIN L., Temporalité et modalité, Duculot, Bruxelles, 2005.

LAFAGE S., « Le français en Afrique noire à l’aube de l’an 2000 : éléments de problématique », Revue du ROFCAN, n° 13, Didier-érudition, 1999, pp. 163-177.

PRIGNITZ G., « Les limites de la transposition en français d’un univers culturel africain à partir d’un roman burkinabè, l’Epave d’Absouya de J.-P. Bazié » dans Ch. Albert (dir.), Francophonie et identités culturelles, Karthala, 1999, pp. 147-162.

REVAZ F. , « Passé simple et passé composé : entre langue et discours » in Etudes de linguistique appliquée, 1996, n° 102, pp.175-198.

ROSIER L., WILMET M., « La “concordance des temps“ revisitée ou de la “concordance“ à la “convergence “ », Langue française 138, pp.97-110.

SANWIDI H., « Trois écrivains burkinabè et la langue française » in Cahiers de linguistique sociale, 1993, numéro spécial (Le français au Burkina Faso), CNRS Université de Rouen, Coll. Bilans et perspectives, pp.103-115.

SOMÉ K. P. , Temporalité verbale et récit. Le fonctionnement du système verbal du français dans les romans burkinabè, Thèse de doctorat, Université de Cergy-Pontoise, 1998.

SOUBIAS P., « Entre langue de l’autre et langue à soi » dans Ch. Albert (dir.), Francophonie et identités culturelles, Karthala, 1999, pp.119-135.

8-10 juin

Colloque de l’AIPL, organisé par J. Bres

Psychomécanique et linguistiques cognitives ; psychomécanique et analyse textuelle

8 au 10 juin 2006

XIe Colloque de l‚Association Internationale de Psychomécanique du Langage

Université Paul-Valéry, Salle Jourda et BRED 20

PROGRAMME

Jeudi 8 juin 2006

  • 08h30-09h00 Accueil
  • 09h00-10h15 Conférence plénière

Catherine Fuchs (LATTICE, CNRS / ENS Paris)

La psychomécanique est-elle une linguistique cognitive ?

  • 10h15-10h30 Pause

Atelier 1 : Psychomécanique et linguistiques cognitives

Présidence de séance : Claude Guimier (Caen)

  • 10h30-11h00 Francis Tollis (Pau), Gustave Guillaume : du « psycholo-gisme » au mentalisme ?
  • 11h00-11h30 Mathieu Valette (Nancy), Concepts et thèmes cognitifs dans la théorie de Gustave Guillaume : frontières et recouvrements
  • 11h30-12h00 José Manuel Catarino Soares (Lisbonne), Cognition et connaissance au prisme de l‚épistémologie évolutive et de la psychosystématique du langage
  • 12h00-12h30 Dennis Philps (Toulouse), La condition invariante en tant que transmutation linguistique de l‚expérience

Atelier 2 : Approches psychomécaniques

Présidence de séance : Marc Wilmet (Bruxelles)

  • 10h30-11h00 Alvaro Rochetti (Paris III), Les morphologies paradoxales dans les langues romanes : réflexions sur le tenseur binaire radical
  • 11h00-11h30 Giancarlo Gerlini (Lille III), L’alternance -i / -e dans la syntaxe des clitiques de l’italien
  • 11h30-12h00 Louis Begioni (Lille III), Les constructions verbales Verbe + Indicateur spatial, des dialectes de l‚Italie du nord à la langue italienne
  • 12h00-12h30 Georges Dorlian (Liban), Le verbe et la phrase en arabe
  • 12h30-14h00 Déjeuner

Atelier 1 : Psychomécanique et linguistiques cognitives

Présidence de séance : Joseph Pattee (Québec)

  • 14h00-14h30 Jacques Bres, Audrey Lauze (Praxiling, Montpellier III), La relation d‚inclusion et les temps verbaux du passé en français : aspect ou point de vue ?
  • 14h30-15h00 Adeline Patard (Montpellier III), Ascendance et descendance : Quelle pertinence cognitive pour l‚analyse du temps verbal ?
  • 15h00-15h30 Renée Tremblay (Québec), Aux sources cognitives des catégories grammaticales nom et verbe : la représentation de l’espace et du temps
  • 15h30-16h00 Marie-Luce Honeste (Saint-Etienne), Une interprétation des prolongements possibles de la théorie guillaumienne à la sémantique lexicale
  • 16h00-16h30 Paul Siblot (Montpellier III), Le propre du nom : Incidence interne et propriétés de la catégorie nominale
  • 16h30-17h00 Didier Bottineau (Caen), La fonction syntaxique en typologie cognitive : esquisse d’une systématique

Atelier 2 : Approches psychomécaniques

Présidence de séance : Francis Tollis (Pau)

  • 14h00-14h30
  • 14h30-15h00 John Hewson (Memorial University of Newfoundland, Canada), L’aspect situatif
  • 15h00-15h30 Daouia Hanachi (Constantine) et Teddy Arnavielle (Montpellier III), Le circonstant : problèmes de support et hypothèses sur la genèse de la phrase
  • 15h30-16h00 Dan Van Raemdonk (Université libre de Bruxelles), Syntaxe de la phrase et structures intégratives
  • 16h00-16h30 Sylvianne Rémi-Giraud et Hugues de Chanay (Lyon II), Incidence, deixis, et « signes situationnels »
  • 17h-17h30 Pause
  • 17h30-18h45 Conférence plénière

Walter Hirtle (Université Laval)

La psychomécanique du langage et le cognitivisme

Vendredi 9 juin 2006

  • 08h30-09h45 Conférence plénière

Marc Wilmet (Université Libre de Bruxelles)

Comment peut-on être guillaumien ?

  • 09h45-10h00 Pause

Atelier 1 : Psychomécanique et linguistiques cognitives

Présidence de séance : Catherine Fuchs (CNRS)

  • 10h00-10h30 Maurice Toussaint (Paris), Vers plus de cognition
  • 10h30-11h00 Anne-Michèle Gratton (Montpellier III), Psychomécanique du langage ou psycholinguistique « intuitionnelle » et cognitive ? Représentations en mémoire et production linguistique : approche « intuitionnelle » et cognitive de l’anaphore pronominale
  • 11h00-11h30 Patrick J. Duffley (Université Laval), Guillaume et Langacker : des idées sur « to »
  • 11h30-12h00 Bélinda Lavieu (Nanterre), De la linguistique cognitive à la psychomécanique du langage : la notion de « moyen » illustrée par la préposition à
  • 12h00-12h30 Claude Guimier (Caen), La préposition : approche psychomécanique et approche cognitiviste

Atelier 2 : Psychomécanique et analyse textuelle

Présidence de séance : Louise Guenette (Québec)

  • 10h00-10h30 Jeanne-Marie Barberis (Montpellier III), Peut-on parler d’actualisation du texte ? Quelques propositions
  • 10h30-11h00 Laurence Bougault (Rennes II), L’apport de la psychomécanique dans la compréhension de la généricité textuelle : l’exemple de la personne en poésie moderne
  • 11h00-11h30 Moshé Tabachnik (Tel Aviv), « Cette noble pudeur colorait son visage » : regard psychomécanique sur la temporalité des connecteurs textuels
  • 11h30-12h00 Walter Hirtle (Université Laval), Le pronom en anglais et l’analyse textuelle
  • 12h00-12h30 Laurence Rosier (Université libre de Bruxelles) et Marie-Anne Paveau (Amiens), Analyse du discours, psychomécanique et cognition
  • 12h30-14h00 Déjeuner

Atelier 1 : Psychomécanique et linguistiques cognitives

Présidence de séance : Sylvianne Rémi (Lyon II)

  • 14h00-14h30 Pierrette Vachon-L‚Heureux (Québec), La notion d’effection en psychomécanique du langage essai de définition

14h30-15h00 Guy Cornillac (Chambéry), L’acte de langage : un acte cognitif

  • 15h00-15h30 Anne-Rosine Delbart (Université libre de Bruxelles), Chronogénèse et enseignement-apprentissage du mode subjonctif
  • 15h30-16h00 Olivier Duplâtre (Paris IV), Systématique verbo-temporelle en langue allemande
  • 16h00-16h30 Pilar Sarazá-Cruz (Cordoue), Le temps in posse : analyse et applications à la traduction en langue espagnole
  • 16h30-17h00 Annette Vassant (Paris), L’usage de la commutation dans l’établissement de faits linguistiques

((Atelier 2 : Approches psychomécaniques))

Présidence de séance : Alvaro Rocchetti (Paris III)

  • 14h00-14h30 Marc Arabyan (Limoges), Bréal critique de Bopp : aux origines de la linguistique générale
  • 14h30-15h00 André Jacob (Paris X), Portée d’une linguistique cinétique
  • 15h00-15h30 Sophie Sarrazin (Montpellier III), Onomasiologie et sémasiologie dans la théorie guillaumienne de la négation
  • 15h30-16h00 Marie-France Delport (Paris IV), De deux définitions de la langue et des implications théoriques et méthodologiques de chacune
  • 16h-16h30 Pierre Blanchaud (Aachen), Matière et forme en langue et en effection II
  • 16h30-17h
  • 17h00-17h30 Pause
  • 17h30-19h30 Assemblée générale de l‚AIPL

Samedi 10 juin 2006

  • 09h00-10h30 Table ronde animée par Catherine Fuchs (CNRS Paris), Walter Hirtle (Québec), Marc Wilmet (Bruxelles) avec les présidents de séance.
  • 10h30-11h30 Présentation du site web de l‚Association par Marc Arabyan
  • 11h30-12h30 Présentation du site du Fonds Gustave-Guillaume par Pierrette Vachon-L‚Heureux et Renée Tremblay

12 juin

  • Mathieu Lafourcade et Stéphane Riou

Thématique générale : Des vecteurs conceptuels à l’analyse du discours

De 14h à 15h30

  • Mathieu Lafourcade

Analyse sémantique de textes et algorithmes à fourmis : Une approche
holistique pour calculer quelques phénomènes linguistiques

Argument de la conférence :

Après avoir défini l’analyse sémantique et ses applications du point de
vue informatique nous présenterons l’analyse thématique à l’aide des
fourmis au travers de trois axes : les vecteurs conceptuels, les arbres
morphosyntaxiques et la création de ponts. Nous entrerons ensuite dans
le fonctionnement de l’algorithme fourmi et de son couplage avec le
réseau lexical. Nous terminerons par diverses pistes de recherche
autour de la production des différentes castes de fourmis, de
l’auto-arrêt du système et de du phénomène d’inhibition.

De 15h30 à 17h

  • Stéphane Riou

Relations entre vecteurs conceptuels, algorithmes fourmis et analyse du discours : Monsieur Jourdain, l’informatique et la praxis

Argument de la conférence :

Dans une première partie nous questionnerons la définition de la
praxis. Puis nous essayerons de démontrer en quoi le système développé
par Mathieu Lafourcade appartient à la dynamique du sens : en un mot,
nous avons à faire à un logiciel (le premier ?) praxématique.

Dans une deuxième partie nous exposerons les principes d’un nouveau
logiciel devant répondre à un double objectif : collecter et gérer les
corpus.