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Séminaires Praxiling 2016-2017

1er décembre 2016

Lundi 15 mai 2017, salle Jourda de 14h à 16h

  • Corinne Rossari, professeure à l’université de Neuchâtel
  • « Sens modal et sens concessif des formes épistémiques dans le cadre d’une approche quantitative et qualitative »

Résumé
Les formes épistémiques peuvent prendre différentes valeurs selon les contextes dans lesquels elles sont employées. Par exemple l’adverbe peut-être a une valeur épistémique dans un exemple comme Paul est peut-être malade et une valeur concessive dans un exemple comme Je suis peut-être une femme, mais je sais changer une roue de voiture. A priori ces deux sens semblent ne rien partager : dans le premier exemple, peut-être exprime une incertitude sur un état de choses, alors que dans le second aucun doute ne peut être émis sur l’état de choses exprimé par l’énoncé. Pour appréhender ces différents sens, nous utilisons un modèle d’analyse à trois niveaux (sémantique, énonciatif et rhétorique) ainsi qu’une méthodologie prenant en compte une étude qualitative fondée sur les propriétés distributives des formes, associée étroitement à une méthode quantitative permettant d’évaluer les fréquences relatives de ces formes ainsi que leur propension à intervenir dans certaines structures ou en cooccurrences avec d’autres formes. Nous verrons que les deux sens exemplifiés par peut-être sont le résultat d’une même indication s’activant à différents niveaux et, dans le cadre d’une approche quantitative, les raisons qui font qu’en français c’est peut-être et non d’autres adverbes épistémiques comme probablement ou vraisemblablement qui peut prendre une valeur concessive.

Lundi 22 mai 2017, salle Jourda de 14h à 16h

  • Sandra Lhafi, Université de Cologne
  • « La construction actancielle comme ressource sémantico-pragmatique : de la typologie à l’usage »

Résumé
Le sens que l’on peut relier à la construction transitive du point de vue typologique a fait couler beaucoup d’encre. De l’approche exclusivement sémantique (Hopper & Thompson 1980) à une vue nécessairement syntaxique (Lazard 1994, Kittilä 2002, Næss 2007), les chercheurs proposent une combinaison de différents traits sémantiques : entre autres, agentivité du référent du sujet, caractère affecté du référent de l’objet, realis du procès.
Il s’agit dans la présente intervention de faire refléter la construction transitive sujet-verbe-objet du français contemporain sur ce que l’on sait sur la transitivité sémantique en typologie. Malgré la fréquence élevée de cette construction, il a été suggéré qu’il existe un sens transitif. Je comparerai des paires de constructions, où une construction transitive peut être mise en parallèle avec une construction non transitive (oblique ou intransitive), et serai particulièrement intéressée par des cas où le locuteur a fait un choix de construction non standard. Il semble effectivement que le français contemporain utilise la construction transitive comme une ressource sémantico-pragmatique et cela surtout pour exprimer l’agentivité.

Hopper, Paul J. & Sandra A. Thompson 1980 : « Transitivity in grammar and discourse », Language 56. P. 251–299.
Kittilä, Seppo 2002 : Transitivity : towards a comprehensive typology, Yleisen kielitieteen julkaisuja 5, Turun yliopisto, Turku.
Larjavaara, Meri 2000 : Présence ou absence de l’objet : limites du possible en français contemporain, Humaniora 312, Annales Academiæ Scientiarum Fennicæ, Academia Scientiarum Fennica, Helsinki.
Larjavaara, Meri 2016 : « The semantic motivation of non-canonical predicative relations : the French transitive construction », Atypical predicate-argument relations, éd. Thierry Ruchot & Pascale Van Praet, Lingvisticæ Investigationes Supplementa 33, John Benjamins, Amsterdam - Philadelphia. P. 163–179.
Lazard, Gilbert 1994 : L’actance, Presses Universitaires de France, Paris.
Næss, Åshild 2007 : Prototypical transitivity, John Benjamins, Amsterdam - Philadelphia.

Le séminaire est organisé et animé par Maud Verdier, maître de conférence en sciences du langage.
Contact : maud.verdier@univ-montp3.fr

Les séminaires et les activités scientifiques des années précédentes sont archivés dans la rubrique « Archives ».