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Séminaires Praxiling 2018-2019

18 mars 2018

Lundi 17 décembre
Corinne Gomila, laboratoire Praxiling UMR 5267 UM3-CNRS
« L’épilinguistique et le métalinguistique dans le discours didactique sur la langue. Etude de quelques » on dit «  »

Résumé
RA l’appui des travaux fondateurs d’A. Culioli, de J. Rey Debove et de J. Authier Revuz, il s’agira tout d’abord de questionner la partition épilinguistique vs métalinguistique dans le discours didactique : les traits distinctifs habituellement proposés - inconscient/conscient, courant/spécialisé, non codé/codé - restent-ils opératoires en contexte scolaire ? Le discours sur la langue et le langage y est-il systématiquement métalinguistique ou participe t il aussi de l’activité épilinguistique ? Et si oui, sous quelles formes méta énonciatives cette activité se manifeste-t-elle ? S’agit il plutôt de glose, de reprise, de reformulation ou de formes de modalité autonymique ? Que dire du discours sur les mots de l’enseignant et des élèves quand il se fait de façon spontanée, non codifiée au fil des échanges ? Le recours au métalangage « naïf » est il alors la trace spontanée d’un discours épilinguistique ou au contraire la marque délibérément dialogique d’un discours métalinguistique ajusté à l’entendement des élèves ?
L’étude portera ensuite sur un énoncé définitoire typique du discours scolaire introduit par le segment on dit … et ses variantes on dira…, on dirait… dans un corpus constitué de plusieurs séances de classe de primaire allant de la maternelle au CM2. L’emploi de l’introducteur est singulier dans ce contexte didactique car, comme on peut le voir dans l’exemple suivant, on dit participe d’un discours sur la langue -il s’agit bien de définir le sens du verbe s’émerveiller qui repose sur la représentation des emplois du mot en question : on dit qu’on s’émerveille.
E […] quand on voit quelque chose c’est très beau on dit qu’on s’émerveille ça veut dire que c’est vraiment très très beau

La définition passe ici par la monstration des usages de la communauté discursive, proche en cela d’une zone repérée par J. Authier Revuz (2004 : 38) : « la zone d’un discours sur la langue comme somme d’usages […], où - via le » on « - émerge une représentation de la langue comme »discours autre du on«  ».
Après avoir répertorié les énoncés du corpus introduit par on dit et ses variantes, l’étude analysera leurs caractéristiques morphosyntaxiques, leurs propriétés sémantiques et leurs spécificités énonciatives - de la question du on à l’hétérogénéité montrée de l’énoncé, avant de voir en quoi ce type d’énoncé définitoire est essentiel au bon fonctionnement du discours didactique.

Bibliographie
Authier-Revuz J. (2004) « La représentation du discours autre : un champ multiplement hétérogène », Juan Manuel Lopez Munoz, Sophie Marnette et Laurence Rosier (éds), Le discours rapporté dans tous ses états, Paris, L’Harmattan, p. 36-53.

Culioli, A. (1979), « Conditions d’utilisation des données issues de plusieurs langues naturelle », Modèles linguistiques, I -1, 1979, p.89-103.

Gomez jordana S. et J. C. Anscombre J. C. (2015), « Dire et ses marqueurs », Langue française, n°186, Paris, Larousse.

Rey-Debove, J. (1997) : Le Métalangage. Paris, Armand Colin.

Rouanne L. Et J. C. Anscombre, (2016), Histoires de dire : petit glossaire des marqueurs formés sur le verbe dire ", Bern, Peter Lang.

Fabrice Hirsch, laboratoire Praxiling UMR 5267 UM3-CNRS
« L’apport des Humanités numériques à la phonétique... et réciproquement »

Avec l’utilisation des premiers kymographes et sonagrammes, la phonétique est devenue une science instrumentale dès la seconde partie du XIXè siècle. Si ces instruments ont traversé le XXè siècle en étant encore employés jusque dans les années 80, le développement de l’informatique et du numérique a largement contribué à révolutionner cette discipline. Les changements qui sont intervenus se sont notamment traduits par l’apparition de nouveaux outils (permettant parfois de travailler sur des données plus importantes en nombre), par l’utilisation de nouvelles mesures et aussi par la transposition sur supports numériques de pratiques employées initialement sur des données analogiques. L’objectif de cette présentation sera de revenir sur cette mutation en décrivant ses implications sur les études actuelles en production de la parole.

Lundi 11 Février
Jacques Bres & Christel Lebellec, laboratoire Praxiling UMR 5267 UM3-CNRS
« Du participe passé dans les constructions passive et analytique du français »

Dans un précédent travail (Bres et Le Bellec 2017), nous avons développé l’hypothèse que le participe passé (désormais p.p.) saisit, en un point de référence R, le temps interne du procès au terme de la phase processuelle, sur la borne terminale Et de l’intervalle du procès : [R = Et].

Nous analyserons dans cette communication le fonctionnement du p.p. dans la construction du passif périphrastique (Corinne est aimée plus que de raison) en le comparant au fonctionnement du p.p. dans la construction des temps analytiques (Corinne est venue). On tâchera de répondre aux questions suivantes :

  • Comment se fait-il que le p.p. soit partie prenante de ces deux constructions qui ne relèvent pas de la même catégorie grammaticale : de l’aspect pour les formes analytiques, de la diathèse pour le passif ?
  • Comment se fait-il que la même structure [être + p.p.] puisse réaliser la forme analytique des verbes « inaccusatifs » (Corinne est venue) ; et le passif des verbes transitifs (le repas est servi) ? Nous verrons notamment que être, auxiliaire dans les temps analytiques, est copule dans le passif.
  • Comment se fait-il que le p.p., impossible en emploi nu incident au prime actant des « inergatifs » (*Corinne dormie,) et des transitifs (*Corinne chanté), entre dans la construction analytique de tous les verbes, y compris les verbes inergatifs (Corinne a dormi tout le jour) et les verbes transitifs (en incidence au prime actant) (Corinne a chanté le Chant des partisans) ?
  • Comment se fait-il que le passif périphrastique au présent, suivant le contexte, puisse signifier le procès résultativement (À table ! le repas est servi !), ou processivement pour les téliques (le repas du soir est servi à 20h) ; et que cette distinction ne soit plus pertinente pour les atéliques (Aigues-Mortes est entourée de remparts) qui représentent le procès seulement processivement ?
  • Le p.p. est-il lui-même de sens passif dans la construction passive, comme le prétendent la plupart des grammairiens et des linguistes ?

Références bibliographiques

Apotheloz D. (2016), Sémantique du passé composé en français moderne et explorations des apports passé composé / passé simple dans un corpus de moyen français, Cahiers Chronos 28, 199-246.
Azzopardi S. et Bres J. (2017), Le système temporel et aspectuel des temps verbaux de l’indicatif (en français), Verbum, XXXIX, 1, 71-112.
Benveniste E., 1959 / 1966, Les relations de temps dans le verbe français, in Problèmes de linguistique générale, Paris : Gallimard, 237-257.
Benveniste, É. (1966) [1960]. Actif et moyen dans le verbe. Problèmes de linguistique générale. Paris : Gallimard,168-175.
Bres J. (2010). Polysémie ou monosémie du passé composé ? Actualisation, interaction, effets de sens produits. In : D. Stosic, N. Flaux, C. Vet (éds), Interpréter les temps verbaux. Bern, Berlin, Bruxelles, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien : Peter Lang, 161-180.

Eric Mélac, Université Paul-Valéry Montpellier 3 département LLCER
« La classification des changements linguistiques : comment redéfinir la grammaticalisation ? »

Résumé

Comme le reconnaissent Narrog et Heine dans leur introduction du Oxford Handbook of Grammaticalization (2011), la grammaticalisation est loin d’être un «  concept uniforme  », et «  de nombreuses définitions en ont été proposées  ». Une partie des controverses liées à cette notion s’explique par l’absence de consensus sur les critères qui permettent de distinguer le lexical et le grammatical. Quels que soient les critères adoptés, une vaste zone grise demeure, ce qui a conduit des auteurs comme Newmeyer (2000) ou Campbell (2001) à concevoir la grammaticalisation comme une notion épiphénoménale, qui recouvre différents changements linguistiques, eux-mêmes autonomes. Cependant, la littérature sur la grammaticalisation a pu faire émerger des principes propres au passage d’une forme lexicale à une forme grammaticale. Le principe d’unidirectionnalité (Lehmann 1995, Ziegeler 2004, Haspelmath 2004, Prévost 2003) connaît par exemple quelques exceptions (voir notamment Norde 2000, 2009), mais se confirme néanmoins dans la vaste majorité des cas. Il est en effet très rare qu’une forme grammaticale fasse chemin arrière pour redevenir une forme lexicale. Par ailleurs, lorsque l’on observe l’évolution sémantique qui accompagne le principe de grammaticalisation, on constate également que tous les domaines sémantiques ne sont pas représentés par des formes grammaticales. La grammaire encode des domaines sémantiques qui sont typiquement schématiques, tels que la temporalité, la direction, ou la causalité. Dans aucune langue du monde, on ne trouve d’auxiliaire, de flexion verbale, de déterminant ou de conjonction qui fasse référence à la faune, à l’anatomie ou aux couleurs. C’est typiquement par un processus de lexicalisation que les locuteurs adoptent de nouveaux outils linguistiques qui permettent de désigner des entités concrètes et spécifiques.
Des décennies de débat sur la grammaticalisation ont permis de mettre en lumière un certain nombre de paramètres associés à ce processus, et nous nous intéresserons ici à certains d’entre eux qui sont particulièrement récurrents dans la littérature : la hausse fréquentielle, la réduction, l’évolution sémantique, la mise en arrière-plan, l’obligatorification et la dé-catégorisation (Mélac 2014). À partir d’une définition restreinte de la grammaticalisation, il sera ensuite proposé une taxonomie du changement linguistique en six catégories : la lexicalisation, l’idiomatisation, la constructionnalisation, la cooptation, la grammaticalisation et la syntaxisation.

Références
Campbell, L., 2001. Grammaticalization : A critical assessment. Pergamon Press.
Haspelmath, M., 2004. On directionality in language change with particular reference to grammaticalization. Typological Studies in Language, 59, pp.17-44.
Lehmann, C., 1995 (1982). Thoughts on Grammaticalization. Munich : LINCOM Europa. (Originally : Institute für Sprachwissenschaft, Universität zu Köln, 1982.)
Mélac, É., 2014. L’évidentialité en anglais-approche contrastive à partir d’un corpus anglais-tibétain (Doctoral dissertation, Paris 3).
Narrog, H., & Heine, B. (Eds.), 2011. The Oxford handbook of grammaticalization. Oxford University Press.
Newmeyer, F.J., 2000. Deconstructing grammaticalization. Language sciences, 23 (2), pp.187-229.
Norde, M., 2000. Deflexion as a counterdirectional factor in grammatical change. Language Sciences, 23 (2), pp.231-264.
Norde, M., 2009. Degrammaticalization. Oxford University Press.Prévost, S. 2003. La grammaticalisation : unidirectionnalité et statut. Le Français Moderne - Revue de linguistique Française, CILF (conseil international de la langue française), 2 (71), p. 144-166.
Ziegeler, D., 2004. Redefining unidirectionality Is there life after modality ? In : Olga Fischer, Muriel Norde and Harry Perridon, Up and Down the Cline : The Nature of Grammaticalization. Amsterdam : Benjamins, pp.115-36.

Lundi 25 Février
Mélissa Barkat-Defradas, ISE-M, UMR5554, CNRS & Université de Montpelier
« The influence of sexual orientation and testosterone levels on speech acoustic features »

Résumé
Potential differences between homosexual and heterosexual men have been studied on a diverse set of social and biological traits. Regarding vocal acoustic features, researchers have hypothesized a feminization in homosexual’s speech production but have so far produced mixed results. Moreover, to our knowledge, studies investigating the potential effects of testosterone levels as a function of sexual orientation on speech acoustic features, as a mean to explain potential differences, are non-existent. Lastly, most of the studies on homosexual’s speech have been mostly conducted with English native speakers, which calls for an investigation in other cultures. In order to study these aspects, we compared testosterone levels (assessed through saliva samples) and vocal acoustic characteristics between homosexual and heterosexual native French men. Furthermore, we tested if homosexual men showed a feminization of such features by comparing them to heterosexual women. In addition to mean pitch and its modulation, we also investigated two other understudied acoustic features that is the jitter, a proxy of vocal roughness, and the Harmonics-to-Noise ratio, a proxy of vocal breathiness. Results show that homosexual men significantly displayed higher pitch-modulations patterns and breathier voices compared to heterosexual men, with values shifted towards those of heterosexual women. However, testosterone levels did not predict any differences in all speech acoustic characteristics. Nonetheless, when studying overall speech differences, homosexual men were feminized up to 9.35%. Finally, we discuss our results in light of the biological and social models explaining the vocal acoustic differences between homosexual and heterosexual men.

Lundi 18 mars
Gilles Siouffi, Université Paris Sorbonne
« Titre à venir »

Résumé à venir

Lundi 8 avril
Jean Noriyuki Nishiyama, Université de Tokyo
« La traduction, outil privilégié de l’interculturalité ? - comment Antoine Meillet est-il devenu un personnage emblématique contre le militarisme au Japon »

Résumé
Spécialiste de la grammaire comparée, Antoine Meillet (1866-1936) a laissé un ouvrage de circonstances, intitulé Les langues dans l’Europe nouvelle (1re édition en 1918, 2e en 1928), rédigé juste après la Première Guerre mondiale pour démontrer les valeurs de la linguistique en matière de politique internationale, face à la création de nouvelles nations. Le problème était de déterminer les frontières des nations par rapport à la frontière linguistique après l’effondrement d’Empires.
Cet ouvrage a été traduit en japonais pour la première fois en 1943, au moment où l’Empire du Japon a élargi ses frontières en dehors de l’Archipel pour « délivrer les pays d’Asie sous le fardeau des Occidentaux ». La situation géopolitique de l’Asie à l’époque était à comparer, à premier vue, avec celle de l’Europe après la Grande Guerre, par rapport à l’émergence des nations nouvellement créés, ce qui ne justifie pas pourtant la publication de la traduction d’un Meillet, ouvarge rédigé par un savant d’un pays ennemi.
Cette intervention consiste à dégager l’arguement de la traduction japonaise d’un Meillet pour éclairer l’ambition et la conscience interculturelle du traducteur japonais. La confidence du traducteur japonais après la guerre dévoile sa représentation sur Meillet, et ce comme un outil secret de la résistance contre le militarisme. Nous allons analyser donc l’expérience interculturelle du traducteur japonais à la période de la guerre.

Lundi 13 mai
Laurent Gosselin, Université de Rouen

« Titre à venir »

Résumé à venir

Lundi 10 juin
Christoph Schöch, Université de Trèves

« Titre à venir »

Résumé à venir